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Bigot, quatrième et heureux

Le lanceur d’Athlétisme Metz Métropole a terminé au pied du podium au marteau, avec un jet à 77,67 m. Dans un concours d’une densité exceptionnelle, il a évolué à son meilleur niveau et n’a rien à regretter. Au décathlon, Kevin Mayer est en tête à mi-parcours, après une première journée quasi parfaite.

Le Temps Fort

Bigot a tout donné

Quatre-vingt-un centimètres. C’est ce qui a séparé le troisième de la finale, le Polonais Wojciech Nowicki (78,03 m), du septième, le Tadjik Dilshod Nazarov (77,22 m). Un écart plutôt classique au poids, beaucoup moins au marteau. Le concours, d’une densité exceptionnelle, a été particulièrement stressant pour tous les suiveurs. A peine un athlète montait sur le podium provisoire qu’il en redescendait, dans un jeu de chaises musicales saisissant. Quentin Bigot en a été un des principaux acteurs. Le Messin de 24 ans s’est mêlé à la lutte pour le podium avec aplomb et talent. Avec un quatrième essai à 77,67 m, il a même été pendant quelques minutes dans le top 3. Mais le Russe sous pavillon neutre Valeriy Pronkin l’a finalement fait reculer d’un cran, en expédiant son engin à 77,98 m au cinquième essai (78,16 m au 6e). Pendant que le clan tricolore avait le palpitant à deux cents, Quentin Bigot, lui, savourait l’instant. « Ça a été le jeu  du chat et de la souris pendant tout le concours, rembobine-t-il. Je savais qu’à tout moment quelqu’un pouvait me passer devant. C’était rigolo, j’ai pris du plaisir à ça. »

Reprise du travail le 15 août

Finalement quatrième, en s’appuyant sur sa régularité habituelle (cinq jets à plus de 76 mètres), l’athlète entraîné par Pierre-Jean Vazel a quitté la compétition avec le sourire. « Des regrets, je n’en ai certainement pas, assure-t-il. Il y a un peu de frustration, mais c’est une super place. Je ne peux pas ne pas être fier d’être quatrième, face à des gars comme ça. » Dans un concours dominé par le favori polonais Pawel Fadjek avec 79,81 m, Quentin Bigot, le plus jeune des participants, a pris date et promet de revenir. « Ca me laisse sur ma faim pour les années qui viennent. Je vais continuer sur ce que je suis en train de faire. Il faut laisser le temps au temps, ne pas se presser et ne pas faire les erreurs du passé. » Dès le 15 août, le conducteur de train dans l’est de la France reprendra le travail. Comme si de rien n’était. Ou presque.

La Perf'

Une première journée de rêve pour Mayer

« Il ne s’est rien passé de négatif. » Kevin Mayer n’est pas Corneille mais manie avec un art certain la litote. Le vice-champion olympique a en effet réalisé une première journée proche de la perfection, pour virer en tête à mi-parcours avec 4478 points. Il la raconte avec la concision du décathlonien fatigué, qui a hâte de rentrer à l’hôtel se reposer : « Sur 100 m, je fais pratiquement la course parfaite avec du vent de face. A la longueur, je ne réussis pas à sauter, je ne suis pas sur mes marques et je ne réussis pas à me lâcher. Au poids, je fais un très bon premier essai puis je perds en concentration. A la hauteur, j’ai les jambes très lourdes, donc le résultat est très positif. Enfin, je réussis à ne pas subir le 400 m, même si c’était très compliqué au couloir 2. »
Concrètement, cela donne déjà deux records personnels, sur 100 m (10’’70) et sur 400 m (48’’26), une longueur (7,52 m) et un poids assurés (15,72 m), et une hauteur excellente (2,08 m). Une régularité, pleine de sérénité, qui risque de finir par écœurer ses adversaires, déjà derrière au classement alors que le protégé de Bertrand Valcin est traditionnellement plus fort lors de la deuxième journée du décathlon. Seul l’Allemand Kai Kazmirek (4421 pts) réussit pour l’instant à s’accrocher à la foulée du Français, alors que son compatriote Rico Freimuth (4361 pts) est déjà beaucoup plus loin en troisième position.

43 points d’avance sur le record de France

De là à penser que le titre mondial est déjà en poche, il y a un fossé que Kevin Mayer refuse bien sûr de sauter, même à pieds joints. « Il faudrait que je tombe ou que je me blesse pour ne pas gagner, concède-t-il. Si je fais ce que je sais faire, il n’y a rien qui peut m’empêcher d’être champion du monde. Mais c’est du décathlon. » Une dernière phrase qui résume, en cinq mots, tous les pièges que peuvent encore receler les cinq épreuves à venir. En particulier le 110 m haies et la perche, qui jouent parfois de très mauvais tours. « Il faut absolument qu’il reste sur un engagement total, prévient d’ailleurs Bertrand Valcin. Le pire à faire, ce serait de vouloir gérer ou d’y aller petit bras. Le pression et les disciplines à risque vont arriver. »
Ce n’est qu’après la perche que le combinard du pôle de Montpellier commencera à regarder plus précisément son total. A mi-parcours, il compte déjà 43 points d’avance sur son record de France d’anthologie, établi lors des Jeux de Rio l’an dernier (8834 unités). Au vu de sa progression cette saison sur 110 m haies, au javelot et au disque, la barrière mythique des 9000 points ne semble pas inaccessible. Mais ça, le Tricolore de 25 ans aura bien le temps d’y penser avant l’ultime épreuve, le 1500 m, si l’ensemble des voyants sont toujours au vert.
L’autre Français en lice dans ce décathlon, Bastien Auzeil, occupe la vingt-quatrième position du classement provisoire ce vendredi soir, avec 3936 points. En manque de préparation après une blessure au pied qui l’a handicapé de décembre à mai, le Grenoblois s’est bien accroché, notamment sur 100 m (11’’35) et à la hauteur (1,96 m). Il a, en revanche, souffert à la longueur (6,87 m). Il tentera, samedi, de grappiller des places pour se rapprocher d’un rang de demi-finaliste.

Les Champions du jour

Et de quatre pour Reese

La finale de la longueur femmes a été particulièrement serrée. Et une nouvelle fois, c’est Brittney Reese qui l’a emporté. L’Américaine remporte son quatrième titre dans la discipline avec un troisième bond à 7,02 m (0,1 m/s). Elle l’emporte devant la Russe sous pavillon neutre Darya Klishina (7,00 m) et sa compatriote Tianna Bartoletta (6,97 m).
Le suspense a aussi été au rendez-vous sur le 200 m féminin, avec une ligne droite finale indécise entre la Hollandaise Dafne Schippers et l’Ivoirienne Marie-Josée Ta Lou. Au final, avantage à la première nommée, qui s’impose avec trois centièmes d’avance en 22’’05. Il s’agit de sa deuxième médaille dans ces Mondiaux, après le bronze sur 100 m. Ta Lou, elle, monte sur la seconde marche du podium pour la deuxième fois, après la ligne droite. En 22’’08, elle améliore son propre record national. Troisième place pour Shaunae Miller-Uibo en 22''15.
La surprise du jour est venue du 3000 m steeple féminin. A l’issue d’une course pleine de rebondissements, marquée notamment par l’oubli de la première rivière par la Kényane Beatrice Chepkoech (4e en 9’10’’45), les Américaines réalisent un improbable doublé. Emma Coburn est sacrée en 9’’02’’58, nouveau record des championnats, devant sa compatriote Courtney Frerichs (9 ‘03’’77). Hyvin Kiyeng Jepkemoi sauve l’honneur du Kenya, en terminant troisième en 9’04’’03.

A Londres, Florian Gaudin-Winer pour athle.fr
Photos : J. Crosnier / S. Kempinaire (KMSP)

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