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NUMERO 575 - AVRIL-MAI 2018

« Le jour où j’ai dépanné  aux interclubs »

Un lanceur qui marche, un traileur sur 110 m haies, un demi-fondeur au marteau ou un sprinteur sur le steeple, et tous ceux qui découvrent une discipline deux minutes avant son début… Que seraient les Interclubs sans ces moments ? Florilège. Rédacteur : Cyril Pocréaux

Muriel Marchal 70 ans,
SC Gourdon
Du dépannage aux Mondiaux…

« C’était à la fin des années 80. Lors d’Interclubs, à Toulouse, il manquait des athlètes pour le 100 m féminin. J’étais licenciée au club pour la gym féminine, et j’accompagnais juste mon fils, licencié de 15 ans. J’avais 40 ans, chaussée de baskets… J’ai accepté de courir pour dépanner le club. Je n’ai pas gagné bien sûr, mais j’ai bien couru. Dans le bus qui nous ramenait à Gourdon, les jeunes consultaient un livret des minima. Ils ont vu que j’avais fait les minima vétérans ! Poussée par leur enthousiasme, je me suis mise à m’entrainer sérieusement, à m’inscrire à des courses. Il faut dire que j’aimais cela mais n’osais pas, avant. Mes dernières courses dataient de la terminale. Finalement, j’ai fait les minima aux 100 m, 200 m, 400 m, saut en longueur… pour arriver aux championnats de France en vétéranes. Et j’ai été championne de France du pentathlon en 1989 ! J’ai connu d’autres titres, et même deux championnats du monde, en Finlande et aux Etats-Unis. Il y a eu des victoires, des défaites, mais surtout beaucoup de joies, et le bonheur d’avoir pu m’exprimer dans ce sport que j’aime grâce à ce dépannage. J’ai pu vivre cette passion qui me semblait interdite à cause de mon âge… Ce que j’ai aimé, c’est l’esprit d’équipe, curieux pour un sport individuel mais réel. Il y a une vraie entraide entre athlètes, dont j’avais bien besoin puisque je n’avais pas d’histoire dans l’athlétisme… »

Jean-Paul Villain
33 ans, ASPTT Rouen
Du marathon au 110 m haies

« C’était en 2015, peut-être avant [en 2013, en fait]. J’étais prévu dans l’équipe 2, sur 3000 m steeple, ma distance sur piste. Je faisais plutôt du marathon, et du trail, maintenant. Bref, on m’annonce, quelques jours avant, qu’on cherche quelqu’un sur 110 m haies car un coureur s’est blessé. Les sprinters, ils voulaient bien y aller, mais sans les haies ! Alors, comme je suis plutôt agile sur les obstacles… Mais dans la famille, avec mes frangins, on n’est vraiment pas sprinters. La vitesse, c’est pas ça. Et puis, les haies, sur 110, c’est quand même impressionnant. Mais bon, j’y suis allé. Dépanner, c’est toujours l’esprit des Interclubs. Mais j’avais quand même une sacrée appréhension de la chute. Alors, j’ai pas fait de rase-mottes, hein. J’ai dû faire autour de 20’’, au moins ce n’était pas un zéro. Mais le mieux, c’est qu’alors que je devais me retrouver en série 1, avec des gars costauds, je suis dans la deux. Et là, il y a un faux départ, puis un abandon, ceci, cela… Finalement, je fais deuxième de la course ! Ça fait toujours des histoires à raconter entre copains, plus tard… »

Gregory Bottier
41 ans, UA Gujan-Mestras
100 kg en marche

« J’ai toujours été le mec qui levait la main en disant ‘‘OK, je veux bien dépanner, on va pas faire zéro, quand même…’’ Ça m’est venu sur des Interclubs espoirs, avec Gujan-Mestras, en 1995, quand j’ai accepté de faire le steeple au dernier moment. Faut préciser que je suis lanceur. J’ai envoyé le disque à 49 m, en 2006. Mais bref, comme j’ai toujours fait un peu de tout, du sprint, des sauts, on me demande souvent de dépanner. En 2003, on me sollicite pour la marche. Je suis militaire, je partais en Afrique, alors je me suis fait un petit programme. J’ai pas mal fondu, là-bas, et on m’avait montré la technique. Finalement, j’ai fait 28’38’’ à mon 5000 m ! Ça a duré trois saisons. Mais franchement, quand on pèse plus de 100 kg comme moi, c’est difficile. J’ai arrêté la marche, et j’ai dépanné au triple saut. Mais en 2009, je me suis blessé sur un essai. Là, j’ai dit que j’arrêtais de faire une discipline qui n’était pas la mienne. On m’a quand même nommé capitaine d’équipe une fois ou deux, par la suite… »

Karyne Peters
43 ans, CA Bèglais
Avec une attelle dans l’aire de lancer

« Je me suis mise à l’athlé et au triple saut sur le tard, vraiment. J’ai atteint 10,74 m. Mais aux Interclubs, on me demandait de lancer le disque, aussi. Jusqu’à ce que je me pète le genou au ski, en 2013. Plein de trucs se baladaient dans l’articulation… Cela m’a contrainte à arrêter. Je ne pouvais même pas lancer le disque, car j’avais une attelle. Mais on me dit, quelques jours avant, qu’il y a besoin de combler un trou au poids. Bon, comme je suis ambidextre, j’ai pu choisir mon côté, pour ne pas être gênée. Et lancer juste comme ça, sans tourner, sans donner trop de force non plus. Il restait l’attelle, bien sûr. Quand je suis arrivée avec ce gros truc sur la jambe sur l’aire de lancer, ça a fait rire tout le monde. La photo a fait un petit buzz. Mais j’ai tout fait, tous les essais… J’ai été félicitée par mes coéquipiers. Et j’étais contente de l’avoir fait. »




Sylvain Gallet
RC Arras, 43 ans
Un sprinter sur 3000 m

« Ce devait être en 1992, avec le RC Arras… J’étais junior, je faisais du 200 m, quelque chose comme 23’’. Un athlète tombe malade le jour des Interclubs. Un coureur de 3000 m. Personne ne pouvait y aller, alors j’ai dit ‘‘banco’’, c’est l’esprit. Je me retrouve au départ avec un gars qui allait devenir champion de France sur 5000 m dans sa catégorie, quelques années plus tard… Heureusement, tous les copains autour étaient là, m’encourageaient pour que je tienne le coup. Ce fut un moment formidable, plein de chaleur humaine. J’avais dû faire 11 ou 12 minutes, c’était terrible, vraiment difficile. J’avais l’impression que ça n’en finirait jamais. Mais j’ai mis un point d’honneur à ce que le gars en question, Arnaud je crois, ne me prenne pas un tour : les 800 derniers mètres, je les ai faits à fond pour ça ! Ça reste un super souvenir. »


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