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Bigot, l’express des qualifications

Le conducteur de train mosellan n’a eu besoin que d’un essai, à 76,11 m pour se qualifier en finale du lancer du marteau. Du bel ouvrage sous la pluie londonienne. C’est en revanche terminé pour Christophe Lemaitre, éliminé pour deux centièmes en demi-finales du 200 m, et pour Maëva Danois en séries du 3000 m steeple.

Le Qualifié

Bigot était pressé

« Le but était de se mettre au sec le plus vite possible. » Quentin Bigot, engagé dans le premier groupe des qualifications, n’avait aucune envie de s’éterniser sur l’aire de lancer ce mercredi soir, dans un London Stadium arrosé copieusement par des trombes d’eau. Sur la lancée de sa saison de métronome, il n’a donc enlevé qu’une fois son survêtement. Le temps d’envoyer son marteau à 76,11 m, soixante-et-onze centimètres au-delà de la performance directement qualificative pour la finale. « J’ai très bien lancé en déroulant mon jet », apprécie l’athlète entraîné par Pierre-Jean Vazel. Il quittait quelques minutes plus tard la piste pour rejoindre au plus vite son hôtel et se réchauffer. « La pluie était un peu gênante. Il fallait veiller à maintenir sèches les bandes que je porte autour des doigts, détaille-t-il. Mais j’habite en Moselle, donc je suis habitué ! » Le champion de France ne s’est pas laissé impressionner par l’événement, contrairement aux Mondiaux de 2013 pendant lesquels il avait fait « presque une crise de panique » en entrant dans le plateau. Deuxième de son groupe de qualifications derrière le favori polonais Pawel Fadjek (76,82 m), le lanceur d’Athlétisme Metz Métropole fera partie des prétendants au podium dans deux jours. Qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il fasse grand soleil.

Les Eliminés

Lemaitre passe tout près

Deux centièmes. C’est ce qu’il a manqué à Christophe Lemaitre pour devancer le Sud-Africain Wayde Van Niekerk et entrer en finale sur le demi-tour de piste. Quatrième de sa demi-finale en 20’’30 (+0,3m/s), l’Aixois est le premier non qualifié au temps malgré une course pleine au couloir 8. « Je suis dégoûté. Les jambes reviennent bien et je fais un meilleur virage qu’en séries. Je n’ai pas l’impression qu’il me manque quelque chose, à part la préparation et l’entraînement que je n’ai pas pu faire à cause des pépins physiques », explique le médaillé olympique, blessé à l’ischio-jambier puis au mollet cet été. Placé dans la demi-finale la plus relevée, Christophe Lemaitre a été devancé sous la pluie par le Turc Ramil Guliyev (20’’17), l’Américain Ameer Webb (20’’22) et le champion du monde du 400 m Wayde Van Niekerk (20’’28), bien moins saignant qu’hier en finale du tour de piste.
Les trois sprinters seront en finale, tout comme le Botswanais Isaac Makwala. Le meilleur performeur mondial intègre le top 8 à l’issue d’un scénario dingue. Interdit de participation à la finale du 400 m et aux séries du 200 m pour cause de gastro-entérite, il a finalement eu le droit de courir seul sa série en début de programme (20’’20), avant de terminer deuxième de sa demi-finale en 20’’14, malgré un couloir 1 handicapant. Christophe Lemaitre, lui, va se concentrer sur le 4x100 m. « Il y a un bon coup à jouer, anticipe-t-il. Il faut juste que les passages soient bons. » Avec le retour en forme de Jimmy Vicaut et un collectif d’une belle densité, le relais tricolore a les moyens de s’inviter dans la course à la médaille. Et a besoin, pour cela, d’un Christophe Lemaitre proche de son meilleur niveau.

Danois sans regrets

Malgré « un temps normand », selon ses propres mots, Maëva Danois n’a pas réussi à éviter l’écueil des séries. La steepleuse de l’EA Mondeville Hérouville n’a pourtant pas à rougir de sa prestation, avec une septième place en 9’49’’21 dans sa course. Elle a eu la malchance de se retrouver dans la première série, de loin la plus lente des trois au programme. « J’espérais beaucoup mieux au niveau du chrono, confie-t-elle. Mais c’est comme au baccalauréat, on ne sait pas sur quelle course on va tomber. » Même si elle n’est pas tombée sur le bon sujet, l’athlète coachée par Adrien Taouji n’a pas rendu une copie blanche. Au contact des meilleures jusqu’au dernier tour, elle a logiquement un peu coincé au moment de l’emballage. « Mais je n’ai aucun regret et j’ai acquis beaucoup d’expérience », conclut-elle.

Les Champions du jour

La sensation Francis

On attendait un duel au sommet entre Allyson Felix et la Bahamienne Shaunae Miller-Uibo sur le tour de piste. Il a fait pschitt dans la dernière ligne droite. La multi-médaillée américaine et la championne olympique se sont brûlé les ailes en début de course. A l’entrée de la dernière ligne droite, Miller-Uibo était encore largement en tête. Mais elle a complètement explosé, visiblement victime de crampes. Si Felix sauve le bronze en 50’’08, la Bahamienne termine au pied du podium en 50’’49. L’Américaine Phyllis Francis, partie plus prudemment, réalise l’exploit du jour en l’emportant en 49’’92, son record personnel, devant la Bahreïni Salwa Eid Naser (50’’06).
En finale du 400 m haies, le Norvégien Karsten Warholm, révélation de la saison, décroche son premier titre mondial. Peut-être le premier d’une longue série, puisqu’il n’a que 21 ans. Parti sur des bases très élevées, il l’emporte en 48’’35, en résistant au retour du Turc Yasmani Copello (48’’49) et de l’Américain Kerron Clement (48’’52). Retrouvez un zoom sur cette finale du 400 m haies en cliquant ici.
Enfin, au lancer du poids, la Chinoise Lijao Gong s’offre le seul métal qui manquait à son palmarès. En bronze en 2013 puis en argent en 2015, elle obtient l’or avec un jet à 19,94 m. La Hongroise Anita Marton (19,49 m) et l’Américaine Michelle Carter (19,14 m) complètent le podium.

A Londres, Florian Gaudin-Winer pour athle.fr
Photos : © Stéphane Kempinaire (KMSP)

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