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Octobre 2003

 

Challenge mondial des 24 heures : Joëlle Semur revient de loin

Les Français ont bien négocié le premier challenge mondial des 24 heures.  Réputée au niveau continental, l’équipe de France masculine a pris la quatrième place à l’échelon supérieur. Son homologue féminine, elle, a remporté la médaille d’argent, juste derrière la Russie. Une performance réalisée notamment grâce à l’excellente prestation de la sociétaire du JS Angoulême, Joëlle Semur, qui a accroché une belle médaille de bronze… toujours derrière deux Russes.


« Les 24 heures, c’est un défi personnel ! » L’analyse est de Bernard Pelletier, le coordonnateur national de la discipline. Joëlle Semur, médaillée de bronze individuelle et d’argent par équipe avec la France au challenge mondial organisé à Uden, aux Pays-Bas, les 11 et 12 octobre, incarne parfaitement cette notion. « J’ai longtemps couru les 100 km, explique-t-elle. Comme je me sentais bien au niveau musculaire, je souhaitais savoir jusqu’où je pouvais aller. » A Uden, où elle a parcouru 227,279 km, elle a eu la réponse. « Une partie de la réponse seulement, estime Bernard Pelletier. Elle a le potentiel pour courir 240 km. » La principale intéressée tempère cet enthousiasme. « C’est vrai que par rapport à la course, j’ai l’impression de pouvoir aller plus loin. Mais 240 km, ça me paraît beaucoup. » Pour progresser, Joëlle sait qu’elle va devoir encore mieux gérer son départ et surtout résister à la tentation d’accélérer. « Cette année, mon départ a été meilleur que d’habitude, lance-t-elle. Il y avait un chrono sur la boucle, je m’en servais pour garder mon rythme. » Une gestion déterminante en fin de course. « Elle n’était toujours pas sur le podium à l’entame des quatre dernières heures, signale le coordonnateur national. Elle est parvenue à accrocher cette troisième place car elle a limité la casse à ce moment précis. » La sociétaire d’Angoulême avoue elle n’avoir pensé qu’à la médaille par équipe. « Le staff m’a encouragé pour aller chercher le bronze, mais ce n’était pas mon but premier  concède-t-elle. D’ailleurs, à mes yeux, la plus belle médaille est celle de l’équipe. »  

Une belle récompense pour Joëlle qui a traversé une épreuve très difficile il y a deux ans. Un véritable tournant dans sa carrière. En mai 2001, elle est  victime d’une rabdomyolise, juste après le challenge européen qui se disputait déjà en Hollande. Elle est passée à deux doigts de la mort. « J’ai fait une très grosse déshydratation, rappelle-t-elle. Je suis restée dix jours en soins intensifs à l’hôpital. » Malgré cela, sa passion pour la course à pied la pousse à revenir. « J’ai recommencé à trottiner environ deux mois après, précise Joëlle. J’ai ensuite participé aux marathons du Médoc et de la Rochelle. » Trop tôt. Elle se blesse encore. « Cette fois, je me suis fait une désinsertion musculaire », raconte celle qui est gardienne des équipements sportifs de son club à Angoulême. Certains ne croient pas en son retour. « Ce n’était pas évident de revenir, souligne Bernard Pelletier. Pourtant, elle y est parvenue, et est encore meilleure. » Toutefois, il lui a fallu du temps.

Ces deux blessures l’ont marquée. « Longtemps, j’ai eu une appréhension reconnaît-elle. Je craignais la chaleur ou la blessure au tendon d’achille. » Elle ne retrouve toute sa confiance qu’aux derniers championnats de France à Brives, disputés en pleine chaleur. « Le fait de terminer la course m’a complètement libérée, analyse Joëlle. Je me suis alors entraînée sans appréhension. » Ce qui témoigne de sa force de caractère. Une qualité indispensable pour être performant dans cette spécialité. « Tous les 24 heures font mal. La nuit, tous les coureurs traversent des moments très difficiles, affirme Bernard Pelletier. Pour supporter ces périodes et retrouver la motivation, il faut être très fort moralement et mentalement. » Des périodes pendant lesquelles l’accompagnateur, chargé de gérer les besoins de l’athlète, joue un rôle prépondérant. « Sur le point de ravitaillement, l’entraîneur doit être à l’écoute son poulain, explique Bernard Pelletier. Il lui prépare la nourriture nécessaire à son état de forme, anticipe ou compense les baisses de régime. C’est un vrai travail d’équipe qui commence dès l’entraînement. » On comprend mieux pourquoi Joëlle, qui privilégie toujours la performance collective, est aujourd’hui l’une des reines de la spécialité...

Julien Soyer pour Athle.com

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