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Kipchoge est inarrêtable

Sacré champion olympique du marathon avec la plus grosse marge d’avance depuis 1972, Eliud Kipchoge domine actuellement outrageusement sa discipline. Pour l’emporter dimanche, il a réalisé un impressionnant negative split.

« S’il finit au sprint à Rio avec quelqu’un, il gagnera. » La prédiction de Jean-Claude Vollmer, entraîneur d’Hassan Chahdi et expert en préparation physique à l’Insep, ne pourra pas être vérifiée. Car si Eliud Kipchoge a avalé la dernière ligne droite à toute allure avec le placement d’un miler, faisant honneur à son passé d’ancien pistard, il avait depuis longtemps fait le trou en tête de course pour s’assurer une victoire aisée.
Après un départ donné sous un déluge de pluie, les marathoniens effectuaient une première partie de course prudente. Les dix premiers kilomètres étaient couverts en 31’18. Au passage au semi-marathon, le chronomètre affichait 1h05’55’’ et le groupe de tête comptait encore près de quarante coureurs. La course commençait à se décanter un peu après le vingt-cinquième kilomètre, quand les Kényans Eliud Kipchoge et Wesley Korir prenaient les choses en main. Le premier nommé faisait finalement exploser complètement le peloton, en avalant la portion entre le 30e et le 35e kilomètre en 14’25.
Ils n’étaient alors plus que deux à pouvoir lui disputer la victoire, l’Ethiopien Feyisa Lilesa et l’Américain Galen Rupp. Kipchoge ne relâchait pas son effort et lâchait l’un après l’autre ses deux derniers adversaires, en couvrant les cinq kilomètres suivants en 14’44, sur un parcours sinueux et peu roulant. Avec un negative split impressionnant (il a parcouru le deuxième semi en 1h02’49, soit plus de trois minutes plus vite que le premier), il était intouchable. En 2h08’44’’, il décroche son premier titre olympique avec la plus grosse marge d’avance sur son dauphin depuis 1972 et la victoire de l’Américain Frank Shorter à Munich. L’Ethiopien Feyisa Lilesa (2h09’54’’) et l’Américain Galen Rupp (2h10’05’’) complètent le podium.

Le plus beau jour de sa vie

« C’était un championnat et l’allure était assez lente, donc j’ai décidé de prendre le contrôle des opérations, raconte Kipchoge. J’étais venu pour l’or. C’est historique car, pour la première fois, un homme et une femme du même pays l’emportent (ndlr : lors de la même édition des Jeux olympiques). C’est le plus beau moment de ma vie. »
Vainqueur de sept des huit marathons auxquels il a participé depuis ses débuts sur la distance reine de la route en 2013, Eliud Kipchoge survole actuellement les débats. Champion du monde du 5000 m à Paris en 2003, l’athlète de bientôt trente-deux ans à la longévité remarquable est en train de marquer de son empreinte l’histoire du marathon. Ne lui manque plus que le record du monde (2h02’57’’ par son compatriote Dennis Kimetto). Une question de mois, sans doute.

A Rio, Florian Gaudin-Winer pour athle.fr

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