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Mayer est miraculé

Kevin Mayer a frôlé le zéro à la perche du décathlon. Pour son entrée dans le concours, il n’a franchi 5,10 m qu’au troisième essai. Une performance qui lui permet de préserver ses chances de victoire. Plus tôt dans la journée, les relais tricolores avaient été à leur avantage. Le 4x100 m masculin et les deux 4x400 m se sont qualifiés en finale. Seul le 4x100 m féminin est passé d’un rien à la trappe.

Le Temps Fort

Mayer a tremblé

Avec un certain sens de la prémonition, Kevin Mayer racontait, avant le début des Mondiaux, qu’il avait dernièrement dû attendre vingt sauts avant de réussir à franchir une barre à la perche lors d’un entraînement. Cette épreuve, dans laquelle il a fait tant de progrès ces dernières saisons, lui pose des soucis depuis quelques semaines. Ce samedi, elle a failli mettre fin brutalement à ses rêves de titre mondial.
En début d’après-midi, dans un London Stadium encore copieusement garni, l’élève de Bertrand Valcin débute son concours à 5,10 m. Au premier essai, il ne réussit pas à engager son saut et retombe sur la piste sans se faire mal, grâce à une petite roulade. Au deuxième, il décide de s’élancer sur un élan réduit à seulement douze foulées. Cette fois, il engage mais retombe sur la barre. S’il rate sa troisième tentative, c’est un zéro.

Sauts de cabri

Kevin Mayer, impressionnant rouleau compresseur depuis le début de la compétition, est humain. Mais il possède un mental hors du commun. Encouragé par tout un stade, il est face à son destin. Il s’élève bien au-dessus de la barre, la frôle en retombant. Elle hésite sur les taquets, tremble mais ne tombe pas. Ouf ! Le vice-champion olympique vient de se sauver. Survolté, il quitte le tapis de perche en courant et entame des sauts de cabri. L’athlète du pôle de Montpellier ne sautera pas plus haut dans ce concours (3 échecs à 5,30 m), mais l’essentiel est préservé. Ses 5,10 m lui rapportent 941 points. Avec un total de 7237 unités, il compte désormais neuf points de retard sur son record de France. Mais il reste surtout en tête du décathlon.
Plus tôt dans la journée, il avait débuté son samedi comme il avait commencé son vendredi : avec un record personnel. Impérial sur 110 m haies en 13’’75, pendant que l’Américain Trey Hardee partait à la faute (disqualifié), il avait ensuite connu un premier frisson au disque, avec un premier essai mordu. Il rectifiait le tir dès sa deuxième tentative, grâce à un jet à 47,14 m. La suite, on la connaît… L’autre Tricolore en lice, Bastien Auzeil, a réalisé un bon début de deuxième journée (14’’59 sur 110 m haies et 46,86 m au disque), mais est resté en retrait à la perche (4,80 m) par rapport à ses standards habituels.

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Les relayeurs frôlent le sans-faute

Il n’a manqué qu’un centième au 4x100 m féminin (Ombissa-Dzangue, Ikuesan, Paré, Zahi) pour réaliser le grand chelem dans les relais. Cinquièmes de leur série en 42’’92, « une performance correcte voire honorable » selon leurs propres mots, les sprinteuses ratent la dernière place qualificative au temps pour la finale pour quelques millimètres. Elle revient à Trinidad et Tobago, quatrième de sa série en 42’’91. « On est très déçues, reconnaît Ayodele Ikuesan, positionnée en deuxième relayeuse. On a abordé la compétition très unies et motivées. Mais on est contentes d’avoir tout donné. »
Les trois autres équipes engagées ont connu plus de réussite. A commencer par le 4x100 m masculin (Dutamby, Vicaut, Zeze, Lemaitre), auteur d’une course très solide avec une deuxième place dans sa série en 38’’03, huit centièmes derrière la Jamaïque d’Usain Bolt. « Bien sûr qu’on est contents, savoure Christophe Lemaitre, aligné dans la dernière ligne droite. On avait la capacité d’être en finale et on l’a fait. On a encore de la marge pour nous améliorer dans différents secteurs. » Quatrième temps sur l’ensemble des deux séries, sur les talons des Etats-Unis (37’’70), de la Grande-Bretagne (37’’76) et donc de la Jamaïque, les Bleus devront prendre tous les risques ce soir pour monter sur la boîte. « On a une équipe assez solide, nos chronos parlent d’eux-mêmes », estime Meba-Mickael Zeze. Il faudra peut-être faire enfin tomber le record de France (37’’79 en 1990) pour s’inviter sur le podium. Difficile mais pas impossible.

Le feu d’artifice dimanche

Les deux relais 4x400 m ont, eux, dû batailler pour intégrer le top 8. Ils se sont qualifiés à l’arrachée, en obtenant le deuxième et dernier billet délivré au temps. Placés dans la série de loin la plus relevée, les hommes (Vaillant, Jordier, Hanne et Atine-Venel) se sont classés cinquièmes en 3’00’’92 (avec un chrono de 44’’89 pour Vaillant au départ, d’après les données fournies par l’IAAF !), dans une course très dense dominée par les Etats-Unis (3’00’’93). « Le chrono est correct, même si on avait fait mieux à Pékin, analyse Teddy Atine-Venel, le dernier relayeur. On a saisi notre chance. » La finale, demain, fera office de feu d’artifice, puisqu’il s’agira de la dernière épreuve du championnat. « Ça va être électrique, il va falloir que ce soit beau », anticipe Thomas Jordier.
Leurs homologues du 4x400 m féminin (Sananes, Perrossier, Raharolahy, Diarra) pourront aussi profiter de l’ambiance unique du London Stadium, dimanche soir. Quatrièmes de leur série en 3’27’’59, elles ont observé depuis les tribunes la deuxième course et ont tremblé jusqu’au bout. « On comptait les secondes en regardant l’Italie, raconte Estelle Perrossier. On a croisé très fort les doigts. » Elles ont finalement devancé l’équipe transalpine de vingt-deux centièmes et n’auront rien à perdre en finale. Une course dans laquelle les Etats-Unis, meilleur temps des séries en 3’21’’66, feront office d’immenses favoris.

A Londres, Florian Gaudin-Winer pour athle.fr
Photos : J. Crosnier / S. Kempinaire (KMSP)

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