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Amdouni redonne le sourire à la France

Morhad Amdouni a décroché la première médaille de la France aux championnats d’Europe de Berlin en remportant le 10 000 m au terme d’une course pleine de maitrise, apportant du réconfort au clan tricolore après le zéro de Kevin Mayer à la longueur du décathlon et le forfait de Jimmy Vicaut sur 100 m.

La Médaille

Amdouni, le sacre du courage

En 2009, Morhad Amdouni faisait figure de valeur montante de l’athlétisme français. Il disputait à Berlin ses premiers Mondiaux, tout comme un certain Christophe Lemaitre, et avait quitté la compétition dès les séries du 5000 m. Les saisons suivantes, le sprinter aixois a accumulé les honneurs. Le Corse du club de Val d’Europe, lui, a enchaîné les blessures, encore cette année d’ailleurs, avec en particulier un déséquilibre récurrent au niveau du bassin qui l’oblige à suivre un programme de renforcement spécifique. Il a cru toucher du doigt une première récompense en 2016, lors du rendez-vous continental d’Amsterdam sur 5000 m, avant d’échouer à la quatrième place à neuf centièmes du podium. « Quand je revois la vidéo, à quarante mètres de l’arrivée, je m’imagine champion d’Europe », raconte-t-il encore aujourd’hui.
Mais son destin a basculé ce mardi, dans la touffeur de Berlin en finale du 10 000 m. « Aujourd’hui, je l’ai finie cette ligne droite. Cette fois, c’est moi qui suis passé devant », savoure le fondeur de 30 ans. Après une course pleine de patience, lors de laquelle il a su rester bien calé à l’avant du peloton sans s’épuiser en tête, l’assagi Amdouni a fait parler sa pointe de vitesse dans les cent derniers mètres. Il a alors déployé sa foulée interminable, les yeux exorbités, pour déborder le Belge Bashir Abdi (28’11’’76) et l’emporter en 28’11’’22, l’Italien Yemaneberhan Crippa complétant le podium en 28’12’’15. Il est le premier Français à monter sur le podium sur cette distance depuis le légendaire Alain Mimoun, en argent il y a soixante-huit ans.
« Morhad est quelqu’un qui a de la vitesse et de la hargne, souligne son entraîneur Philippe Dupont. Il est allé chercher cette victoire avec ses tripes. » Et ce n’est peut-être pas fini, puisqu’il sera samedi au départ de la finale du 5000 m. En attendant, il espère que d’autres Tricolores le rejoindront sur le podium. « Etre le premier Français médaillé d’or, ça me tenait vraiment à cœur. J’espère que ça va ouvrir la voie aux autres. »
Dans la même course, Florian Carvalho (US Nemours Saint-Pierre), qui lui a rendu un sacré service en le ravitaillant en eau par deux fois, s’est classé huitième en 28’29’’78 après avoir un peu coincé dans les deux derniers tours. Contrat rempli pour le Francilien, qui visait une place de finaliste. François Barrer (DAC Reims) a, lui, pris la vingt-sixième place en 30'22''91.

Les Promesses

Les hurdlers à leur meilleur

Ludvy Vaillant (AC Saléen) sera le seul Français en finale du 400 m haies. Mais les deux autres Bleus engagés, Victor Coroller et Muhammad Abdallah Kounta, n’ont pas à rougir de leur prestation. Vaillant a commis quelques erreurs sur les obstacles, qui lui ont sans doute coûté la victoire dans sa course. Reste qu’en terminant deuxième en 48’’88, à huit centièmes de l’Estonien  Rasmus Magï, il s’est approché à seulement douze centièmes de son record personnel. La finale dans deux jours, lors de laquelle il sera placé au couloir 7, s’annonce très ouverte derrière le Norvégien Karsten Warholm.
Victor Coroller et Muhammad Abdallah Kounta, tous les deux quatrièmes de leur demie, ne l’accompagneront pas. Mais ils ont montré qu’ils possèdent l’étoffe pour briller dans les grands championnats. Le sociétaire de Haute Bretagne Athlétisme, auteur des « sept meilleures premières haies de (s)a carrière », n’a pas réussi à adapter son schéma de course à ses « jambes de feu ». En 49’’34, il réalise tout de même la meilleure performance de sa saison. Muhammad Abdallah Kounta a, lui, réalisé une dernière ligne droite de folie, mais il partait de trop loin et a fini en 49’’58. L’athlète de l’EFS Reims Athlétisme, au discours plein de fraîcheur, donne déjà rendez-vous pour la suite : « Je vais aller bien plus vite plus tard. Et croyez-moi, je serai prêt ! »

Le Chiffre

1

Ninon Guillon-Romarin (EA Cergy Pontoise) n’a eu besoin que d’un saut, à 4,45 m, pour se qualifier en finale de la perche. Une grande première pour elle, qui valide son changement de stratégie effectué à la dernière minute. « Je n’avais pas imaginé ce cas de figure, retrace-t-elle. D’habitude, je commence à 4,35 m. Mais j’étais facile sur mon dernier saut à 4,45 m à l’échauffement. Donc je me suis dit : on tente ! Je suis contente de ce choix, qui m’a permis de ne pas trop laisser de jus. En plus, je finis sur une note positive. » De quoi aborder la finale en pleine confiance : « J’ai l’impression que le concours n’est pas fini, je suis limite frustrée et je n’ai qu’une hâte : le finir jeudi. » Avec une médaille autour du cou en conclusion, ce serait encore mieux. Marion Lotout (Stade Sottevillais 76) a, elle, quitté le sautoir déçue. Avec un meilleur saut à 4,35 m, elle rate une qualification qui était à sa portée.

Et Aussi

Zahi et Ombissa-Dzangue dans le top 8

Qualifiées en finale du 100 m, Carolle Zahi (Pays de Fontainebleau Athlétisme) et Orlann Ombissa-Dzangue (SCO Sainte-Marguerite Marseille) n’ont pas réussi à jouer les premiers rôles, lors d’une course remportée haut la main par la Britannique Dina Asher-Smith en 10’’85 (vent nul). Elles se classent septième en 11’’20 et huitième en 11’’29. Si Zahi avait le sourire après son effort, « contente d’avoir retrouvé des sensations » après avoir repris le sprint il y a à peine une semaine suite à un pépin physique, la frustration était beaucoup plus grande pour Ombissa-Dzangue. « J’ai foiré ma course, regrettait-elle. J’ai fait l’inverse de ce que m’avait dit mon coach, en relâchant sur la fin. » Les deux sprinteuses, qui disputaient leur première finale en grand championnat, auront beaucoup appris sur la piste bleue de Berlin. La route d'Orphée Néola (Athlétisme Le Bourget Drancy), troisième de sa course en 11''33 (+0,2m/s) après un départ raté. Sur la même distance mais chez les hommes, Amaury Golitin (EC Orléans Cercle Jules Ferry) a évolué loin de son meilleur niveau, avec une huitième place en demie en 10''55 (+0,2m/s).
Enfin, au décathlon, Ruben Gado (Clermont Athlétisme Auvergne) et Romain Martin (Lille Métropole Athlétisme) ont décidé de poursuivre leur compétition malgré leur zéro à la longueur, contrairement à Kevin Mayer. Le premier nommé a montré sur 400 m qu’il avait de la ressource, en abaissant son record à 47’’65. Il occupe la vingt-troisième place provisoire avec 3277 points, devant Romain Martin avec 3194 points. Ils vont pouvoir continuer à accumuler de l’expérience mercredi, même si leur total final sera forcément très éloigné de leurs ambitions de départ.

Photos : P. Millereau - J. Crosnier / KMSP / FFA

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