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NUMERO 573 - DECEMBRE-JANVIER 2018

Dimitri Bascou : Le chien fou

Athlé Mag est allé à la rencontre de plusieurs des grands noms de l’athlétisme français*, pour savoir à quoi ressemblait leur vie et quels étaient leurs espoirs lorsqu’ils avaient 17 ans. Ado, Dimitri Bascou adorait les séances de côtes. Pas les siennes, mais celles qu’il faisait faire à des rottweilers pour assouvir sa grande passion de jeunesse : l’élevage de chiens. Un meeting avec Maurice Greene et un podium aux France ont fait basculer sa vie. Rédacteur: Florian Gaudin-Winer

Dimitri Bascou n’a pas oublié le 24 avril 2004. D’abord parce que, ce jour-là, le cadet deuxième année est descendu pour la première fois de sa carrière sous les 11’’ sur 100 m, avec un chrono de 10’’90 lors des épreuves régionales d’ouverture du meeting IAAF de Fort-de-France. Surtout parce qu’il a vu pour la première fois en chair et en os son idole Maurice Greene sur la ligne droite. « Ça m’a un peu réveillé, se souvient-il du haut de ses trente ans. En minime et en cadet 1, je n’étais pas super fort. Mais cette saison, je commençais à montrer un peu ce dont j’étais capable et les qualités que j’avais. » Depuis les tribunes du stade de Dillon, devenu le stade Pierre-Aliker, le Martiniquais dévore des yeux Maurice Greene, installé au couloir 8 en séries. Et ne rate rien de son cérémonial d’avant-course. « Il était comme un pitbull en cage. C’était une bête, ce gars, il était chaud bouillant ! Ça m’inspirait. »
Trois mois plus tard, le hurdler de l’Aiglon du Lamentin, désormais licencié à l’US Créteil, monte sur la troisième marche du podium du 110 m haies cadets en 14’’23, lors des championnats de France jeunes à Niort. Une course remportée par un certain Garfield Darien, au-dessus du lot sur les obstacles de 91 centimètres en 13’’68. « L’athlétisme a commencé à prendre de la place dans ma vie cette saison-là, rembobine Dimitri. Avant, j’allais peut-être une fois par semaine à l’entraînement. Parfois, je ne m’y rendais pas pendant deux mois. Les compétitions m’amusaient bien, donc j’avais des résultats pas trop mauvais. On me disait : ‘‘C’est dommage que tu ne viennes pas plus’’. »
C’est qu’à l’époque, le futur médaillé de bronze olympique a un autre centre d’intérêt : l’élevage de chiens. Et plus particulièrement de rottweilers, un molosse surpuissant généralement utilisé pour la garde et la défense. « J’adorais les chiens, révèle-t-il. C’était une passion folle et totale. Je ne me connectais sur internet que pour me renseigner sur ce sujet. J’avais des potes qui étaient aussi passionnés que moi. On entraînait les bêtes en leur faisant tirer des poids et monter des côtes. C’est elles qui faisaient de l’athlé », s’esclaffe Dimitri.

En Métropole pour mûrir
Après ses premiers résultats d’envergure nationale, il accepte de s’impliquer plus. Il se rend trois à quatre fois par semaine au stade, où il retrouve le groupe de son coach Hugo Parsemain, « à la fois jovial et enrichissant ». Gardien de but de football dans son enfance, il a désormais la bougeotte. En plus des séances d’athlétisme, il ne rate pas un cours d’EPS et enchaîne les activités avec l’UNSS. En compétition, il montre qu’il a déjà du tempérament. « Je ne supportais pas la défaite. Ou plutôt, si je perdais, il fallait que j’aie droit à une revanche le plus vite possible et que ça se termine par une victoire. Je ne sous-estimais personne. Mais je n’avais un mauvais caractère qu’avec moi-même. Si mes adversaires me battaient, j’avais du respect pour eux. C’était sain. »
A la maison, c’est un peu différent. Avec son « caractère assez trempé », Dimitri Bascou a du répondant. « Je ne souhaite pas à tous les parents d’avoir un ado comme je l’ai été », sourit-il. C’est une des raisons qui incitera sa mère à l’envoyer en métropole en 2005 pour qu’il y poursuive sa carrière. « Elle a senti qu’il y avait mieux à faire pour moi si je partais étudier et m’entraîner à Paris. Elle pensait que ça allait me faire mûrir. Et elle avait raison. »
Deux ans plus tôt, Dimitri avait suivi avec sa mère les Mondiaux de Paris à la télévision. « Je trouvais dommage que certains Français n’arrivent pas à défendre suffisamment leurs chances et je lui avais dit : ‘‘Franchement, si un jour, je peux courir avec le maillot tricolore, il faudra absolument que je ramène une médaille’’. » Il était alors loin d’imaginer qu’il tiendrait sa promesse en 2016, lors des Jeux de Rio.

*Renaud Lavillenie, Kevin Mayer, Rénelle Lamote, Yohann Diniz, Mélina Robert-Michon


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