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Guliyev : toujours placé, enfin gagnant

Ramil Guliyev est devenu ce soir le premier Turc champion du monde d’athlétisme. En 20’’09, il se pare d’or sur 200 m, empêchant le Sud-Africain Wayde Van Niekerk, deuxième en 20’’11, de réaliser le doublé. Le Trinitéen Jereem Richards empoche le bronze.

Il a mis tout le monde d’accord pour s’offrir sa première médaille mondiale senior, du plus beau des métaux. Ramil Guliyev n’était pas le plus attendu des concurrents, au départ du demi-tour de piste. Le duel Isaac MakwalaWayde Van Niekerk monopolisait la plupart des regards. Pourtant, depuis plusieurs années, la progression du Turc d’origine azerbaïdjanaise était constante. Il connaît aujourd’hui sur la piste du London Stadium le premier sommet d’une carrière passée dans l’ombre, sans victoire d’importance. Il peut désormais se targuer de succéder à Usain Bolt comme champion du monde du 200 m, même s’il a encore du mal à y croire. « Ce n’est pas un choc, mais ça ne me paraît pas réel. Je suis si fier, ce titre représente tellement pour moi ! », s’enthousiasme Guliyev.
Le sprinteur né à Bakou a connu deux carrières. D’abord dans les catégories jeunes, lors desquelles il porte les couleurs de l’Azerbaïdjan, son pays natal. Il y croise d’ailleurs une de ses vieilles connaissances, Christophe Lemaitre. En 2007, les deux hommes se rencontrent une première fois en finale des championnats du monde cadets sur la distance. Le Turc prend l’argent (20’’72). L’année suivante, Lemaitre prend sa revanche en raflant le titre (20’’83), alors que Guliyev déçoit (cinquième en 21’’00). Après une élimination en séries aux Jeux de Pékin, Guliyev récolte sa première place de finaliste pour sa dernière compétition sous les couleurs azéries, aux Mondiaux de Berlin (20’’61).

De l’ombre à la lumière

Quelques semaines plus tard, il rejoint une première fois Istanbul, avant de s’y installer définitivement en 2010 après la mort de son entraîneur de père. Il met pourtant près de trois ans avant de pouvoir enfiler la tunique turque, sans grand succès. Sixième des Europe de Zurich en 2014 (20’’48), il progresse fortement au niveau chronométrique l’année suivante. Insuffisant pourtant aux championnats du monde de Pékin, où il se classe à nouveau sixième en 20’’11. Il glane enfin sa première breloque européenne chez les seniors à Amsterdam l’an passé, mais derrière l’Espagnol Bruno Hortelano et dans un temps chrono plutôt modeste (20’’51). Avant, comme d’habitude, d’arriver en finale aux Jeux pour se classer huitième (20’’43).
Celui que certains surnomment « le Bolt blanc » le dit lui-même, il attire pour la première fois ce soir la lumière : « J’ai couru contre plusieurs des meilleurs sprinteurs de la planète, donc ça ne m’a pas dérangé que l’attente repose sur eux. Peut-être que lors des prochaines compétitions, tout le monde m’attendra cette fois ! » Il s’offre le scalp de Wayde Van Niekerk, qui échoue en argent dans sa quête du doublé 200 - 400 que seul Michael Johnson avait réalisé en 1995 à Göteborg. Il prive aussi Isaac Makwala d’exploit, après l’imbroglio qui l’avait entouré suite à son intoxication alimentaire. Aujourd’hui, les projecteurs se braquent enfin sur le premier Turc champion du monde, qui prend la suite du plus grand sprinteur de tous les temps. « J’ai montré ce que je pouvais faire de mieux tout au long de la compétition. J’ai réalisé ma meilleure course au meilleur moment. Je suis tellement heureux de remporter le titre. C’est le meilleur moment de ma carrière ! », savoure-t-il. Finalement, la carrière de Ramil Guliyev peut être comparée au temps londonien de ces Mondiaux : après la pluie, vient le beau temps…

Florent Duprat pour athle.fr
Photos : © Julien Crosnier (KMSP)

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