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Novembre 2004

 

L’athlète qui venait d’outre-Rhin

La sauteuse en hauteur Melanie Skotnik, franco-allemande et créditée d’un record (en salle) à 1,97m l’an passé, a décidé de sauter désormais pour la France, après avoir porté de maillot de l’Allemagne. Récit.

Elle fait partie d’une génération dorée. Celle qui a raflé des brouettes de médailles chez les jeunes, de Riga, en Lettonie, à Grossetto deux ans plus tard pour les Championnats d’Europe juniors, en passant par les Mondiaux de Santiago du Chili en 2000. Cette même génération, celle des Doucouré, Djhone, Pognon, Boslak et consorts, qui commence aujourd’hui à faire le bonheur de l’équipe de Franc seniors. Seulement voilà, Melanie Skotnik, 22 ans le 8 novembre, ne sautait pas, à cette époque, avec un maillot bleu sur le dos. Celle qui fut championne d’Allemagne de la hauteur en 2003, et dont le record personnel est perché à 1,97m, a longtemps défendu les couleurs du pays de son père, Allemand de naissance. Elle a désormais choisi de vivre en France, patrie de sa mère, et de défendre le maillot frappé du coq.
C’est Jean-Patrick Thirion, référent national de la hauteur, qui l’entraîne désormais, à Val-de-Reuil, en Normandie. “ Maintenant que j’ai terminé mes études, je veux venir vivre et m’entraîner en France ”, déclare-t-elle à l’entraîneur national quand elle l’appelle au mois de juillet. Pas vraiment une surprise pour Thirion. Depuis ses débuts en équipe de France chez les jeunes, il connaît la jeune Melanie, qui passe le plus clair de son temps, lors des compétitions internationales, avec les athlètes français. Malgré les interdictions répétées de l’encadrement allemand. “ Elle parlait parfaitement le Français, et était de contact facile, se souvient Jean-Patrick. On se croisait très régulièrement depuis les Europe juniors de 1999, où Christelle Préau et Grégory Gabella avaient tous deux terminé deuxièmes de la hauteur. ” Trois ans plus tard, Melanie contacte d’ailleurs à nouveau l’entraîneur français et lui exprime son souhait de venir terminer ses études en France. Mais le projet achoppe au niveau administratif, pour une question d’équivalence de diplôme. Mais la Franco-Allemande a de la suite dans les idées. L’été dernier, alors qu’elle a mené son cursus à terme, elle décroche à nouveau son numéro de téléphone. Et fait le déplacement à Munich deux semaines plus tard pour poser les bases de sa nouvelle vie en venant rencontrer le référent de la hauteur lors du match France - Allemagne – Etats-Unis. Elle a pris, cette année, une licence au Val-de-Reuil AC. “ En fait, elle a envie de venir s’installer en France depuis longtemps, précise son nouvel entraîneur. Elle se sent de plus en plus proche du caractère des Français, elle a des attaches ici. Et elle vient vraiment dans l’idée de sauter désormais pour la France. Comme elle détient la double nationalité, elle n’a même pas à attendre pour devenir française.

La fédération allemande, d’ailleurs, a accepté de fournir la lettre de sortie qui permettra à son ancienne athlète de porter le maillot bleu dès le printemps, un an après sa dernière sélection, pour les Mondiaux en salle 2004 à Budapest. Même si la nouvelle n’a pas franchement réjoui les autorités d’outre-Rhin : c’est en effet la première fois dans son histoire que l’athlétisme allemand perd un athlète, homme ou femme…
L’athlétisme français, lui, a peut-être gagné le leader qui fait défaut à la discipline depuis quelques années. Depuis, en fait, la retraite de Maryse Ewanjé-Epée (aujourd’hui Maury), recordwoman de la spécialité depuis 19 ans avec un record à 1,96m – soit 1cm de moins que celui de Skotnik. “ Elle avait terminé 5e des Championnats du Monde juniors 2000, se souvient Jean-Patrick Thirion. Elle va avoir 22 ans, elle est encore espoir cette année. Elle est donc encore perfectible. Au niveau mental, c’est une gagnante, qui a horreur de perdre en compétition. Son point faible : elle manque encore énormément de coordination. Mais son rapport poids-puissance est très intéressant, et ses qualités de pied sont celles d’une athlète de très, très haut niveau. ” Voilà qui promet de mettre du piment dans la bagarre pour la suprématie nationale, petit jeu dans lequel Gaëlle Niaré (22 ans et un record à 1,93m) a souvent avoué se sentir un peu seule. “ Pour l’instant, nous apprenons encore à nous connaître, mais son objectif est les championnats de France élite en salle, détaille son entraîneur. Elle veut montrer qu’elle appartient désormais à l’univers de la hauteur française, s’imprégner de l’ambiance, apprendre à connaître les athlètes de notre pays. ” Alors, bienvenue...

Propos recueillis par Cyril Pocréaux pour Athle.com

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