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Lamote marque les esprits

Rénelle Lamote a montré qu’elle était en grande forme en survolant sa demi-finale du 800 m en 1’59’’44, mercredi soir à Berlin. A la longueur, Guillaume Victorin termine finaliste pour son premier grand championnat avec 7,84 m. Meba-Mickael Zeze sur 200 m, Kafétien Gomis à la longueur, ainsi que Lolassonn Djouhan au lancer du disque, ont terminé aux portes du top 8 continental dans la capitale allemande.

La Perf'

Lamote en patronne

« Je pense que ma course n’a pas trop plu aux filles qui l’ont regardée. » Quelques minutes après avoir franchi la ligne d’arrivée de son 800 m, Rénelle Lamote a conscience d’avoir marqué les esprits. Si elle voulait rester dans l’ombre avant la finale, c’est raté. Meilleure performeuse continentale de la saison en 1’58’’83, elle a fait très forte impression dans sa demi-finale. En tête au rabattage, elle a pris la course à son compte. Régulière et parfaitement relâchée, elle a finalement lâché ses adversaires au train dans les deux cents derniers mètres pour l’emporter en 1’59’’44, loin devant la Britannique Adelle Tracey (1’59’’86). Le tout en se retournant à plusieurs reprises pour jauger ses adversaires.
Après une série courue avec le frein à main (2e en 2’01’’34), elle a cette fois passé la cinquième vitesse. Pas trop risqué, à deux jours d’une finale lors de laquelle la fraîcheur jouera un rôle primordial ? « J’ai l’habitude de m’entraîner sur des tempos de moins de deux minutes au 800 m, répond la demi-fondeuse de Pays de Fontainebleau. Pour moi, il est beaucoup plus agréable de courir comme ça que comme hier, où j’avais de moins bonnes sensations. J’ai l’impression d’avoir tout géré tranquillement. Ca été une des courses les plus agréables de ma carrière. »
La voilà affublée de la pancarte de favorite, ce qui ne la dérange pas : « Mon coach m’avait dit de montrer qui était la patronne. Ça me rajoute un peu de pression, mais je préfère cette position-là à celle des autres. » En finale, l’élève de Thierry Choffin changera sans doute de stratégie. « Il faudra être plus patiente, estime-t-elle. Ça n’est pas comme ça qu’on assure une médaille, sauf si on est excellente. » Ce qu’elle est actuellement. De quoi lui laisser le choix du scénario.

Le Temps Fort

Victorin dans le top 8

Pour sa première finale en grand championnat, Guillaume Victorin a tenu le choc. L’athlète du CA Montreuil 93, qui apprécie de sauter dans les grands stades avec une grosse ambiance, a décollé à 7,84 m (+0,3m/s) au troisième essai, alors qu’il était dos au mur à la neuvième place. Une performance qui lui a permis de gagner un rang et d’avoir droit à trois tentatives supplémentaires. Malheureusement, c’est Kafétien Gomis qui en a fait les frais. Le sauteur de 38 ans du Lille Métropole Athlétisme est lui aussi retombé à 7,84 m (-0,1m/s). Mais avec un moins bon deuxième essai que son compatriote, il a vu son concours s’arrêter là, avec une neuvième place finale.
Dans un concours remporté par le Grec Miltiadis Tentoglou avec 8,25 m (-0,3m/s), le podium s’est joué à 8,13 m, la performance de l'Ukrainien Serhii Nykyforov. « C’est vraiment dommage de ne pas avoir réussi à franchir la barrière des huit mètres, regrette Guillaume Victorin. Mais j’ai fait des fautes bêtes qui m’ont coûté cher. » Le bilan reste tout de même très positif pour le Français de 27 ans, qui a pris date. La frustration était plus grande pour Kafétien Gomis, déçu de sa prestation : « Je suis énervé contre moi-même. Je termine à la pire des places. » Il a promis qu’il n’en resterait pas là.

Et Aussi

Djouhan a beaucoup appris

Lolassonn Djouhan se souviendra pendant longtemps de l’atmosphère survoltée de sa première finale, avec le dernier concours de la légende allemande Robert Harting (sixième avec 64,33 m, alors que la victoire est revenue au Lituanien Andrius Gudzius avec 68,46 m). Le lanceur de l’EC Orléans Cercle Jules Ferry a d’ailleurs eu du mal à contrôler son stress. « Je me suis mis un peu trop la pression », reconnaît-il.
Conséquence : il a connu un début de compétition compliqué, avec un premier jet non validé et un deuxième à 56,85 m. Le troisième a été bien meilleur, avec 61,89 m. Une performance synonyme de neuvième place. « Le résultat est un peu mitigé, mais je me dis que j’apprends pour la suite. Ça fait un an que je suis dans le circuit professionnel, que je commence à côtoyer les meilleurs. » Eliminé en qualifications aux Mondiaux de Londres l’an dernier, aux portes du top 8 à Berlin, le protégé de Jacques Pelgas poursuit sa progression. Et tentera de gravir encore une marche l’an prochain.

Zeze et Chaboudez n’ont rien à regretter

Meba-Mickael Zeze a également été tout proche de s’offrir une place de finaliste. Plus saignant qu’en séries ce matin, le sprinter de la SCO Sainte-Marguerite Marseille a pris la quatrième place de sa demie en 20’’49 (+0,3m/s), à seulement trois centièmes du dernier qualifié au temps, le Britannique Adam Gemili. Il réalise le meilleur chrono de sa saison, au terme d’une course pleine au couloir 2.
En demi-finales du 400 m haies, Aurélie Chaboudez n’a pas non plus démérité. La hurdleuse de Montbéliard Belfort Athlétisme a pris tous les risques, avec un départ très rapide. Elle a finalement coincé dans les 150 derniers mètres, ce qui ne l’a pas empêchée d’améliorer son meilleur temps estival, avec une sixième place en 56’’19. « Petit à petit, je grappille sur les meilleures Européennes. L’écart se réduit », positive l’athlète entraînée par Bruno Gajer à Montpellier.
Sur 10 000 m, Sophie Duarte a souffert comme toutes les athlètes de la canicule, lors d’une journée où le thermomètre a dépassé les 35°C. Sans être à 100 % de ses capacités, après une préparation perturbée par des pépins physiques, la fondeuse du CA Balma a pris la dix-septième place de la finale en 33’56’’57. Le malheureux Stuart Dutamby (Lille Métropole Athlétisme) n’a, lui, pas pu défendre ses chances en demi-finales du 200 m. Après avoir passé le cap des séries ce matin, il a été victime d’un coup de chaleur à l’hôtel des Bleus et a dû déclarer forfait.
Enfin, les combinards Ruben Gado (Clermont Athlétisme Auvergne) et Romain Martin (Lille Métropole Athlétisme) sont, comme prévus, allés au bout de leur décathlon. Ils terminent respectivement dix-septième avec 7137 points et dix-huitième avec 7022 points. Le premier nommé s’est fait plaisir en remportant le 1500 m en 4’21’’49. Le titre est revenu à l’Allemand Arthur Abele avec 8431 unités.

A Berlin, Florian Gaudin-Winer pour athle.fr
Photos : P. Millereau - J. Crosnier / KMSP / FFA

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