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Le Magicien Bosse !

Pierre-Ambroise Bosse a réalisé un authentique exploit en s’imposant en finale du 800 m. A 25 ans, il décroche en 1’44’’67 la première médaille mondiale de sa carrière. La plus belle, qui vient récompenser sa ténacité et son sens tactique.

En passant la ligne d’arrivée, Pierre-Ambroise Bosse se désigne la poitrine du doigt. Comme pour demander à la foule : « C’est bien moi qui ai gagné ? » Le Français n’arrive pas à y croire. Mais oui, c’est bien lui qui vient de réaliser le coup du siècle (ou de sa première partie, au moins) en finale du 800 m. « J'ai compris que j'allais gagner bien avant la ligne, raconte-t-il. Pendant 750 mètres, je me suis senti lucide. Puis il y a eu un voile devant moi et je ne me suis plus senti moi-même. J'étais surpris. C'était comme si je me réveillais d'un rêve bizarre. »
PAB n'était pas le seul à avoir l'impression de rêver car, sans lui faire injure, le recordman de France n’était pas le Tricolore le plus attendu sur le podium ce soir, au cours d’une session où Renaud Lavillenie et Mahiedine Mekhissi étaient en piste. Jamais médaillé mondial, qualifié de justesse pour ces championnats après une préparation perturbée par une blessure chronique à l’ischio-jambier, il avait fait parler ses jambes et surtout son sens tactique en séries et en demi-finales. Mais c’est bien lui qui offre à l’équipe de France sa première médaille d’or mondiale depuis 2013. « Ce n'est pas l'athlète qui est fier mais l'homme, savoure le Gujanais de l'US Créteil. Je suis loin d'être le meilleur du monde. Mais être champion du monde n'a rien à voir avec ça. »

Une attitude pleine de panache

Pour cela, Pierre-Ambroise Bosse a réalisé une course pleine d’intelligence, en osant prendre des risques. Après deux cents mètres de course, il se fait tasser au rabattage mais ne s’affole pas, en se calant au cœur d’un peloton emmené sur des bases rapides par le Canadien Brandon McBride (50’’78 au 400 m). Dans la ligne droite opposée, à trois cents mètres de l’arrivée, le rythme ralentit un peu. C’est à ce moment que le l'athlète de 25 ans décide de produire son effort, en faisant l’extérieur. Il déploie sa longue foulée pour se placer en première position à l’attaque du dernier virage. « Je me suis dit : Là, il morfle, retrace-t-il. C'est la première fois que je ressentais quelques chose comme ça. C'est comme si j'avais envie de faire mal aux autres. » Une attitude pleine de panache, qui va s’avérer payante. Car le Français creuse l’écart sur Bett et Amos.  Encouragé par Renaud Lavillenie et Axelle Chapelle dans le virage, il aborde la dernière ligne droite avec plusieurs mètres d’avance sur la concurrence. C’est du 800 m. Alors il faut tenir, résister au lactique, aller au-delà de la souffrance. Adam Kszczot, comme d’habitude, réalise une remontée impressionnante dans les cents derniers mètres.
Mais il est déjà trop tard, Pierre-Ambroise Bosse est sur le toit du monde et l’emporte en 1’44’’67, loin devant Kszczot (1’44’’95) et le Kényan Kipyegon Bett. Dans les tribunes, son entraîneur Alain Lignier est tout aussi incrédule que lui. Pourtant, avant d’entrer en chambre d’appel, Pierre-Ambroise Bosse, prestidigitateur en herbe à ses heures perdues, lui avait fait une promesse : « Je vais te faire un tour de magie. » Le Français l’a réussi. Et ce fut ensorcelant.

A Londres, Florian Gaudin-Winer pour athle.fr
Photos : © Julien Crosnier (KMSP)

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