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Janvier 2004

Laurence Bily
“Nous avons un énorme potentiel sur le 4x100 m masculin”

Désormais responsable du 4x100 m masculin, Laurence Bily a donc succédé à Guy Ontanon. A 40 ans, la responsable du Pôle France de Boulouris est bien décidée à poursuivre le travail entamé par son prédécesseur. Pour www.athle.com, l’ancienne recordwoman de France du 100 m détaille ses nouvelles fonctions. Interview.


Quand et comment s’est effectué le passage de témoin entre Guy Ontanon et vous-même à la tête du relais masculin du 4x100 m ?

Fin 2003, après avoir eu l’aval de la Direction technique nationale, Guy Ontanon m’a proposé de prendre en charge le relais 4x100 m masculin. Notre premier contact à ce sujet a eu lieu lors des Assises du Sprint qui s’étaient déroulées en novembre dernier. J’ai été honorée par cette proposition mais je lui ai demandé, à l’époque, de pouvoir réfléchir trois semaines avant de prendre une décision ferme et définitive.

Pourquoi ne pas avoir accepté immédiatement ?
J’ai un peu hésité car prendre les rênes du 4x100 m masculin, à seulement neuf mois des Jeux olympiques, cela me semblait un peu court. Ensuite, cette saison est cruciale et je me sentais bien avec les relayeurs juniors et espoirs. Enfin, j’ai aussi un petit garçon de 10 ans (Nathy) et je me demandais si ces nouvelles responsabilités sportives étaient compatibles avec ma vie de famille. Finalement, après avoir bien réfléchi, j’ai dit “oui” car j’aime les défis. C’est dans ma nature d’accepter les challenges. Pour autant, je garde mes fonctions de responsable du Pôle France de Boulouris.

Quelle a été la teneur de votre discours lorsque vous avez rencontré les athlètes, pour la première fois, avec votre nouvelle casquette d’entraîneur ?
Nous avons organisé un regroupement le premier week-end de décembre à l’INSEP avec Pierre Bonvin et Guy Ontanon. Il y avait Frédéric Krantz, Stéphane Cali, Issa N’Thepe, David Patros, Jérôme Eyana, Yannick Urbino, Ronald Pognon et Daniel Adiola. Sébastien Calpas, Fabrice Calligny et Eddy Delepine étaient aussi invités mais ils résident aux Antilles et ne pouvaient venir à Paris pour un week-end. Je leur ai dit que je prenais à partir de dorénavant la responsabilité du relais et que nous avions neuf mois - un peu moins maintenant - pour préparer les Jeux olympiques. Mon mot d’ordre (rires) était simple : “ il faudra courir vite ! ”

Quel sera le programme des relayeurs français jusqu’aux JO d’Athènes ?
J’ai programmé un deuxième regroupement, après la saison hivernale, les 27, 28 et 29 mars à l’INSEP. Il y aura ensuite un troisième rassemblement du 9 au 11 avril à Martigues et un autre du 29 au 31 mai à Nice. Dix jours avant la Coupe d’Europe qui se déroulera du 19 au 20 juin en Pologne, une sélection française sera aussi alignée sur 4x100 m au meeting de Bordeaux. Il y aura naturellement un 4x100 tricolore à la Coupe d’Europe et j’aimerais bien que les garçons puissent participer à un relais au meeting de Lausanne. Petit à petit, le groupe s’affinera et je tiens à préciser que les performances réalisées cet hiver seront importantes à mes yeux.

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Une femme à la tête d’un relais 4x100 m masculin : est-ce un avantage ou un inconvénient ?
Je ne vois pas les choses comme ça. Moi, je suis d’abord un entraîneur de relais. J’ai toujours appréhendé mes rapports avec les athlètes de cette manière. Et peu importe le sexe. Cela dit, je pense qu’avec mon passé d’ancienne athlète de haut niveau, je peux apporter une part de mon expérience aux garçons. Dans le groupe, à l’exception de Jérôme Eyana, Stéphane Cali et Issa N’Thepe, je connaissais déjà la plupart des athlètes pour avoir travaillé avec eux quand ils étaient juniors ou espoirs. On ne part pas du point zéro… heureusement d'ailleurs !

Quels sont, selon vous, les secteurs perfectibles du 4x100 français ?
Il faut que les garçons aient 100% confiance dans leurs partenaires. Il ne faut pas qu’ils aient, d’une façon ou d’une autre, peur de se lâcher. Il faut que le donneur ne se pose pas de question quant à la fiabilité du réceptionneur de bâton. Tout n’est qu’une question de confiance mutuelle. En course, il leur manque encore à intégrer la notion du relâchement total. Le reste, ils l’ont. Je pense même que les garçons ont un énorme potentiel… un potentiel qui aurait pu exploser aux Mondiaux de Paris.

C’est-à-dire…
Je considère que la France a sa place dans le top 8 mondial. Je ne veux pas parler, aujourd’hui, d’objectifs chronométriques. Mais, sans vouloir mettre la pression à quiconque, je suis convaincue du talent de ces garçons.

Rêvez-vous, secrètement, d’être l’entraîneur qui battra le record de France (37’’79) ?
Non. (rires) L’objectif n’est pas de viser un record mais seulement de tout mettre en œuvre pour ne rien regretter le jour J. Le relais est vraiment une discipline à part. On ressent des émotions particulières quand on court avec un témoin dans la main, pour un collectif. Au-delà des médailles ou des chronos, c’est la sensation d’aller au bout de soi-même qui importe dans le sport. Et ce, à tous les niveaux.

 

Propos recueillis parPaul Miquel pour Athle.com


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