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NUMERO 569 - AVRIL-MAI 2017

Nafissatou Thiam : « J’aime la diversité »

Son titre olympique à l’heptathlon, décroché à la surprise générale à Rio avec 6 810 points, n’aura pas été un exploit sans lendemain. Nafissatou Thiam a survolé le pentathlon des Europe indoor de Belgrade, début mars. Une nouvelle consécration pour la Belge de 22 ans, ravie de l’éclectisme de son sport. Rédacteur : Etienne Nappey

Athlé Mag : Votre mère, Danièle Denisty, pratique, comme vous, l’heptathlon, dont elle a été championne d’Europe chez les Masters (+45 ans) en 2014. Est-ce elle qui vous a inspirée pour pratiquer l’athlé ?
Nafissatou Thiam : Pas vraiment. En fait, ma maman a fait de l’athlé quand elle était plus jeune. Ses cousins aussi faisaient de l’endurance. Elle a arrêté vers l’âge de 15 ans, lorsque que son club a fermé ses portes. Quand j’ai commencé l’athlétisme avec mon petit frère, c’est elle qui nous y emmenait. À l’époque, nous y allions en train car nous n’avions pas de voiture. Elle s’ennuyait en nous attendant dans les tribunes, parfois dans le froid. Autant faire quelque chose, elle a donc repris l’athlé. À cette époque-là, j’avais sept ans, ce n’était qu’un jeu pour nous faire bouger. Elle a donc commencé les épreuves combinées avant moi.

Une discipline que vous avez ensuite adoptée naturellement…
J’ai toujours fait un peu de tout. Petite, j’étais à l’aise partout, sans être exceptionnelle dans quoi que ce soit, à part peut-être la hauteur, où je me débrouillais un peu mieux. Au fil des années, les combinées sont devenues une évidence. J’ai toujours aimé lancer, sauter, courir, et surtout, je n’ai jamais eu envie de choisir une épreuve plus qu’une autre. Même dans mes études, j’aime la diversité et m’adresser à tout le monde. Avec mon caractère, je pense que je me serais ennuyée si je n’avais fait qu’une épreuve.

Parlez-vous beaucoup d’athlétisme pendant les repas de famille ?
J’ai déménagé et changé de ville pour l’athlétisme quand j’ai eu dix-huit ans, mais c’est un sujet de conversation que nous abordons encore assez souvent avec ma maman. Les autres membres de la famille, ce n’est pas une passion pour eux. Mon frère n’a pas continué, parce qu’il a eu des soucis de santé à un moment. Et puis, il était moins dans le délire athlétisme que moi. Aujourd’hui, il fait de la boxe. Mais rassurez-vous, on a beaucoup d’autres sujets de conversation (rires) !

Vos 6 810 points aux Jeux olympiques de Rio ont-ils changé votre vie ?
Je pense que mon statut a changé. On me reconnaît souvent dans la rue, alors qu’avant, c’était plus rare. En Belgique, c’est un peu différent de la France, parce que l’athlé n’est pas un sport fort médiatisé. Le sport national, c’est le foot. Même pour les amateurs, les épreuves combinées restent une épreuve qu’il faut connaître pour s’y intéresser. Ce n’est pas le 100 m ou la hauteur. Les Jeux ont vraiment mis l’hepta sous le feu des projecteurs. Cela dit, ça aurait été triste si ça n’avait pas été le cas, parce que j’ai quand même réalisé une belle performance.

Cette reconnaissance est-elle quelque chose que vous recherchez ?
Je le vis bien, j’y vois beaucoup de positif. Les gens sont sympas, veulent des photos, me racontent qu’ils se sont levés la nuit pour suivre mes épreuves. Ça fait plaisir de voir que des personnes que je ne connais pas du tout ont été avec moi pendant toute la compétition. Il y a aussi des côtés moins sympas, avec des articles de presse où on ne s’intéressait pas du tout au côté sportif de mes performances, où on a essayé de raconter des choses sur mon enfance ou ma famille pour faire pleurer dans les chaumières. Il y a eu des choses complètement fausses qui ont été dites pour me façonner un personnage, alors que l’histoire est déjà assez belle comme ça à mes yeux.

Au cours des dix ou quinze dernières années, la Belgique a produit plusieurs champions d’épreuves combinées au niveau international, avec Tia Hellebaut, Hans Van Alphen, Thomas Van der Plaetsen. La discipline est-elle une spécialité locale ?
Je ne pense pas qu’il y ait une culture des combinées en Belgique. Jusqu’à aujourd’hui, c’est surtout un intérêt ponctuel de certains athlètes et entraîneurs qui nous a permis d’avoir quelques bons spécialistes. Mais je pense qu’on peut en construire une. C’est maintenant que ça se joue, et c’est à nous de le faire. Cette année, je suis allée aux championnats nationaux d’épreuves combinées chez les jeunes, et il y avait pas mal d’inscrits. Je me suis rappelée qu’à l’époque où je participais, il n’y avait pas tant de monde.

À seulement 22 ans, vous comptez déjà un titre olympique et un titre européen en salle. On imagine forcément que la barrière mythique des 7 000 points doit vous trotter dans la tête…
Je ne me focalise pas sur un total de points. À Rio, j’ai battu quasi tous mes records, et je sais qu’il sera très dur de faire mieux. Je ne suis même pas sûre d’en être capable un jour. Peut-être que ça n’arrivera jamais. Cependant, il n’y a pas une seule épreuve où je pense avoir atteint mes limites. Ce ne sera pas une grosse progression, mais il y aura toujours de quoi grappiller quelques points.

Avec 1,98 m à la hauteur lors de votre victoire au Brésil, vous êtes allée plus haut que Ruth Beitia, médaillée d’or de la spécialité. Pourriez-vous doubler hauteur et heptathlon lors des prochaines échéances internationales ?
J’aime bien la hauteur, et on me demande souvent si je pense à switcher vers cette épreuve, comme l’avait fait Tia Hellebaut (NDLR : championne olympique en 2008 avec 2,05 m). Honnêtement, ça ne m’intéresse pas du tout pour l’instant. Quand on s’entraîne beaucoup et qu’on fait des sacrifices, c’est avant tout parce qu’il y a une passion derrière. La mienne, c’est l’heptathlon. Aux championnats d’Europe à Amsterdam, si j’ai pris part à la hauteur, c’est parce que nous estimions que faire un heptathlon aux Europe n’était pas une bonne idée, compte tenu de la proximité de Rio. La hauteur, je l’envisage très bien dans le cadre d’un hepta, mais pas de façon individuelle.


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