MON ACCÈS
Trouver un club près de chez vous
Les
Vidéos
Derniers
clichés
Espaces
FFA
STRUCTURES
CLUBS
l'actu des espaces | infos

Achetez votre revue (Pdf ou papier classique) ou abonnez vous en ligne en cliquant ici
ou rendez vous dans les kiosques près de chez vous (liste des points de vente)

NUMERO 577 - AOÛT-SEPTEMBRE 2018

Les experts jugent Mayer

Les saisons se suivent et se ressemblent pour Kevin Mayer. Le champion du monde du décathlon de 26 ans, à qui l’on promet d’ici peu les mythiques 9000 points voire le record du monde (9045 pts par Ashton Eaton), continue d’enquiller les records personnels. Cette année, il en a déjà amélioré cinq. L’occasion d’interroger des spécialistes, pour avoir leur avis sur les progrès du protégé de Bertrand Valcin. Rédacteur : Florian Gaudin-Winer

Saut à la perche : Renaud Lavillenie : « Il a cette capacité à se transcender »
« Kevin est un très bon perchiste puisqu’il a déjà franchi 5,60 m. Il a tendance à bien ressentir les choses et ce qu’il est capable de produire est assez solide. Il saute plus comme un perchiste que comme un décathlonien. Quand tu regardes un concours de combinards, tu rigoles car il y a beaucoup de figures artistiques et d’erreurs grossières. Alors que lorsque Kevin participe à une compétition entre perchistes, il n’y a pas une différence énorme entre lui et les autres mecs de son niveau. Son point fort, ce sont ses qualités physiques. Il est grand et il court vite. Il ne se pose pas trop de questions quand il doit changer de perche, ce qui est une qualité. En revanche, même s’il a progressé, il manque encore un peu de régularité technique, notamment au niveau du renversé. Son bassin est souvent assez haut, mais il renverse en jambes, ce qui fait qu’elles passent très près de la barre. Il y a deux Kevin Mayer perchistes : celui des épreuves combinées et celui en concours classique. Vu qu’il n’est pas encore totalement fiable,  il a tendance à être tiré vers le bas dès qu’il y a le moindre truc qui ne va pas. Mais il a quand même cette capacité à se transcender, qui lui permet de toujours réaliser le minimum syndical. »

110 m haies : Pascal Martinot-Lagarde : « Pas grand-chose qui dépasse »
« En tant que décathlonien, il s’en sort pas mal sur 110 m haies. Il pourrait être en finale des championnats de France Elite. Sa technique est bonne, il n’y a pas grand-chose qui dépasse. Il fait des courses propres. On avait fait une séance ensemble quand il expérimentait le passage au « départ-première haie » en sept appuis, une transition qu’il a réussie. Les hurdlers sont affûtés pour passer des haies. Lui, il doit aussi lancer loin, courir longtemps, sauter haut. Il est donc plutôt musclé, avec un haut du corps plus développé que le mien. Vu qu’il court en 13’’70, il n’a pas le problème des haies qui lui sautent au visage. Il réussit à bien conserver sa vitesse et il a la possibilité d’en créer encore plus dans les intervalles. »

100 m : Christophe Lemaitre : « Il a un bon départ »
« J’ai remarqué son explosion sur cette distance depuis Rio. Il commence à faire de bons chronos pour un décathlonien. Sa progression est intéressante, surtout qu’à partir d’un certain niveau, ça devient compliqué de gagner des centièmes. Il a un bon départ par rapport aux autres. Le problème, c’est que comme il n’est pas un vrai sprinter, il fait de longues foulées. Il manque peut-être d’un peu de rythme, surtout sur la fin de course où on a tendance à naturellement allonger. »

Lancer du poids : Jessica Cérival : « Il a capté le mécanisme »
« Ce qu’il fait au poids devient sacrément costaud, alors qu’il n’a pas le gabarit le plus impressionnant parmi tous les combinards. Dans cette épreuve, la plupart des décathloniens essayent de limiter la casse. Il leur manque toujours un temps. Ils partent de loin et ensuite ils envoient d’un coup tout ce qu’ils peuvent. Kevin, lui, a capté le mécanisme du poids et l’effet catapulte : plus tu tires sur l’élastique derrière, plus ça part loin. Techniquement, ça commence à devenir intéressant. Pour continuer à progresser et se rapprocher des dix-sept mètres, il doit encore être plus patient avec le côté droit. »

Lancer du disque : Mélina Robert-Michon : « Il a besoin d’un peu plus de patience »
« J’ai déjà eu l’occasion de partager quelques séances de disque avec Kevin. Il pige vite. Tu lui dis quelque chose, il arrive à le faire. Il a encore progressé au niveau du rythme de la discipline. Il a une capacité à sentir le disque et à l’attendre. Mais il est encore trop dans l’idée qu’il faut qu’il joue sur la vitesse. Par moments, ça l’empêche d’être dans le relâchement. Il part trop vite, alors que c’est plus une accélération progressive. Il a besoin d’un peu plus de patience. S’il a parfois peur du disque lors de ses décathlons, c’est parce qu’il maîtrise peut-être un peu moins cette épreuve que les autres. Et la moindre erreur se paye cash. Plus tu es stressé et tendu, pire c’est. C’est un geste qui demande de l’ouverture, de la longueur, du relâchement. Le disque est la discipline où il a encore une grosse marge de progression. Je le vois atteindre une performance de pointe à 52, 53 mètres cette année (l’interview a été réalisée avant ses 52,38 m à la mi-juin). Il doit trouver sa stabilité, c’est ce qui fera qu’il aura moins d’appréhension. »


Accueil n° 577
Les autres revues

INFORMATIONSFORMATIONCOMMUNAUTÉBASES DE DONNÉESMÉDICALBOUTIQUE
NOS PARTENAIRES
CONDITIONS D'UTILISATION MENTIONS LÉGALES CONTACTS