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Le bronze lui va si bien !

Médaillée d’argent à trois reprises en grand championnat, Mélina Robert-Michon ajoute un nouveau métal à sa collection, en montant sur la troisième marche du podium au disque. Une nouvelle fois épatante sous le maillot bleu, la discobole lyonnaise réalise la troisième meilleure performance de sa carrière, avec un jet à 66,21 m. A 38 ans, elle est plus que jamais la locomotive des lancers français.

Les Médailles

Robert-Michon bronzée

Elle leur fait à chaque fois le même coup. Mélina Robert-Michon arrive sur la pointe des pieds aux Mondiaux, sans avoir fait de vagues au cours de la saison. Et puis, dès les qualifications, elle élève son niveau d’un cran. Avant d’assommer le moral d’une bonne partie de ses adversaires au premier essai en finale. Ce dimanche soir, la Lyonnaise a récidivé. Avec une entame plus que solide à 65,49 m, son meilleur jet de la saison, malgré une poussée de stress à l’échauffement. Si l’insubmersible Croate Sandra Perkovic (70,31 m) et l’impressionnante Australienne Dani Stevens (69,64 m) ont lancé plus loin, toutes les autres concurrentes se sont cassées les dents sur la performance de la protégée de Serge Debié et Jérôme Simian.
Les Cubaines Denia Caballero et Yaime Perez, si fortes en Diamond League ? Elles ont balbutié leur technique et se sont réveillées trop tard, avec des meilleurs lancers à respectivement 64,37 m et 64,82 m. L’Allemande Nadine Muller ? Elle a démarré plutôt bien, avec un jet à 64,13 m, mais n'a pas trouvé le second souffle. En retrait du deuxième au quatrième essai, Mélina Robert-Michon retrouvait son niveau du début de concours au cinquième (65,39 m), avant de tout lâcher à son ultime tentative. « Il  y a eu une forme de décompression, rembobine la native de Voiron. Ce dont je suis contente, c’est que j’ai su réagir. Il ne fallait pas que je m’endorme. Je ne voulais surtout pas redescendre du podium. » Avec 66,21 m, elle a tutoyé l’excellence en réalisant la troisième meilleure performance de sa carrière, après les Jeux de Rio en 2016 et les championnats du monde de Moscou en 2013.

La régularité des plus grandes

Celle qui pourrait écrire une thèse sur « Comment évoluer à son meilleur niveau le jour J » monte pour la quatrième fois sur le podium d’un grand championnat depuis 2013, et son avènement aux Mondiaux de Moscou à l’âge de 34 ans. Une régularité digne des plus grandes, au sortir d’une première partie de saison compliquée. « Mes coaches ont su gérer et faire en sorte que j’arrive au top ici, apprécie-t-elle. Les championnats, il n’y a que ça qui me plaît. En meeting, je n’arrive pas à avoir la même détermination. » Signe de son perfectionnisme, Mélina n’affichait qu’un demi-sourire après son dernier essai, avant d’entamer avec entrain son tour d’honneur. « Tout de suite après, j’étais un peu dégoûtée, confie-t-elle. J’avais envie de faire mieux. Mais avec du recul, ça a été un concours de très haut niveau comme il n’y en avait pas eu depuis très longtemps. »

Sur la photo de famille

En montant sur le podium, la recordwoman de France récolte la cinquième médaille tricolore de la compétition, la première chez les filles. « Ça allait manquer un peu de femmes sur la photo de famille des médaillés, rigole-t-elle. Je me suis dévouée pour qu’on soit représentées. » « Boostée » par les titres de Kevin Mayer hier et Yohann Diniz ce matin, celle qui était jusque-là abonnée à l’argent goûte, cette fois, à un nouveau métal avec le bronze. Ne lui manque donc plus que l’or. Une bonne raison pour poursuivre sa carrière une saison de plus, non ?

L’apothéose pour Diniz

Adepte du tout ou rien, Yohann Diniz a remporté la plus belle course de sa carrière en dominant le 50 km marche en 3h33'12'', avec le panache qui le caractérise. Le Rémois, parti seul en tête dès les premiers kilomètres, a même menacé un temps son propre record du monde, avant d'assurer la victoire, la troisième de l'équipe de France dans ces Mondiaux. Retrouvez le récit de ce 50 km en cliquant ici.

Le Chiffre

4

Avec trois médailles d’or (Pierre-Ambroise Bosse, Kevin Mayer et Yohann Diniz) et deux de bronze (Renaud Lavillenie et Mélina Robert-Michon), l’équipe de France termine quatrième au tableau des médailles. Elle n’est devancée que par les Etats-Unis, le Kenya et l’Afrique du Sud, et termine donc première nation européenne. « C’est un bilan exceptionnel, savoure Patrice Gergès. Ces Mondiaux font partie de nos trois meilleurs résultats (ndlr : avec Paris 2003 et Helsinki 2005) dans l’histoire de cette compétition. Nos athlètes ont cru jusqu’au bout en leurs chances, comme le 4x400 m féminin en a été ce dimanche le reflet. »
Au-delà des titres et podiums, le directeur technique national retient le comportement des jeunes pousses tricolores. « On a bien vu que des choses se sont créées, avec des jeunes qui ont atteint les demi-finales en montrant de belles promesses. » Un an après la moisson des Jeux olympiques (six médailles), l’athlétisme français poursuit sur sa lancée. « On est dans la continuité après Rio, en restant sur la même dynamique tout en apportant de petits plus pour préparer la suite. »
André Giraud, président de la FFA retient, lui, « l’esprit combatif » des Tricolores. Et tient à saluer l’ensemble de la famille de l’athlétisme français, qu’il associe aux brillants résultats des Bleus : « Je souhaite partager cette réussite avec l’ensemble des clubs, des dirigeants, des entraîneurs et des athlètes qui font vivre l’athlétisme au quotidien. Le plan de développement commence à porter ses fruits. On a toutes les raisons d’être optimistes. La génération 2024 est en route. » Vivement la rentrée !

Et Aussi

Les relayeuses au pied du podium

Ce relais a du caractère. Le 4x400 m féminin, même sans sa leader naturelle Floria Gueï absente pour raisons de sante, a livré une prestation pleine de promesses sur la piste du London Stadium. Les Bleues ont longtemps été à la lutte pour le podium. Bien lancées par Estelle Perrossier puis par une épatante Déborah Sananes, Agnès Raharolahy et Elea-Mariama Diarra ont conclu le travail avec combativité. Elles terminent finalement quatrièmes en 3’26’’56, derrière les Etats-Unis (3’19’’02), la Grande-Bretagne (3’25’’00) et la Pologne (3’25’’41).
Un résultat qui n’était pas forcément espéré au départ, puisqu’elles ne possédaient que le huitième meilleur chrono d’engagement. « On améliore d’une seconde notre season best, se félicite Estelle Perrossier. On a concrétisé notre travail. Il n’y a pas de regrets à avoir, on a vraiment tout donné. » La Lyonnaise donne rendez-vous très vite. « La prochaine fois sera la bonne. On va monter en puissance jusqu’en 2020, avec Berlin dès l’année prochaine. »

Le 4x400 m masculin huitième

Leurs homologues masculins se rendront aux championnats d’Europe l’esprit revanchard, dans un an. Ce dimanche, ils n’ont pas réussi à rééditer leur belle performance de la série. Englués dans le trafic, Ludvy Vaillant, Thomas Jordier, Mamoudou-Elimane Hanne et Teddy Atine-Venel ont peut-être manqué d’un peu de fraîcheur, puisque trois d’entre eux étaient engagés en individuel. En 3’01’’79, ils terminent huitièmes d’une finale remportée à la surprise générale par Trinidad et Tobago en 2’58’’12, devant les Etats-Unis (2’58’’61) et la Grande-Bretagne (2’59’’00)
Plus tôt dans la journée, Kevin Campion avait pris part au 20 km. Même s’il visait un peu plus haut, il obtient le meilleur résultat de sa carrière en grand championnat. Calé au sein du peloton jusqu’à la mi-course, et même en tête pendant un temps, le sociétaire de l’AFA Feyzin a ensuite un peu calé. Il termine à une encourageante vingt-quatrième place en 1h21’46’’. « Je n’ai rien à regretter, j’ai tenté, analyse-t-il. A chaud, j’ai quelques regrets. Mais je suis sur la bonne voie. »

Les Champions du jour

Obiri domine Ayana

Sur 5000 m féminin, le duel annoncé entre la Kényane Hellen Obiri et l’Ethiopienne Almaz Ayana a tenu toutes ses promesses. Après un premier kilomètre très lent, le rythme a considérablement accéléré sous l’impulsion de la seconde nommée, avec des 1000 m bouclés en 2’50’’ voire moins jusqu’à l’arrivée. Les deux fondeuses se sont rapidement détachées. L’énorme attaque d’Obiri (2’44’’70 au dernier 1000 m) à 250 mètres de l’arrivé a finalement fait la différence. La Kényane décroche son premier titre mondial en 14’34’’86 et prive Ayana du doublé 5000 m-10 000 m. Il s’agit de la deuxième course la plus rapide de l’histoire des Mondiaux.
Le déroulé du 1500 m masculin a été sensiblement le même. Après un premier tour au petit trot (1’01’’63), les Kényans ont durci le rythme pour éviter leur déconvenue des derniers J.O. Une stratégie payante, puisqu’ils réalisent le doublé avec la victoire d’Elijah Manangoi (3’31’’61) devant Timothy Cheruiyot (3’33’’99). Le Norvégien Filip Ingebrigtsen prend une troisième place surprise, en 3’34’’53. Il est le premier Européen à monter sur la boîte sur cette distance depuis le Portugais Rui Silva en 2005.
Plus tôt dans la journée, les épreuves de marche avaient offert des scénarios  très différents. A l’image de Yohann Diniz chez les hommes (voir « Les médaillés »), la Portugaise Inès Henriques a réalisé une démonstration impressionnante, à l’occasion du premier 50 km féminin de l’histoire des Mondiaux. En 4h05’56’’, elle a amélioré son propre record du monde. Sept athlètes étaient au départ mais seules quatre ont rallié l’arrivée. Henriques s’impose avec un peu plus de trois minutes d’avance sur la Chinoise Hang Yin (4h08’58’’). La compatriote cette dernière, Shuqing Yang, complète le podium (4h20’49’’).
Il y a eu plus de suspense sur 20 km, avec des arrivées spectaculaires. Chez les hommes, le Colombien Eider Arevalo a su attendre son heure pour régler au sprint, en 1h18’53’’ (record national), le Russe sous pavillon neutre Sergei Shirobokov (1h18’55’’) et le Brésilien Caio Bonfim (1h19’04’’). Ça a été aussi très serré chez les femmes, avec la victoire de la Chinoise Jiayu Yang en 1h26’18’’ (record personnel), qui devance la Mexicaine Maria Gonzales (1h26’19’’) et l’Italienne Antonella Palmisano (1h26’36’’).
Du côté des concours, la hauteur hommes était la première finale de la soirée. Le grandissime favori qatari Mutaz Essa Barshim (2,35 m) a réalisé un concours parfait pour s’adjuger le  premier titre mondial d’un Asiatique dans la discipline, sans suspense. Il a devancé Danil Lysenko, athlète russe concourant sous la bannière neutre, auteur d’un bon saut à 2,32 m. Le Syrien Majd Eddin Ghazal complète le podium. Le sauteur né à Damas a conquis la médaille de bronze en effaçant 2,29 m à son deuxième essai. Déception pour l’Ukrainien Bohdan Bondarenko, seulement neuvième avec 2,25 m.

A Londres, Florian Gaudin-Winer (avec F.D.) pour athle.fr
Photos : J. Crosnier / S. Kempinaire (KMSP)

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