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NUMERO 572 - OCTOBRE-NOVEMBRE 2017

Kevin Mayer : Déjà le plus grand

Le décathlon français a été fertile en talents, avec Ignace Heinrich en pionnier, vice-champion olympique en 1948, puis des athlètes comme William Motti, Christian Plaziat, Alain Blondel, Sébastien Levicq et Romain Barras. Mais, à 25 ans, Kevin Mayer possède déjà le plus beau palmarès des épreuves combinées chez les hommes. Les grands anciens en témoignent. Rédacteur : Florian Gaudin-Winer

Le plus complet
Il est peut-être moins rapide que Christian Plaziat, capable de courir le 100 m en 10’’55, moins précoce que William Motti, cinquième des Jeux de Los Angeles à 20 ans, et encore un peu derrière Sébastien Levicq à la perche, qui a franchi un jour 5,60 m. Mais « Kevin Mayer réunit l’ensemble des qualités que possédaient ses prédécesseurs, avance Romain Barras, champion d’Europe en 2010. Avant tout, il possède une intelligence motrice très développée. Il est très coordonné et comprend le geste technique à effectuer très rapidement, ce qui lui permet de gagner énormément de temps. » Une capacité d’apprentissage aussi efficace par « le visuel que par l’oral et la répétition », et dont les acquis ne s’évaporent pas au fil des saisons selon Gaëtan Blouin. « Quand il comprend quelque chose, il ne l’oublie jamais, alors que certains athlètes repartent en arrière », pointe le référent national des épreuves combinées, qui possède un record à 7 909 points. Résultat : « Il arrive à garder un niveau assez élevé dans chaque épreuve, il n’a pas de point faible », constate Plaziat.

Le plus gros mental
A l’exception des championnats d’Europe d’Helsinki (zéro à la longueur) et des Jeux olympiques de Londres en 2012, où il était arrivé épuisé, Kevin Mayer n’est jamais à passer à côté de sa compétition en grand championnat. Au contraire, il a toujours su élever son niveau face à une forte adversité. « Cette capacité à se mobiliser le jour J, c’est ce qui m’impressionne le plus chez lui, souffle avec admiration Romain Barras. A chaque fois, tu te dis qu’il s’est transcendé. À l’entraînement, c’est un très bon athlète, mais il n’est pas encore à ce niveau-là. Il a la culture de la gagne, qui est acquise depuis son enfance. » Dans cette inlassable quête de l’excellence, le grand blond (1,86 m) peut s’appuyer sur une forme d’état second. « Il passe par des moments d’euphorie tellement forts qu’il arrive à mettre une énergie énorme dans son décathlon, détaille Gaëtan Blouin. On a l’impression qu’il n’est jamais rassasié. C’est pour ça qu’il a des points très hauts mais aussi des ‘‘bad’’, lors desquels il peut redescendre super bas. » Une grosse baisse d’énergie qu’il ressent parfois en salle de repos, mais dont il arrive à se relever grâce à son mental. « C’est un guerrier, un vrai gladiateur des temps modernes, s’enthousiasme Plaziat. Il vit et se nourrit du décathlon. Il passe par des états d’âme au cours de la saison, mais ce qu’il aime avant tout, c’est la compétition. » Qui le lui rend bien.

Le plus pro
« J’ai un fonctionnement d’athlète professionnel depuis dix ans. J’ai toujours su ce que je voulais. Savoir m’entourer des bonnes personnes pour avancer plus vite, je crois que c’est une de mes grandes forces. » Dans le numéro précédent d’Athlétisme Magazine, Kevin Mayer décrivait son mode de fonctionnement, en dressant un parallèle avec celui d’un chef d’entreprise. Entraîneur (Bertrand Valcin), préparateur physique (Jérôme Simian), avocate (Delphine Verheyden), agent (René Auguin) : le sociétaire de l’EA Rhône Vercors s’est entouré d’une équipe qu’il a choisie, bien loin de tout amateurisme. Un des secrets de sa réussite. « Il a pu s’appuyer sur des gens pour se construire plus vite, sans perdre de temps comme d’autres avant lui », juge Romain Barras, qui le conseille d’ailleurs régulièrement depuis leurs années d’entraînement communes à Montpellier. « Il n’hésite pas à faire des stages à droite, à gauche pour s’enrichir, complète Christian Plaziat. Moi, j’ai été assez isolé dans les années 90. Je ne suis pas sûr que ça m’ait bien servi. »

Son avenir
Le chantier de la longueur
S’il n’a pas battu son record de France de Rio (8 834 pts), Kevin Mayer a confirmé à Londres qu’il avait dans les jambes la barrière des 9 000 points. Tous les grands anciens le pensent même capable de s’attaquer, dans les années qui viennent, au record du monde de l’Américain Ashton Eaton (9045 points en 2015). La marge de progression du Français est insondable et concerne toutes les disciplines. Mais après avoir mené à bien en 2017 les chantiers du disque (50,13 m), du javelot (70,54 m) et du sprint (10’’70 sur 100 m et 13’’75 sur 110 m haies), il va devoir s’attaquer à d’autres travaux. Avec une priorité : la longueur. Dans cette épreuve, il a sauté à 7,52 m à Londres. Soit, au centimètre près, la performance qu’il avait réalisée en 2011 à Tallinn, lors de son titre européen chez les juniors. A l’époque, il possédait un record en 11’’12 sur 100 m, soit quatre dixièmes de plus que cette saison. S’il a depuis décollé à 7,65 m (en 2014) à la longueur, il est forcément capable d’aller beaucoup plus loin.
A condition d’exploiter sa vitesse. « Il faut qu’il accepte de l’utiliser, explique son coach, Bertrand Valcin. Il est encore dans l’appréhension, il n’ose pas aller à 100 % pour attaquer la planche. » Un diagnostic partagé par Romain Barras : « Je trouve qu’il se regarde dans la course d’élan. Il est encore dans la maîtrise, alors que la longueur, c’est du lâcher-prise. Kader Klouchi (NDLR : ex-recordman de France de la longueur avec 8,30 m) disait que c’était comme sauter dans le vide. ». En devenant régulier autour de 7,75 m-7,80 m, une performance que Romain Barras estime envisageable, Kevin Mayer gagnerait de précieuses unités dans une épreuve très gourmande en points. Et pourrait, en plus, s’offrir le luxe de stopper son concours après un ou deux essais, pour dépenser un peu moins d’énergie. En résumé, que du bonus.


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