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Ombissa-Dzangue, la sprinteuse très pressée

L’athlète de la SCO Sainte-Marguerite Marseille entre en lice ce mardi soir en demi-finales du 100 m. Pour son premier grand championnat en individuel à 27 ans, la jeune maman vise une médaille. Histoire de rattraper le temps perdu, après une longue coupure de six années.

Devant les journalistes qui l’interrogent au club France, dans le quartier des ambassades, elle affiche un curieux mélange de fraîcheur et d’aplomb. A la fois surprise d’être ici, à Berlin, pour disputer son premier grand championnat en individuel à 27 ans, et en même temps bien décidée à ne se laisser impressionner par personne. C’est qu’Orlann Ombissa-Dzangue revient de très loin. « Ces dernières années, je regardais ces compétitions à la télé », rappelle la sprinteuse de la SCO Sainte Marguerite Marseille.
Car oui, cas unique en équipe de France actuellement, l’athlète entraînée par Franck Né a quitté les pistes pendant six ans. Petit retour en arrière. Après avoir débuté l’athlétisme à Sens à l’automne 2007 « par hasard », Orlann est sacrée quatre mois plus tard vice-championne de France cadettes du 60 m. Une trajectoire express, qui se traduit en 2010 puis en 2011 par des sélections pour les Mondiaux juniors et les Europe espoirs, avant de brutalement s’interrompre la même année, alors qu’elle n’a que 20 ans. « L’athlétisme, ça n’est pas ma passion à la base, explique-t-elle avec franchise. J’étais partie à l’Insep et j’en ai eu ras-le-bol. Je n’avais plus l’envie. »
Retirée des stades, elle donne naissance à son premier enfant, Kahyl, aujourd’hui cinq ans. Et coupe avec le milieu de l’athlé, jusqu’à ce que l’appel des pistes résonne de plus en plus fortement dans sa tête en 2017. « Je voyais toutes les filles que j’avais côtoyées en équipe de France jeunes à la télé, raconte l’Icaunaise. Et je me disais que c’était dommage de ne pas être avec elles. Ça m’a donné envie de reprendre. » Après six ans d’arrêt complet et sans coach, elle réussit en seulement six mois à exploser son record personnel sur 100 m, en terminant deuxième en 11’’30 des championnats de France Elite. Puis elle s’installe en novembre 2017 à Marseille, pour suivre les conseils de Franck Né. Un choix payant, avec un record abaissé à 11’’06 à Albi mi-juillet, lors du grand rendez-vous national.

Plus de temps à perdre

Orlann Ombissa-Dzangue est une athlète pressée, qui sait qu’elle n’a plus de temps à perdre. Son fils Kahyl, présent à ses côtés à Marseille lors des premiers mois, est reparti à Sens en février, où il est pris en charge par la famille de la sprinteuse. « Avec les déplacements et notamment les cinq stages obligatoires avec le relais, ça n’était pas évident à gérer, explique cette dernière. A l’entraînement, je ne peux pas perdre de temps. »
En compétition non plus, comme elle l’affirme sans se faire prier : « Une médaille à Berlin, ça serait une récompense après tous mes sacrifices et cette année de galère. Je n’ai rien à perdre. Je veux monter sur le podium pour remercier Franck (Né) et ma famille. » Si elle passe ce soir le cap des demi-finales du 100 m, elle abordera la finale sans complexes face aux têtes d’affiche Dina Asher-Smith, Mujinga Kambundji et Dafne Schippers, qui possèdent toutes des records inférieures à 11’’. « Je me dis que ça fait des années qu’elles sont là, et je fais limite les mêmes chronos qu’elles », rigole Orlann, avant de s’éclipser.

A Berlin, Florian Gaudin-Winer pour athle.fr

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