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Bolt royal, Vicaut finaliste

Incroyable Usain Bolt ! Le Jamaïcain a déjoué les pronostics en s’imposant sur la ligne droite en 9’’79 (-0,5m/s). Il devance d’un centième le grand favori, Justin Gatlin, et décroche son troisième titre mondial sur la ligne droite. Médaille de bronze en 9’’92 pour les prometteurs Trayvon Bromell et Andre de Grasse, qui terminent à égalité. Jimmy Vicaut se classe huitième du 100 m en 10’’00. Plus tôt dans la soirée à Pékin, Christophe Lemaitre avait quitté la compétition au stade des demi-finales. Sur 800 m, Pierre-Ambroise Bosse est en finale après une course courageuse. Il n’aura rien à perdre dans deux jours.

Le Temps Fort

Bolt, le chef d’orchestre

Quand le pianiste installé sur la pelouse s’est mis à jouer à toute allure sur son clavier un morceau de musique endiablé, à quelques minutes du départ du 100 m, Usain Bolt a pris un air interloqué. Car le chef d’orchestre de la ligne droite, c’est lui. Celui qui maîtrise la cadence et qui sait accélérer le tempo au bon moment, sans jamais se déconcentrer. Pendant que Justin Gatlin multipliait les fausses notes, le Jamaïcain a rejoué sa partition à la perfection, pour décrocher son troisième titre mondial sur la distance après 2009 et 2013. Pour cela, il n’a pas eu besoin de réaliser un chrono d’anthologie. 9’’79 (-0,5m/s), c’est même deux centièmes de moins que l’Américain en demi-finales, qui avait survolé la compétition jusqu’à la course fatidique. Mais voilà, Bolt est une bête de compétition. Auteur d’un bon départ, il n’a jamais laissé son principal adversaire creuser l’écart. Et quand le meilleur performeur mondial est parti à la faute, en se penchant vers l’avant dix bons mètres avant la ligne et en passant en cycle arrière, la Foudre n’a pas laissé passer l’occasion dans la partie de la course où il est imbattable. Il l’emporte avec un centième d’avance sur Gatlin, le soliste de l’été ramené au rang de simple élève. La troisième place, elle, est partagée par l’Américain Trayvon Bromell et le Canadien Andre de Grasse. Deux nouveaux visages rafraîchissants appelés à jouer longtemps les premiers rôles.

Vicaut avec Gay et Powell
On aurait aimé voir un autre aspirant à la gloire, Jimmy Vicaut, se mêler à eux sur le podium. Le Français a rempli son contrat, en se hissant en finale. Une course qu’il a terminée à la huitième place en 10’’00, dans le même temps que des clients du calibre de Tyson Gay et Asafa Powell. « Pendant trois ans j’ai vraiment galéré, donc je suis content, réagissait à chaud le Français. J’apprends, j’engrange de l’expérience, c’est très satisfaisant. J’ai vraiment donné le maximum. C’est encourageant pour la suite. » Il a forcément perdu du jus après des demi-finales au scenario rocambolesque. Troisième de sa course en 9’’99, il pensait être éliminé. Mais il a finalement été classé dans le même temps, au millième près, que le Chinois Bingtian Su. Et comme la piste du stade national de Pékin a neuf couloirs, il a pu, lui aussi, s’inviter à la fête de la grande finale, avec une qualification au temps. « J’étais avec Christophe (Lemaitre) et je commençais à bouder quand on m’a appris que j’étais qualifié, raconte Jimmy. J’étais excité comme une pile. J’ai ressenti des frissons. » Le double finaliste mondial va désormais se reconcentrer sur le relais 4x100 m, pour tenter d’aller chercher un podium.

La Décla

Pierre-Ambroise Bosse, 3e de sa demi-finale du 800 m en 1’45’’02, qualifié : « Il y a eu beaucoup de suspens, ça fait du bien ! Je n’ai pas eu la trouille parce que j’étais sûr que je n’étais plus dedans (ndlr : les qualifiés en finale). Quand j’ai vu que Rudisha passait en 54’’ dans la deuxième série, j’ai commencé à avoir peur. Merci à lui d’avoir fait une course aussi lente ! Moi, je suis passé, et Amos a sauté. Ce sont des vases communicants qui n’auraient jamais dû arriver, selon les statistiques du 800 m. Voilà un championnat ouvert ! Je termine cette course avec des clous enfoncés dans un tibia et j’ai une grosse contracture due à un choc. Je pense qu’à froid, je vais avoir très mal ! Heureusement qu’on a de très bons médecins. Je finis quatrième et je suis dans les huit. Ça veut dire que je ne me suis pas démonté psychologiquement. Je me suis battu jusqu’au bout mais je n’ai pas vu Aman revenir (ndlr : l’Ethiopien a finalement été disqualifié) On s’est retrouvé à l'arrivée à quatre sur la même ligne. Ça a été une extraordinaire sensation. Je la souhaite à tous les athlètes, surtout en demi-finales des Mondiaux ! La finale est ouverte pour tout le monde. Ça fait plaisir d’être en pleine forme ! »

Le Coup Dur

Lemaitre était trop juste

Pour participer à la finale du 100 m, il fallait descendre sous les 10’’ en demi-finales. Un chrono actuellement hors de portée pour Christophe Lemaitre, sixième de sa course en 10’’20 (-0,4m/s), qui l’a honnêtement reconnu : « Diminué, ça n’était pas possible. Je ressens de la frustration car je n’ai pas été capable de sortir la grosse course qu’il fallait. Avec ma blessure, mon manque d’entraînement et de repères en compétition, ça n’était pas jouable. » Le point positif, c’est que l’Aixois n’a pas ressenti de douleur. Il sera donc au départ des séries du 200 m, dans deux jours. Sa distance de prédilection.

Le Chiffre

18

Le nombre de concurrents sous les 45’’ lors des séries du 400 m, dans la matinée à Pékin. Un chiffre qui symbolise, à lui seul, l’incroyable densité sur le tour de piste cette année. Les performances de pointe sont tout aussi hallucinantes, avec les 43’’93 du Saoudien Yousef Ahmed Masrahi (record d’Asie) et du Jamaïcain Rusheen McDonald (record national). Dans ce contexte ultra relevé, Mame-Ibra Anne n’a pas réussi à décrocher son billet pour les demi-finales. Dommage car, dans la série la plus lente, il a raté la dernière place directement qualificative pour le tour suivant pour seulement deux centièmes. Quatrième en 45’’55, il a été passé sur la ligne par l’Américain Vernon Norwood.

Et Aussi

Le soulagement de Chaboudez

C’est dans la navette qui  repartait vers l’hôtel de l’équipe de France qu’Aurélie Chaboudez a reçu un appel téléphonique de Bruno Gajer. Son coach avait une bonne nouvelle à lui annoncer : sa qualification pour les demi-finales du 400 m haies. Une grande première sur cette distance aux Mondiaux, pour une Française. La Franc-Comtoise pensait pourtant être passée à la trappe, au bout d’un tour de piste plutôt propre techniquement mais loin de ses espérances chronométriques, avec une cinquième place de sa série en 56’’19. Elle a finalement décroché au temps son billet pour le tour suivant et sera donc de retour sur la piste demain. « J’ai une deuxième chance donc je vais essayer de me rattraper. Lundi est un autre jour, une autre course. » Elle n’aura rien à perdre. Alors pourquoi ne pas aller chercher son record personnel (55’’51) ?
Sur 20 km marche, Kevin Campion a dû se contenter de la trente-quatrième place en 1h25’16.  L’athlète de l’AFA Feyzin a terminé loin des ambitions qu’il s’était fixé. Après une bonne première partie de course, il a ensuite beaucoup souffert. « J’ai eu un gros mal de bide au quinzième kilomètre, raconte-t-il. J’ai dû dégueuler tout ce que j’avais trois kilomètres plus loin. » Mais malgré la douleur, il n’a pas mis le clignotant. « Avec le maillot de l’équipe de France, on se doit de terminer. »

Les Champions du jour

Des habitués des honneurs

S’ils ne possèdent pas le palmarès gargantuesque d’Usain Bolt, les autres champions du monde du jour sont presque tous des habitués de la plus haute marche du podium. A l’heptathlon, Jessica Ennis-Hill, la championne olympique en titre, l’a emporté avec 6669 points. Son deuxième titre mondial, après celui décroché en 2009. Au marteau, le Polonais Pawel Fajdek est également devenu champion du monde pour la seconde fois après 2013, grâce à un jet à 80,88 m. L’Espagnol Miguel Angel Lopez est un marcheur de grands championnats. Sacré sur 20 km au niveau continental, l’an dernier à Zurich, il a récidivé à l’échelon supérieur en s’imposant en 1h19’14’’. L’Américain Joe Kovacs a, lui, ouvert son palmarès au lancer du poids. Le meilleur performeur mondial a plié la finale grâce à un cinquième jet à 21,93 m.

A Pékin, Florian Gaudin-Winer pour athle.fr

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