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Robert-Michon, exacte au rendez-vous

En retrait pendant la première partie de saison, Mélina Robert-Michon a, comme d’habitude, haussé son niveau sous le maillot de l’équipe de France, à l’occasion des qualifications. En quête d’un quatrième podium en grand championnat, elle rêve d’une première médaille d’or.

Pour l’observateur non averti, voir Mélina Robert-Michon batailler autour des soixante mètres mi-juin (60,19 m à Montreuil puis 59,88 m à Oslo) pouvait paraître inquiétant. La Lyonnaise de 38 ans, elle, ne s’est jamais affolée. C’est qu’elle a l’habitude des premières parties de saison piano, pendant lesquelles elle fait encore ses gammes. Pour les partitions les plus brillantes, la vice-championne olympique préfère attendre d’enfiler le maillot bleu. « Les championnats ont toujours une saveur particulière pour moi, reconnaît-elle. C’est le moment que j’attends toute l’année, comme une récompense. L’entraînement, ça n’est pas trop mon truc. Ce qui me motive tous les jours, c’est ça. »
Illustration cette saison lors des championnats d’Europe par équipes de Lille Métropole le 24 juin, avec une victoire grâce à un jet 62,62 m. Puis bien sûr avant-hier en qualifications, avec un lancer à 63,97 m, le meilleur de son été. « Je rassure peut-être ceux qui étaient un peu inquiets, sourit Mélina. Je l’étais forcément un peu au mois de mai. Mais quand il faut être en forme, mes entraîneurs maîtrisent plutôt bien ça. Je leur fais confiance. » Sa montée en puissance a, comme d’habitude, eu lieu lors de son stage de préparation terminale, organisé cette année à Lannion (Côtes-d’Armor). « J’ai mis de bonnes choses en place techniquement et j’ai repris de l’énergie », rembobine-t-elle.

Battre Perkovic, la Usain Bolt du disque

Ce soir, l’athlète entraînée par Serge Debié et Jérôme Simian entrera dans le plateau pour décrocher une quatrième médaille en grand championnat, après les Mondiaux de Moscou en 2013, les championnats d’Europe de Zurich en 2014 et les Jeux olympiques de Rio en 2016. « Une fois qu’on est sur le podium, on n’a plus envie d’en descendre. Et si je peux grimper encore une marche... » Lors de ces trois compétitions majeures, la Française a toujours décroché l’argent derrière Sandra Perkovic. La Croate de 27 ans est la patronne incontestée de la discipline. Elle l’a à nouveau prouvé en qualifications, avec un jet à 69,67 m. « C’est un peu la Usain Bolt du disque. Ce que j’admire chez elle, c’est sa capacité à être à fond sur toutes les compétitions. Mais elle a forcément des failles, veut croire Mélina Robert-Michon. En championnat, tout est possible. »
Pour gagner, elle estime qu’il faudra lancer à au moins « 68 ou 69 mètres ». Soit bien au-delà de son record personnel, établi à Rio l’an dernier avec 66,73 m. Insurmontable ? Pas forcément. Car la lanceuse du Lyon Athlétisme garde en tête une barrière mythique. « Pendant longtemps, 70 mètres m’a paru totalement impossible. Aujourd’hui, ça ne me semble plus complètement fou. » Le London Stadium, une enceinte qui lui rappelle de beaux souvenirs, serait le lieu idéal pour réaliser cet exploit. C’est là, lors des Jeux olympiques 2012, qu’elle avait participé à son premier grand championnat après avoir donné naissance à sa fille, avec une cinquième place en finale. « Ça a été un tournant dans ma carrière », se souvient Mélina. Une médaille d’or en serait un nouveau.

A Londres, Florian Gaudin-Winer pour athle.fr
Photos : Stéphane Kempinaire (KMSP)

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