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Caster Semenya, la preuve par trois

La Sud-Africaine Caster Semenya a décroché son troisième titre mondial sur 800 m en 1’55’’14. La Burundaise Francine Niyonsaba prend l’argent (1’55’’92) et l’Américaine Ajee Wilson (1’56’’65) le bronze.

C’est une médaille d’or qui fait entrer Caster Semenya dans la cour des très grandes. De sa révélation aux championnats du monde de Berlin en 2009 à ce troisième titre mondial sur la piste du London Stadium, tout n’a pas été rose pour l’athlète de 26 ans. Mais elle a répondu sur la piste et devient la première athlète à empocher trois titres planétaires sur le double tour de piste.
Au contraire de son homologue masculin Pierre-Ambroise Bosse, Semenya était la plus attendue sur cette épreuve. Elle a su se jouer des pièges et de la fatigue pour se montrer impériale dans la dernière ligne droite de ce 800 m. Intelligemment placée en deuxième position à l’entrée des 100 derniers mètres, elle a produit une accélération qui a laissé les autres concurrentes se battre pour l’argent. Ceux qui doutaient de sa capacité à gérer les efforts ont eu la meilleure des réponses. Après sa belle médaille de bronze sur le 1500 m, une épreuve nouvelle pour elle, elle repart de la capitale anglaise avec deux médailles et le plus beau des métaux sur sa discipline fétiche. « Cette nouvelle victoire est une récompense fantastique pour moi et j’ai adoré l’obtenir ici, à Londres, savoure-telle. Le public a été très accueillant pour moi. »

Objectif record du monde

Les six courses qu’elle a disputées lors de cette dizaine de championnat n’ont pas entamé sa soif de victoire. Derrière elle, la Burundaise Francine Niyonsamba doit se contenter de la médaille d’argent en 1’55’’92. Ajee Wilson ajoute une médaille de bronze à la moisson américaine (1’56’’65) et relègue la Kényane Margaret Wambui, l’une des favorites de l’épreuve, à la quatrième place.
Le débat sur l’hyperandrogénie de la Sud-Africaine, qui lui avait fait traverser la tourmente et un tunnel long de trois ans après sa victoire aux Jeux de Londres, a fait long feu. Pour faire court, elle a d’abord été incitée à prendre des hormones pour canaliser cette production naturelle trop importante de testostérone, avant d’en être libérée par le Tribunal arbitral du sport (TAS). Et de retrouver son meilleur niveau.
Le palmarès de Caster Semenya est le plus beau de l’athlétisme sud-africain à l’heure actuelle. Elle est désormais double championne olympique et triple championne du monde, après avoir « bénéficié » du déclassement de Mariya Savinova. La Russe avait gagné la finale des Mondiaux de Daegu en 2011, avant d’être confondue pour dopage au début de cette année. A seulement 26 ans, il ne manque plus qu’une seule chose à Caster Semenya pour entrer dans la légende de l’athlétisme mondial : le record du monde de la Tchèque Jarmila Kratochvilova, en 1’53’’28. « Je dois d’abord descendre sous les 1’55’’ et cela demandera beaucoup de travail, prévient la Sud-Africaine. Ce record est le prochain objectif sur ma liste. Je sais que ce sera difficile mais je vais bientôt essayer, peut-être. » Une promesse qui a de quoi faire saliver.

Florent Duprat pour athle.fr
Photos : © J. Crosnier (KMSP) et Getty Images for IAAF

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