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Centrowitz, c’est l’Amérique

A l’issue d’une course de dupes, Matthiew Centrowitz est devenu le premier Américain à être sacré champion olympique du 1500 m depuis… 1908. Asbel Kiprop, immense favori, s’est laissé piéger de manière incompréhensible.

C’était une soirée pour favoris annoncés, que rien ne semblait pouvoir venir perturber. La victoire du Britannique Mo Farah sur 5000 m, rejoignant dans l’histoire le Finlandais Paavo Nurmi avec un doublé 5000 m-10 000 m sur deux olympiades consécutives. Le sacre de la Sud-Africaine Caster Semenya sur 800 m, déjà vainqueur en 2012. Les titres de l’Allemand Thomas Röhler au javelot et de l’Espagnole Ruth Beitia à la hauteur, dominateurs cette saison. Et bien sûr les démonstrations américaines sur les 4x400 m masculins ou féminins.
Le dénouement du 1500 m avait également tout de l’évidence. C’était écrit, le Kényan Asbel Kiprop allait dérouler sa foulée sublime, peut-être la plus belle du demi-fond moderne, pour aller chercher avec l’aisance qui le caractérise son deuxième titre olympique après Pékin en 2008. Mais voilà, le triple champion du monde n’a pas toujours une tête à la hauteur de ses jambes. Impérial en meetings où, la plupart du temps calé dans la foulée d’un lièvre, il ne laisse aucune chance à ses adversaires, il perd parfois tout sens tactique en grand championnat.

Un dernier tour en 50’’6

Ce samedi, la finale du 1500 m part sur le rythme d’un marathon. Le peloton est compact et l’on se dit que Kiprop, ou un de ses compatriotes kényans, ne va pas tarder à accélérer l’allure, pour éviter une course se résumant à un dernier tour de folie. Mais non, personne ne bouge, c’est l’apathie. Kiprop reste en queue de peloton, semble vouloir se replacer, puis rétrograde à nouveau. Tout va donc se jouer lors de l’ultime 400 m. Le rendez-vous des milers-sprinters, lors duquel tous les participants à cette finale olympique, qu’ils soient sans-grades ou grands noms, ont leur carte à jouer.

Les maîtres tacticiens ne sont pas Kényans. Ils viennent des Etats-Unis, d’Algérie et de Nouvelle-Zélande. Et s’appellent Matthieu Centrowitz, Taoufik Makhloufi et Nick Willis, futur podium à l’arrivé. Asbel Kiprop tente bien de se réveiller dans la ligne droite opposée, en produisant son effort. Centrowitz, constamment en tête de peloton, ne le laisse pas passer. Pour le Kényan, finalement sixième en 3’50’’87, la course est terminée. Centrowitz entre en tête dans la dernière ligne droite. Et résiste au retour de Makhloufi pour l’emporter en 3’50’’00, onze centièmes devant l’Algérien. Willis, trente-trois ans, s’empare du bronze en 3’50’’24. Centro vient de boucler son dernier tour en 50’’6.

Tel père, tel fils

Pour la première fois depuis 1908 et la victoire de Mel Sheppard à Londres, un Américain est sacré champion olympique du 1500 m. A vingt-six ans, Centrowitz n’a rien d’inconnu. Membre du groupe du controversé Alberto Salazar dans l’Oregon, il avait déjà goûté aux joies des podiums avant Rio, avec le bronze en 2011 aux Mondiaux de Daegu et l’argent en 2013 aux Mondiaux de Moscou. Dans la famille Centrowitz, l’athlétisme est une histoire de famille. Sur la poitrine de Matthew est écrit : « Tel père, tel fils ». Un père dont il porte le prénom et qui, comme lui, fut pensionnaire de l’université d’Oregon et participa aux Jeux olympiques sur 1500 m en 1976, avant de devenir coach. Il y a désormais une petite différence entre Matthew Centrowitz junior et Matthew Centrowitz senior, qui prend la forme d’une médaille d’or olympique.

A Rio, Florian Gaudin-Winer pour athle.fr

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