MON ACCÈS
Mekhissi puissance cinq !

Mahiedine Mekhissi a remporté son cinquième titre européen en cinq participations aux championnats d’Europe, ce que personne n’avait réussi avant lui, en dominant le 3000 m steeple jeudi soir à Berlin. C’est la deuxième médaille du clan tricolore de la semaine, et la dixième en grands championnats pour le Rémois au palmarès XXL. Yoann Kowal, Ludvy Vaillant, Ninon Guillon-Romarin et Solène Ndama terminent à de belles places d’honneur.

La Médaille

Mekhissi, l’or après tant d’efforts

Sur la piste, sa démonstration a été implacable. « Il a montré une maîtrise totale, n’en revenait toujours pas Farouk Madaci, son entraîneur, quelques minutes après l’arrivée. Depuis deux ans, c’est la plus belle impression qu’il m’ait faite. » Toujours bien placé, Mahiedine Mekhissi a effectivement donné l’impression de tout contrôler pendant cette finale du 3000 m steeple. Aussi bien pendant la première moitié de course, courue avec le frein à main (3’02’’31 au 1000 m et 5’51’’62), que lorsque tout s’est emballé, à quatre tours de l’arrivée.
C’est à ce moment que l’Italien Yohanes Chiappinelli a placé une violente accélération. Sentant le danger, le demi-fondeur du Stade Sottevillais s’est tout de suite calé dans sa foulée. Et a à son tour attaqué, alors qu’il ne restait plus que 600 mètres. Un à un, ses adversaires ont lâché. Et le Français a pu se permettre de relâcher son effort après la dernière barrière, pour saluer la foule en lui montrant les cinq doigts de sa main.

En cinq championnats d’Europe, Mahiedine Mekhissi a remporté cinq médailles d’or. Une performance qui le fait entrer encore un peu plus dans l’histoire de sa discipline, puisqu’il est le premier à réaliser cet exploit. Mais derrière cette démonstration de force se cachent des années de travail et d’entraînement. Et c’est un athlète épuisé nerveusement qui s’est présenté devant la presse, en racontant avec humilité les efforts que représente ce nouveau titre : « Je suis un homme, pas une machine. J’essaye de répondre présent à chaque compétition. Je ne me fais pas beaucoup de cadeaux au quotidien. J’ai fait beaucoup de sacrifices. J’ai l’impression que je n’ai pas le droit de me louper. Je suis dur avec moi-même. En termes d’émotions, ça a été une des courses les plus dures que j’ai réalisées. »
Farouk Madaci, qui le suit au quotidien à Reims, ne peut être qu’admiratif : « C’est un récolteur de médailles. Ce qu’il fait est historique. Sa soif de breloques est inassouvie. » Son protégé aura peut-être l’occasion d’en décrocher une nouvelle samedi, en finale du 5000 m. Mais pour l’heure, Mahiedine Mekhissi n’avait qu’une envie : se reposer. « J’ai tellement puisé au fond de moi-même, soufflait-il. Je suis vidé en termes d’émotions. »
Yoann Kowal n’a pas été loin de l’accompagner sur le podium. Mais le steepleur de Dordogne Athlé, en manque de confiance, n’a pas osé suivre les coureurs de tête lorsque le rythme a accéléré. Auteur d’un gros finish, il n’a jamais pu revenir sur l’Espagnol Fernando Carro (2e en 8’34’’16) et l’Italien Yohanes Chiappinelli (3e en 8’35’’81), et termine au pied du podium en 8’36’’77. « Je n’ai que des regrets. J’ai fait la course qu’il ne fallait pas faire », regrettait-il à l’arrivée, très en colère contre lui-même. Pour sa première finale en grand championnat, Djilali Bedrani (SA Toulouse UC) a terminé à la dixième place en 8’41’’83.

Le Chiffre

34

Ludvy Vaillant a retranché trente-quatre centièmes à son record personnel ce jeudi soir, sur la piste bleue de Berlin, en coupant la ligne d’arrivée du 400 m haies en 48’’42.  Une superbe performance, qui ne lui a malheureusement pas suffi à monter sur le podium. Alors que le Norvégien Karsten Warholm (47’’64) et le Turc Yasmani Copello (47’’81, record national) bataillaient aux avant-postes pour le titre, Vaillant et Thomas Barr se disputaient la troisième place. C’est finalement l’Irlandais, placé juste à sa droite au couloir 8, qui s’offre la médaille de bronze à la faveur d’un dernier obstacle un peu mieux attaqué.
Quelques minutes après sa course, le Martiniquais de l’AC Saléen n’arrivait pas encore à apprécier son résultat à sa juste valeur : « C’est une quatrième place très frustrante et un record avec un petit goût amer. Honnêtement, je m’attendais à ramener une médaille. » Ce n'est que la deuxième fois dans l'histoire des championnats d’Europe qu'une performance de 48''42 ne suffit pas à monter sur la boîte. Le hurdler entraîné par Jean-Claude Berquier a encore une chance de décrocher une médaille à Berlin, avec le 4x400 m. « On va tout donner pour faire quelque chose de bien », promet-il.

Les Promesses

Ndama, l’avenir lui tend les bras

Les spectateurs du stade olympique de Berlin ont peut-être assisté à l’éclosion d’une future très grande de l’athlétisme. Bien sûr, Solène Ndama, championne d’Europe juniors l’an dernier, est loin d’être une inconnue. Mais en l’espace de deux jours, la polyvalente athlète du Bordeaux Athlé a franchi un énorme palier. Arrivée en Allemagne avec un record en 13’’01, elle avait abaissé son record de treize centièmes en séries. Un gouffre. Elle a mis une nouvelle claque à son meilleur chrono en demies, en 12’’77 (+0,2m/s). « Je ne m’attendais pas du tout à ça, rembobine-t-elle. Même mes entraîneurs m’ont dit : qu’est-ce qui t’arrive ? ».
Complètement décomplexée, la hurdleuse de 19 ans a attaqué la finale sans se poser de questions, alors qu’un orage venait enfin arroser la piste bleue et refroidir l’atmosphère surchauffée. Dans la course au podium jusqu’au septième obstacle, sur lequel elle a été fortement déséquilibrée. Elle n’a pas eu d’autre choix que de faire tomber la haie suivante et a donc été disqualifiée, la victoire revenant à la Biélorusse Elvira Herman en 12’’67. Pas de quoi faire perdre son grand sourire à la révélation des Bleus, dont la fraîcheur laisse espérer de beaux lendemains. « J’ai fait une finale de championnats d’Europe, c’est quand même cool. Même si je suis un peu déçue car le podium était à 12’’77, ça n’est pas grave, j’ai 19 ans et la vie continue. » Malgré son superbe championnat, pas question, pour l’instant, d’abandonner l’heptathlon. « Si ça ne marche pas un jour, je passerai sur les haies. Mais pour l’instant, ce sont les combinées. Ecrivez tous ça ! » Le message est passé.

Guillon-Romarin engrange de l’expérience

Ninon Guillon-Romarin avait également le sourire à l’issue de son concours. Auteure d’une entame parfaite, avec des barres à 4,45 m, 4,55 m et 4,65 m franchies au premier essai, la perchiste de l’EA Cergy-Pontoise a coincé à 4,70 m. « Au premier essai, je suis au-dessus de la barre mais je ne finis pas mon saut. A ce niveau, c’est l’expérience qui joue. Je n’ai pas cinquante concours à plus de 4,70 m derrière moi, mais quatre. Par rapport à d’autres filles, il me manque du bagage. » Cinquième d’un concours marqué par le doublé des Grecs Ekaterini Stefanidi (4,85 m, record des championnats) et Nikoleta Kiriakopoulou, l’élève de Sébastien Homo et Manu Chapelle franchit un nouveau palier.

La Décla

« On est restées un moment sur ces chaises. C’est tout nouveau pour nous, on n’a pas l’habitude. Je crois que j’aurais préféré refaire un 400 m plutôt que d’attendre comme ça. C’était insoutenable ! J’ai pas mal conversé avec ma collègue. On était là à blaguer pour essayer de détendre un peu l’atmosphère. On faisait nos petits pronostics (sur les résultats des autres athlètes). Le meilleur moment, ça a été quand on est tombé dans les bras l’une de l’autre. »

Floria Gueï se souviendra pendant longtemps de sa première expérience su les « hot seats » aux côtés de la Hollandaise Lisanne de Witte, cette nouvelle zone où doivent patienter les athlètes qui peuvent espérer une qualification pour le tour suivant. Surtout qu’elle s’est bien terminée, puisque en bouclant son tour de piste en 51’’50, sa meilleure performance de la saison, la sprinteuse de l’Entente Sud Lyonnais a décroché le dernier billet qualificatif pour la finale. Elle va désormais bénéficier d’un jour de repos, qui « va faire du bien physiquement et mentalement ».

Et Aussi

Turpin vire en douzième position

Auteures d’un début d’heptathlon très prometteur ce matin, Esther Turpin (RC Arras) et Diane Marie-Hardy (Entente Sud Lyonnais) ont été moins à leur avantage dans la soirée. En retrait au poids  avec des jets à respectivement 12,42 m et 12,66 m, elles ont été chronométrées en 25’’16 et 24’’86 sur 200 m. Esther Turpin occupe la douzième place du classement provisoire avec 3585 points, alors que Diane Marie-Hardy est vingt-deuxième avec 3460 unités. Enfin, sur 100 m haies, l’aventure s’est arrêtée en demi-finales pour Laura Valette (Nantes Métropole Athlétisme) avec un chrono de 13’’22 (+0,3m/s).

Photos : P. Millereau - J. Crosnier / KMSP / FFA

INFORMATIONSFORMATIONCOMMUNAUTÉBASES DE DONNÉESMÉDICALBOUTIQUE
NOS PARTENAIRES
CONDITIONS D'UTILISATION MENTIONS LÉGALES CONTACTS