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PML au sommet

Pascal Martinot-Lagarde a remporté le premier titre international de sa carrière en plein air en dominant Sergey Shubenkov en 13’’17, lors de la finale du 110 m haies. Rénelle Lamote a décroché sa deuxième médaille d’argent consécutive sur 800 m, portant ainsi à quatre le total de médailles de la France, qui compte également quatre nouveaux finalistes.

Les Médailles

Deux millièmes pour la gloire

« La piste est encore mouillée. J’ai lâché toutes mes larmes. » Pascal Martinot-Lagarde en a tellement bavé, pendant des années, que l’émotion l’a submergé avant même de connaître le résultat de cette finale du 110 m haies incroyablement serrée. Quelques secondes plus tôt, il venait de livrer face à Sergey Shubenkov, grand favori avec ses 12’’92 estivaux, « un combat » et même « une course méchante », selon ses propres mots. Mieux sorti des blocks que le Russe, le hurdler de l’ES Montgeron se retrouve au coude à coude avec son adversaire numéro un toute la course. Les deux hommes se jettent en même temps sur la ligne, Shubenkov tombant même au sol après son cassé. Le début d’une longue attente.
La suite, c’est PML qui la raconte : « Quand je passe la ligne, je ne sais pas que j’ai gagné. Je suis dans l’émotion d’avoir réussi à rapporter une médaille. Je suis au moins fier de moi. Je commence à pleurer, et là, je reçois un drapeau sur mes épaules. J’ai tout de suite su que j’étais champion d’Europe, en entendant le public crier. Ça m’est allé droit au cœur. » En 13’’17, l’élève de Benjamin Crouzet devance de deux millièmes le Russe et monte pour la première fois de sa carrière sur la plus haute marche du podium lors d’un grand championnat seniors en plein air.

Après la frustration, le bonheur

Sa seule médaille hors indoor remontait à Zurich il y a quatre ans, lorsqu’il avait décroché le bronze suite à la disqualification de Dimitri Bascou, le champion d'Europe en titre. Ce vendredi, la couleur n’est pas la même, et le bonheur tellement plus intense. « J’avais l’habitude de repartir des championnats frustré, retrace-t-il. Regardez les J.O. 2016, quatrième, Pékin 2015, quatrième. L’an dernier, j’avais la jambe dans un plâtre. J’ai emprunté un chemin vraiment compliqué et, aujourd’hui, je suis champion d’Europe. Je savoure un maximum cette victoire. » Peut-être la première d’une longue série, maintenant qu'il a trouvé la clé de la gagne.

Lamote, l’argent double

C’est une finale aux airs de déjà-vu. Comme il y a deux ans à Amsterdam, Rénelle Lamote a coupé la ligne d’arrivée du 800 m en deuxième position derrière Nataliya Pryshchepa. La demi-fondeuse entraînée par Thierry Choffin au pôle de Fontainebleau a beaucoup fait l’extérieur, était encore en tête à soixante mètres de l’arrivée, mais n’a pas pu résister au retour de l’Ukrainienne, vainqueur en 2’00’’38 contre 2’00’’62 pour elle, alors qu’Olha Lyakhova, la compatriote de Pryshchepa, monte sur la troisième marche du podium en 2’00’’79.
Un résultat qui lui laisse une pointe d’amertume : « Je ne suis pas déçue de faire deuxième mais de ma course, explique l’athlète de Pays de Fontainebleau. J’ai rempli ma mission en ramenant une médaille. Mais avec ce qui était prévu, j’étais capable de décrocher l’or. Je fais l’erreur de partir trop doucement. Je devais m’imposer, exister dans la course. Je n’ai rien fait de tout ça. J’avais l’impression d’être dans une machine à laver, tirée dans tous les sens. »
Avec un peu plus de recul, la désormais double vice-championne d’Europe pourra commencer à apprécier à sa juste valeur sa performance. Et se rappeler qu’elle revient de très loin, après deux années gâchées par les blessures. En 2016, elle n’avait pas eu le temps de savourer sa deuxième place continentale, les Jeux olympiques de Rio approchant à grands pas. Cette fois, c’est sûr, elle finira par la fêter comme il se doit. Voilà déjà une belle différence.

Le Chiffre

1

En prenant la sixième place de la finale du lancer du javelot grâce à un premier essai à 60,01 m, Alexie Alaïs a écrit une nouvelle page de l’histoire de la discipline en France. Elle est en effet la première Tricolore à intégrer le top 8 lors des championnats d’Europe. Evelyne Pinard en 1950 et Nathalie Teppe en 1994 s’étaient bien qualifiées en finale. Mais elles avaient dû respectivement se contenter des onzième et neuvième places. La lanceuse du CA Montreuil 93, coachée par le couple Magalie Brisseault Waldet - David Brisseault, a déjà gravi une marche supplémentaire, lors d'un concours dominé aisément par l'Allemande Christin Hussong avec 67,90 m, record des championnats. En revenant de loin, puisqu’une « grosse hernie discale » l’avait clouée au lit pendant quinze jours et avait failli la pousser mettre un terme à saison prématurément.
« Je suis contente, je n’ai rien à regretter et je me suis amusée », s’exclame-t-elle avec insouciance. Elle a conscience que sa performance va faire beaucoup de bien à sa discipline. « J’avais envie de frapper fort et qu’on voie différemment le javelot en France. On va enfin reparler de mon épreuve dans le bon sens et ce que j’ai fait va peut-être faire rêver des jeunes », espère l’athlète de 23 ans, qui a tout l’avenir devant elle.

La Décla

« Je me suis dit que j’allais prendre les commandes de l’avion, mais je me suis un peu crashé à l’arrivée ! »

Adepte des métaphores, Pierre-Ambroise Bosse avait enfilé sa tenue de pilote de planeur ce jeudi soir, pour les demi-finales du 800 m. Après avoir repéré que la première course ne s’était pas courue très vite, le demi-fondeur de l’US Créteil a pris les commandes de la sienne dès le rabattage. Et si les cinquante derniers mètres ont été très durs, il a réussi à franchir la ligne d’arrivée à la troisième place, directement qualificative pour sa quatrième finale européenne consécutive, en 1’46’’21.
Devancé par les Polonais Adam Kszczot (1’46’’11) et Michal Rozmys (1’46’’17), il sait qu’il devra particulièrement se méfier du premier nommé ce samedi soir, alors que plusieurs clients sont passés à la trappe, à l’image de l’Espagnol Saul Ordonez, détenteur de la meilleure performance européenne de l’année (1’43’’65). « Kszczot, c’est comme s’il avait voulu me narguer, rigole à moitié l’athlète entraîné par Alain Lignier. J’ai ressenti ça à l’arrivée de la course. Je vais essayer d’inverser la vapeur demain. »

Et Aussi

Les tripleuses dans le top 8

Jeanine Assani Issouf (Limoges Athlé), septième avec 14,12 m (+0,2m/s), et Rouguy Diallo (Nice Côte d’Azur Athlétisme), huitième avec 14,08 m (+0,7m/s), terminent pour la première fois finalistes lors d’un grand championnat en plein air. Un résultat qui ne suffisait pas à satisfaire les deux triple sauteuses, qui visaient le podium aujourd’hui. La première nommée a été handicapée par une douleur à l’ischio jambier, apparue lors de son dernier saut à l’échauffement. La seconde n’a jamais réussi à régler sa course d’élan. Dommage car le podium n'avait rien d'utopique, avec la victoire de la Grecque Paraskevi Papahristou (14,60 m), devant l'Allemande Kristin Gierisch (14,45 m) et l'Espagnole Ana Peleteiro (14,44 m).  A 25 et 23 ans, les deux athlètes auront encore d’autres occasions de briller dans le futur. Aurel Manga, lui, affichait un large sourire après avoir pris la septième place du 110 m haies en 13’’51. « En avril, je pense que personne n’aurait parié sur moi pour une finale européenne, confiait le hurdler du CA Montreuil 93. Je reviens d’assez loin. » Garfield Darien avait quitté la compétition dès les demi-finales, en terminant troisième de sa course en 13’’46 (+0,8m/s).
Enfin, à l’heptathlon, Esther Turpin n’a pas démérité avec une onzième place finale grâce à un total de 6093 points. Après avoir alterné « les très hauts et les très bas », la combinarde du RC Arras avait conscience d'avoir beaucoup appris lors de ces championnats ». Sa coéquipière Diane Marie-Hardy (Entente Sud Lyonnais) s’est, elle, classée dix-huitième avec 5794 unités.

A Berlin, Florian Gaudin-Winer pour athle.fr
Photos : P. Millereau - J. Crosnier / KMSP / FFA

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