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Tellement frustrant !

Grand favori du décathlon, Kevin Mayer a mordu ses trois essais à la longueur et donc fait un zéro. Une énorme déception pour le Tricolore, qui visait un premier titre continental en plein air. Romain Martin et Ruben Gado ont connu la même mésaventure, mais ont décidé de poursuivre la compétition. Lolassonn Djouhan au disque, ainsi que Mahiedine Mekhissi, Yoann Kowal et Djilali Bedrani sur 3000 m steeple, ont redonné un peu le sourire au clan tricolore, en se qualifiant en finale.

Le Coup Dur

Peut-on sacrifier son plaisir pour gagner ? Cette question n’était pas au programme de l’épreuve de philosophie du baccalauréat cette année. Mais c’est ce dilemme auquel a dû faire face Kevin Mayer lors de la longueur, deuxième de ses dix travaux. Le sociétaire de l’EA Rhône Vercors a rapidement fait son choix : « Si on ne regarde que le résultat, on ne se fait plus plaisir », résume-t-il dans la touffeur de la zone mixte, plus de deux heures après son zéro synonyme d’abandon.
Ce mardi, il était dans la forme de sa vie. Son record personnel sur 100 m en 10’’64, « malgré le plus mauvais temps de réaction » de sa carrière, l’avait confirmé. La longueur devait enfin lui permettre d’effacer son record, qui datait de 2014 avec 7,65 m. Le protégé de Bertrand Valcin et Jérôme Simian est bien retombé à chaque fois tout près des huit mètres, aidé par un vent légèrement favorable. Mais en mordant à trois reprises. Alors pourquoi ne pas avoir assuré ? « Regarder la planche t’enlève tous tes repères et tu ne peux faire que deux choses : soit mordre, soit faire 6,90 m, répond le champion du monde en titre. Vous pensez vraiment que j’étais là pour faire ça ? Est-ce qu’en tant qu’homme, j’aurais pu m’en féliciter ? Ça n’est pas ça le décathlon et le sport, c’est d’abord une expression personnelle. »

Et maintenant, rebondir

Le sixième meilleur performeur de tous les temps est actuellement ballotté entre plusieurs sentiments. « Je n’ai pas de regrets, mais je ressens beaucoup de frustration et de tristesse pour mes coaches et tous ceux qui m’ont encouragés, souffle-t-il. Mais honnêtement, je me suis fait trop plaisir à sauter. C’était bien, ça allait loin, c’était génial. » La frustration va bien sûr prendre le dessus au cours des prochaines heures, six ans après son zéro lors de son premier grand championnat chez les seniors, les Europe d’Helsinki, déjà à la longueur.
A l’époque, il avait rebondi de manière incroyable trois jours plus tard, en portant son record personnel à 8415 points pour se qualifier pour les Jeux olympiques de Londres. Se pose désormais la question de sa participation au Décastar de Talence, les 15 et 16 septembre prochains. La même où l’Américain Dan O’Brien s’était emparé du record du monde en 1992 avec 8891 points, quelques mois après avoir échoué à se qualifier pour les J.O. de Barcelone.
Le scénario a été noir jusqu’au bout pour les spécialistes français des épreuves combinées. Ruben Gado (Clermont Athlétisme Auvergne) et Romain Martin (Lille Métropole Athlétisme) ont en effet, eux aussi, mordu leurs trois essais. Les deux hommes ont décidé de poursuivre leur décathlon contrairement à Kevin Mayer. Ils occupent respectivement les vingt-sixième et vingt-septième places après trois épreuves, avec 1584 et 1539 points.

Les Qualifiés

Djouhan s’offre une première finale

Privé de finale pour deux centimètres lors des Mondiaux de Londres l’an dernier, Lolassonn Djouhan a cette fois franchi le cut, en expédiant son disque à 62,54 m au deuxième essai. Une performance synonyme de neuvième place des qualifications. « Techniquement, je ne peux pas dire que j’ai été un exemple aujourd’hui, fait un peu la fine bouche le lanceur de l’EC Orléans Cercle Jules Ferry. J’étais à la bataille. » Pour sa première finale en grand championnat, il adoptera la même stratégie que d’habitude : « un premier essai tranquille, un deuxième où on tente et un troisième où on donne tout ». Avec, en ligne de mire, le top 8.
Sur 3000 m steeple, les Bleus ont réalisé le coup parfait. Mahiedine Mekhissi (Stade Sottevillais 76), Yoann Kowal (Dordogne Athlé) et Djilali Bedrani (SA Toulouse UC) ont tous les deux obtenu leur billet pour la finale lors de séries plus rapides que d’habitude au niveau européen. Les deux premiers nommés, engagés dans la deuxième série, n’ont pas cherché à suivre le rythme de l’Italien Yohanes Chiappinelli (8’28’’41), qui s’est rapidement envolé. Mekhissi, tout en contrôle, et Kowal, qui avait un peu moins de marge, ont terminé respectivement deuxième en 8’28’’61 et troisième en 8’28’’75. « Le but était de courir intelligemment et de ne pas laisser trop de force », résume le recordman d’Europe. Djilali Bedrani, dans la première série, a couru également dans les mêmes eaux que ses coéquipiers. Cinquième en 8’29’’75, il s’est bien battu pour arracher la dernière place directement qualificative pour la finale.
Toujours en demi-fond mais sur 800 m, Rénelle Lamote (Pays de Fontainebleau Athlé) a fait belle impression en séries. Parfaitement placée en deuxième position toute la course derrière Hanna Hermansson, elle a contrôlé son effort pour franchir la ligne d’arrivée à un centième de la Suédoise, en 2’01’’34. Aurélie Chaboudez s’est, elle, qualifiée pour les demi-finales du 400 m haies, en prenant la troisième place de sa série en 57’’08 après une course propre.

Les éliminés

Cynthia Anaïs (Saint-Denis Emotion) et Claudia Saunders (Entente Sarthe Athlétisme) ont connu moins de réussite que Rénelle Lamote sur 800 m. La demi-fondeuse martiniquaise est la première éliminée au temps en 2’02’’27, après avoir pourtant pris ses responsabilités en menant. Quant à la Sarthoise, elle se classe quatrième de la série la plus tactique en 2’04’’46.

Et Aussi

Champalou est allée au bout

Lucie Champalou restera donc la première Tricolore à avoir terminé un 50 km en grand championnat. Pour sa première compétition de ce niveau, la marcheuse de l’Athlétic Trois Tours est partie sur des bases d’environ 4h40, soit un chrono inférieur d’environ huit minutes à son record personnel. Par une température dépassant allégrement les trente degrés, elle a logiquement baissé de rythme après la mi-course. Mais elle s’est accrochée jusqu’au bout pour terminer quatorzième en 4h52'38, sous les acclamations du public.

A Berlin, Florian Gaudin-Winer pour athle.fr
Photos : P. Millereau - J. Crosnier / KMSP / FFA

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