MON ACCÈS
Trouver un club près de chez vous
Les
Vidéos
Derniers
clichés
Espaces
FFA
STRUCTURES
CLUBS
l'actu des espaces | infos

Achetez votre revue ou abonnez vous en ligne en cliquant ici
ou rendez vous dans les kiosques près de chez vous (liste des points de vente)

NUMERO 571 - AOÛT-SEPTEMBRE 2017

Les nouveaux visages bleus

Les Mondiaux en année post-olympique permettent de lancer dans le grand bain international des athlètes amenés à s’installer chez les Bleus. Illustration à Londres avec les espoirs Ninon Guillon-Romarin, Carolle Zahi et Victor Coroller, le lanceur Lolassonn Djouhan et le hurdler sur le retour Mamadou Kasse Hann. Sans oublier la sprinteuse Estelle Raffai, le perchiste Axel Chapelle et le spécialiste du 400 m haies Ludvy Vaillant. Rédacteur : Etienne Nappey

Ninon Guillon-Romarin*
La maturité
Quand on est fille et sœur de rugbymen, on n’a pas peur de se lancer dans la mêlée. Petit gabarit d’1,63 m, Ninon Guillon-Romarin le reconnaît elle-même, elle n’est « pas forcément très solide du haut du corps ». En revanche, elle n’hésite pas à attaquer pleine balle le butoir, en utilisant ses qualités de vitesse. « J’ai fait beaucoup de sprint quand j’étais cadette, retrace-t-elle. C’est un point fort que j’ai et qui me permet de transmettre beaucoup d’énergie à la perche. » Cette ancienne gymnaste possède également beaucoup de repères dans l’espace. Autant de points forts qui lui ont permis de progresser avec une régularité de métronome depuis qu’elle a plié ses premières gaules en 2008, sous la conduite d’Agnès Livebardon. Championne de France chez les cadettes, les juniors, les espoirs puis les seniors, la perchiste de l’EA Cergy-Pontoise a notamment pris la quatrième place des championnats d’Europe juniors en 2013.
À 22 ans, la future professeure des écoles a franchi un gros palier cette saison, en portant son record personnel à 4,60 m, soit vingt centimètres de mieux que sa précédente référence. Des progrès dus au travail réalisé à l’entraînement avec Fabrice Le Monnier puis Sébastien Homo et Emmanuel Chapelle, qui ont pris la relève du Clermontois depuis le printemps dernier. À son avantage lors des championnats d’Europe par équipes (3e avec 4,45 m) mais en retrait lors des Europe espoirs (5e avec 4,35 m), Ninon Guillon-Romarin entend régulièrement ses entraîneurs lui intimer l’ordre d’ « oublier ses anciens repères ». Ses premiers championnats du monde constituent l’occasion idéale d’en prendre de nouveaux, à une altitude qui n’était pas son terrain de jeu jusqu’alors. « Je suis encore jeune, je vais apprendre à faire partie des grandes », confiait-elle à athle.fr en juin. Pour entrer en finale, il lui faudra sans doute se situer autour de 4,60 m lors des qualifications. Elle en a désormais l’habitude.
*22 ans / EA Cergy-Pontoise / PB et SB : 4,60 m / Entraîneurs : Emmanuel Chapelle et Sébastien Homo

Carolle Zahi*
La confirmation
Carolle Zahi possède une qualité rare : évoluer à son meilleur niveau lors des compétitions majeures. Elle l’a montré cet été, en s’imposant brillamment sur la ligne droite lors des championnats d’Europe par équipes, puis en battant son record personnel à l’occasion des championnats de France (11’’13). « Quand j’arrive en compétition, je me dis que le plus important est de rester concentrée et de ne pas me laisser impressionner par ce qui m’entoure », confiait-elle quelques jours après sa prestation réussie dans la capitale. La carrière de la Bellifontaine née à Bingerville (Côte d’Ivoire) avait moins bien débuté en équipe de France, à l’hiver 2015. Alors qu’elle venait d’acquérir la nationalité française, elle avait atterri au dernier moment à Eugene (Etats-Unis), en raison d’un souci d’ordre administratif. Résultat : une élimination prématurée en séries des Mondiaux en salle sur 60 m.
Retardée dans sa progression par des blessures l’an dernier, Carolle Zahi est aujourd’hui la leader de son groupe d’entraînement au pôle de Fontainebleau, où elle s’entraîne depuis 2012 avec Floriane Gnafoua et Estelle Raffai, deux autres jeunes sprinteuses prometteuses, mais aussi Deborah Sananes, la spécialiste du 400 m, sous les ordres d’Alex Menal. Auparavant, elle a été formée à Toulouse, où sa famille a vécu après être arrivée en région parisienne au début des années 2000. Depuis quelques semaines, Carolle est suivie par l’excellent site d’informations long format lesjours.fr, dans le cadre de sa préparation pour les Mondiaux. Une compétition lors de laquelle elle aimerait s’inviter en finale. Avec l’ambition de suivre, un jour, les traces d’une athlète qu’elle admire : la Jamaïcaine Veronica Campbell-Brown, triple championne olympique et triple championne du monde.
*23 ans / Athlé Sud 77 / PB et SB : 11’’13 / Entraîneur : Alex Menal

Mamadou Kasse Hann*
La renaissance
Des galères, Mamadou Kasse Hann en a connues un certain nombre depuis trois ans. La faute à des tendinites chroniques, qui l’ont obligé à subir deux opérations en 2015. « Quand j’étais blessé, je ne pouvais même pas monter ou descendre les escaliers », se souvient-il. Enfin à 100 % de ses capacités physiques cette saison, il semble en mesure de goûter aux mêmes honneurs qu’en 2012 et 2013. Des années lors desquelles il a été demi-finaliste olympique à Londres puis finaliste mondial à Moscou, sous les couleurs du Sénégal. Naturalisé Français en 2014, il a été demi-finaliste aux championnats d’Europe d’Amsterdam l’an dernier. Sa première sélection chez les Bleus, suivie d’une participation aux J.O. avec le 4x400 m.
Discret, voire timide, Mamadou Kasse Hann a brillé sur la piste depuis début juin, en enchaînant trois courses sous les 49’’05, dont un record personnel abaissé à 48’’40 lors du meeting de Genève. Il est coaché par Tidiane Correa à Montpellier, où il vit depuis cinq ans, avec l’aide et la complicité de Bruno Gajer et Jean-Yves Cochand. « Les grandes finales mondiales me manquent beaucoup », nous confiait-il au début de l’été. S’il court au niveau de son record personnel dans la capitale anglaise, il ne devrait pas être loin du top 8 planétaire dans une discipline aussi dense qu’ouverte, où une dizaine d’athlètes peut raisonnablement envisager de monter sur le podium. Il devrait ensuite jouer un rôle de choix dans le relais bleu, où son expérience, à 31 ans, a tout pour être utile.
*31 ans / Montpellier Athlétic Méditerranée Métropole / PB et SB : 48’’40 / Entraîneur : Tidiane Correa

Lolassonn Djouhan*
L'éclosion
Ce jour de fin avril à Saran, lorsqu’il a explosé son record personnel de plus de trois mètres (65,10 m contre 61,95 m), Lolassonn Djouhan a lancé avec « des chaussures trouées et défoncées » (voir pages 46 à 49). Le symbole de plusieurs années compliquées où, après un record de France espoirs, le discobole de l’EC Orléans Cercle Jules-Ferry a mis du temps à faire son trou chez les seniors. Mais l’athlète entraîné par Jacques Pelgas à Boulouris a maintenant un sponsor et a fait preuve d’une belle régularité tout au long de l’été. Troisième du très relevé concours des championnats d’Europe par équipes à Lille, il a confirmé sa bonne forme avec un jet à 64,35 m et montré qu’il avait désormais l’étoffe pour briller en toutes circonstances.
Le niveau mondial étant revenu à des standards moins stratosphériques que dans les années 1980-90, Lolassonn Djouhan peut envisager une place dans le top 8 mondial s’il parvient à battre son record le jour J. Et pourquoi pas s’approcher du record de France de l’éternel Jean-Claude Retel (68,90 m) ? Le Guadeloupéen était jusqu’à ces Mondiaux le dernier lanceur de disque tricolore à avoir participé à un grand championnat seniors, en 2002 à Munich. Au tour de Lolassonn de prendre la relève. « Être lanceur demande de la gnaque, mais aussi de la patience », conclut l’athlète de vingt-six ans. Qui n’a désormais plus envie d’attendre.
*26 ans / EC Orléans Cercle Jules-Ferry / PB et SB : 65,10 m / Entraîneur : Jacques Pelgas

Victor Coroller*
La surprise
Victor Coroller toquait à la porte de l’équipe de France seniors depuis un moment. « Cela fait longtemps que j’y pensais, je suis déjà passé plusieurs fois tout près. » Auteur du chrono requis au centième près lors des championnats d’Europe espoirs, il a atteint son objectif. « Là, c’est quasiment le Graal, il n’y a que les J.O. qui peuvent être au-dessus des championnats du monde. C’est forcément une énorme satisfaction. Participer à une telle compétition dans un stade comme celui-là, c’est énormément d’excitation et d’envie. Il va falloir maîtriser tout cela », anticipe le Breton, étudiant en économie dans le civil.
Pourtant, entre 2015 et 2017, il a connu une période compliquée avec des résultats sportifs en berne. La faute à des blessures, mais pas que. « Jusque-là, j’avais réussi tout ce que j’entreprenais, et je ne perdais quasiment jamais une course en France. Le fait d’être très attendu m’a posé problème. Avec mon préparateur mental Philippe Leclair, j’ai réussi à trouver quelqu’un qui me permet de passer ce cap, et d’assumer ce nouveau statut qui n’est pas facile à gérer quand on est très jeune. »
Entraîné depuis des années par Marc Reuze, son ancien professeur de sport au lycée, Coroller a remis les choses dans l’ordre en 2017. « Beaucoup de gens se mêlaient de ma préparation, et ce n’était pas productif. Avec Marc, on a su se dire les choses et retrouver le bon équilibre. On se fait confiance. » Tant et si bien qu’il n’envisage pas le moins du monde de quitter son cocon rennais. « J’ai tout ce qu’il faut sur place, et ça me permet d’être toujours logé chez mes parents. Et puis cela se passe très bien avec mon entraîneur, le chrono le prouve », lâche cet amateur de surf quand il n’a pas des pointes au pied. Le petit Breton, champion d’Europe juniors en 2015, a bien grandi, et pour sa première chez les grands, il a rendez-vous en Grande-Bretagne.
*20 ans / Haute Bretagne Athlétisme / PB et SB : 49’’30 / Entraîneur : Marc Reuze

Estelle Raffai*
La révélation
La benjamine de cette sélection a toujours couru plus vite que les autres. « À sept ans, je devançais les garçons à l’école. Un des moniteurs du centre aéré a donc conseillé à ma mère de m’inscrire dans un club. J’ai tout de suite accroché même si j’étais un peu feignante », raconte l’Essonnienne. L’ancienne gymnaste, médaillée de bronze mondiale chez les juniors en 2016, doit sa place aux Mondiaux à ses 23’’05 réalisés à Antony au mois de juin.
Depuis 2015, la native de Longjumeau fréquente le Centre national des sports de la Défense à Fontainebleau, au sein du groupe d’Alex Menal (voir page 51). Timide de nature, l’étudiante en BTS en management des unités commerciales a trouvé sur la piste le moyen d’exprimer ses qualités de vitesse, qui lui donnent « l’impression de voler. » À Londres, elle devrait croiser ses idoles de jeunesse Allyson Felix et Usain Bolt, pour sa dernière sortie. Comme l’Américaine, Estelle a le potentiel pour briller sur plusieurs distances, puisqu’elle détient le meilleur chrono français de l’année chez les juniors du 100 m au 400 m. Si c’est sur le demi-tour de piste qu’elle connaîtra son premier grand championnat chez les seniors, après avoir déjà connu les joies des Relais mondiaux aux Bahamas au printemps, il ne faut pas exclure de la retrouver sur une autre distance dans les années à venir.
*19 ans /  Athlé 91 / PB et SB : 23’’05 / Entraîneur : Alex Menal


Accueil n° 571
Les autres revues

INFORMATIONSFORMATIONCOMMUNAUTÉBASES DE DONNÉESMÉDICALBOUTIQUE
NOS PARTENAIRES
CONDITIONS D'UTILISATION MENTIONS LÉGALES CONTACTS