MON ACCÈS
Trouver un club près de chez vous
Les
Vidéos
Derniers
clichés
Espaces
FFA
STRUCTURES
CLUBS
l'actu des espaces | infos

Samedi 5 Mars : Lavillenie et Djhone survolent Bercy

Grandiose deuxième journée aux championnats d’Europe de Bercy, que Renaud Lavillenie (6,03 m à la perche) et Leslie Djhone (45’’54 sur 400 m) ont embrasés en remportant l’or, records de France à la clé. Jérôme Clavier (5,76 m à la perche) et Kafétien Gomis (8,03 m en longueur) montent sur la deuxième marche du podium, au sein d’une équipe de France qui poursuit un quasi sans-faute.

A 17h32, cet après-midi, un ange est passé sur Bercy. Ou plutôt l’a survolé, tant le saut de Renaud Lavillenie à 6,03 m a semblé monter haut dans le ciel du POPB. 6,03 m, nouveau record de France de la perche, record des championnats, meilleure marque mondiale de l’année… Le Clermontois n’a pas perdu son temps en cette finale de la perche. Même s’il a traîné en route lorsque son tout premier essai à 5,61 m s’est avéré infructueux, il a vite, ensuite, rétabli la hiérarchie qu’il impose à la perche mondiale depuis dix-huit mois. Ses principaux adversaires, Jérôme Clavier (2e au final) et l’Allemand Malte Mohr (3e), semblaient même l’accepter de bonne guerre. D’autant que Clavier avait pris le temps, avant que Lavillenie ne s’assure la victoire en franchissant 5,81 m, de mettre une option sur l’argent en passant 5,76 m. On se disait donc qu’on s’acheminait vers une fin d’après midi paisible sur le sautoir, Lavillenie s’offrant juste au passage, pour le bon goût, un petit record des championnats avec 5,91 m au 3e essai. Mais à la perche, tant qu’on gagne, on joue. Et voilà donc que les 6,03 m se présentent. Là, pas d’hésitation. Un saut propre, une barre à peine effleurée. Et un stade qui tombe soudain dans le délire.

Partant en sprint sur la piste bleue de Bercy, à un rythme que Christophe Lemaître n’aurait pas renié, Lavillenie était rattrapé in extremis par Jérôme Clavier, son dauphin, qui lui sautait dans les bras. L’étrange mascotte des championnats, mi-animal mi-extraterrestre, avait également droit à ses débordements d’effusions. Dans le public, les chants de fête montaient, tandis que Leslie Djhone, à peine arrivé dans ses starting-blocks pour préparer sa finale du 400 m, ne pouvait s’empêcher de regarder la scène du coin de l’œil. Forcément, on passait à l’étape suivante. Plus haut ? Il n’y avait plus grand-chose, en fait. Si ce n’est les 6,16 m, un centimètre au-dessus du record planétaire de Sergueï Bubka. Le toit du monde. Bubka, dans les tribunes, ressentait d’ailleurs visiblement un certain plaisir à voir sa marque mythique titillée - la chose est si rare. La première tentative ? Loin d’être décourageante, avec des jambes qui passent la barre. A suivre.

Car pour l’heure, à 17h41, Leslie Djhone et Yoann Décimus, lui aussi engagé en finale du 400 m, sont entrés en action. Non pas pour courir, mais pour faire la claque. Dans un Bercy où se distingue le moindre murmure, Kafétien Gomis s’apprête en effet à s’élancer. Le sauteur en longueur dispose encore d’un saut pour gravir une marche, et passer de la seconde à la première. Quelques secondes plus tôt, Teddy Tamgho, moins dans ses marques qu’au triple saut, avait dû se contenter d’une 4e place avec 7,98 m. Gomis s’élance dans un Bercy soudain devenu boîte à rythme, s’envole, améliore d’un centimètre son meilleur saut. Mais avec 8,03 m, le (déjà) vice champion d’Europe en plein air doit se contenter de l’argent derrière l’Allemand Sebastian Bayer (8,16 m).

Cette fois, c’est bon. Il est 17h47 et Leslie Djhone, qui a beaucoup attendu avant de courir, et beaucoup trop attendu avant de décrocher son premier titre international individuel, écrase le 400 m d’un pas aussi véloce que puissant. En affolant les compteurs intermédiaires (21’’30 au passage du 200 m) comme à l’arrivée : 45’’54, record personnel et de France pulvérisé de 31 centièmes de secondes. Derrière, Décimus, toujours au contact, n’arrivait cependant pas à arracher la médaille (6e en 46’’91). Et devant, Renaud Lavillenie, toujours à tutoyer les cimes, tentait une dernière fois sa chance à 6,16 m, puis se dépêchait de rejoindre ses petits camarades pour un tour d’honneur à quatre : Lavillenie (médaille d’or), Djhone (or), Gomis (argent) et Clavier (argent également) venaient de faire chavirer Bercy en quinze minutes. What else ?

Le reste, ce sont à quelques regrets près des résultats dans le ton de ce que l’équipe de France montre depuis la veille et depuis quelques mois maintenant. Alain Mimoun, invité à remettre leurs médailles aux coureuses de 1500 m, a pu observer des leaders qui assurent, et des jeunes qui se révèlent. Christophe Lemaitre, impérial d’autorité, se fendait de deux victoires en séries et demi du 60 m (6’’59 puis 6’’55, record personnel égalé), tandis que Martial Mbandjock se montrait lui aussi meilleur que jamais (6’’61, à égalité avec Dwain Chambers en demi). Véronique Mang (7’’20) et Myriam Soumaré (7’’18, record personnel), s’invitaient elles aussi sans coup férir à la grande finale de dimanche.  Une finale que Yohan Durand (7e) et Florian Carvalho (8e) ont goûté, sur 3000 m, sans pouvoir toutefois espérer grand-chose, dans une épreuve dominée une fois de plus par l’Anglais Mo Farah.

Les déceptions, elles, sont surtout à chercher au rayon des occasions manquées d’un rien. On pense en particulier à Jessica Cerival (4e), bien entrée dans sa finale du poids (17,84 m), mais trop juste pour aller chercher une médaille pourtant à peine 25 cm plus loin. A Hamid Oualich, qui aurait largement eu les moyens physiques de se qualifier pour la finale du 800 m si, un peu trop enfermé, il n’avait dû piétiner dans la dernière ligne droite derrière un mur d’adversaires. Et surtout à Yoann Kowal, l’un des favoris pour le podium sur 1500 m, mais dont les jambes n’ont pas voulu le porter plus loin que la 5e place d’une série beaucoup trop lente. Le surcroît de pression que le jeune miler s’était imposé, et l’attente du public parisien, d’autres athlètes ont su les transformer en carburant positif. A l’instar de Jamale Aarrass, qualifié à l’arrachée pour la finale du 1500 m (3’45’’16 en série), ou de Linda Marguet, magnifique 3e de sa demi sur 800 m, record personnel à la clé (2’01’’32). Et de la cohorte d’athlètes qui, lors de la session du matin, avait offert un sans faute au camp français en se qualifiant toutes et tous pour la suite de l’aventure.

La suite, il pourrait aussi y en avoir une très belle, à nouveau, pour les épreuves combinées françaises. Après le sacre d’Antoinette Nana-Djimou, Nadir El Fassi marche en effet sur les traces de ses collègues champions d’Europe (Nana-Djimou et Barras). Dans un Bercy vidé de la quasi-totalité de ses athlètes, mais pas de son public, le Catalan s’est en effet rappelé au bon souvenir de tous. Au fil des épreuves de la journée, il avait déjà su construire un début heptathlon qui autorisait tous les espoirs, enchaînant les records personnels à la longueur (7,51 m) et au poids (14,13 m). En toute fin de programme, alors que les spectateurs prolongeaient le plaisir dans les gradins de Bercy, El Fassi, seul en piste au centre de l’arène, pulvérisait à nouveau son record, à la hauteur cette fois. Avec 2,12 m et 3439 points au compteur, il se plaçait idéalement à une poignée de points du Tchèque Sebrle (3493) et de l’Ukrainien Krauchanka (3462) dans ce qui ressemble désormais à une course au titre, tandis que l’autre tricolore, Florian Geffrouais, virait en 14e position avec 3152 points. La journée de demain, El Fassi le sait, peut lui être très favorable. Au fur et à mesure, les Français se découvrent ainsi plus d’ambitions encore qu’on ne leur en prêtait. Bon signe avant l’ultime levée de ce dimanche.

A Bercy, Cyril Pocréaux pour athle.com

INFORMATIONSFORMATIONCOMMUNAUTÉBASES DE DONNÉESMÉDICALBOUTIQUE
NOS PARTENAIRES
CONDITIONS D'UTILISATION MENTIONS LÉGALES CONTACTS