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Djouhan presque à domicile !

Le lanceur de disque, qui disputera ce soir la finale dans le stade olympique, a passé en 2015 huit mois à Potsdam, dans la banlieue de Berlin. Une expérience qui lui a permis de découvrir la passion des Allemands pour les lancers.

Lorsqu’il a vu des spectateurs débarquer au centre d’entraînement de Potsdam pour assister aux séances des lanceurs, Lolassonn Djouhan a été surpris. Il faut dire que le spécialiste du disque de l’EC Orléans Cercle Jules Ferry n’était pas habitué à susciter un tel intérêt dans l’Hexagone, même s’il pouvait parfois compter sur la présence de quelques curieux aux abords de la cage. En Allemagne, il a aussi pris l’habitude d’être régulièrement interpellé dans la rue. « Je ne sais pas si c’est parce qu’ils connaissent les gros ‘’gabs’’, mais les gens viennent au contact et me demandent si je suis un sportif », raconte-t-il en souriant.
En passant huit mois outre-Rhin en 2015, sous la forme de séjours de trois semaines entrecoupés de retours en France, Lolassonn a découvert un pays où les lancers sont rois. Avec comme symbole cette immense photo de Christoph Harting affichée actuellement sur une tour de Berlin, dans le cadre d’une opération de promotion. « Chez nous, c’est réservé aux footballeurs », remarque l’élève de Jacques Pelgas au pôle de Boulouris.
En périphérie de Berlin, Lolassonn Djouhan a pu côtoyer les meilleurs lanceurs allemands, dont trois figurent actuellement dans le top 6 mondial : Christoph Harting (67,59 m), Martin Wierig (66,98 m) et Daniel Jasinski (66,59 m). Il a surtout pu compter sur les conseils du recordman du monde du disque, le légendaire Jürgen Schult. « C’est lui qui a été l’élément déclencheur de ma carrière, affirme le Français de 27 ans. Ça n’a pas payé tout de suite au niveau des performances, mais il m’a apporté pas mal de choses dans ma réflexion technique. »

Moins de pression qu’avant

Autant dire que le deuxième meilleur performeur français de tous les temps (65,10 m en 2017) accepte sans hésiter les invitations à disputer des compétitions en Allemagne. Comme en janvier dernier, lorsqu’il a participé à un concours organisé en salle à Berlin. « C’était le feu, s’enthousiasme-t-il. A chaque jet au-delà des 60 mètres, tout le monde criait. Tu n’avais même pas besoin de demander la claque, c’était automatique. S’il y a un meeting que j’ai adoré dans ma carrière, c’est celui-là. » Il espère retrouver ce soir une ambiance aussi intense. « Ça va être l’épreuve phare, anticipe-t-il. En plus, c’est le meilleur plateau de lancers au monde. »
Pour éviter de se laisser envahir par la pression, il pourra s’appuyer sur l’expérience acquise à Londres l’an dernier. Dans la capitale anglaise, il avait pris la treizième place des qualifications à seulement deux centimètres d’un billet pour la finale, après avoir ressenti « un gros coup de flip ». « J’ai eu ma dose de stress avant. Maintenant, je suis un peu plus sûr de moi », promet-il. Freiné dans sa préparation par un accident de voiture le 8 juin, une semaine après avoir réalisé son meilleur jet de la saison à Angoulême (64,05 m), Lolassonn Djouhan a depuis repris sa marche en avant avec une performance à 63,48 m lors de la World Cup mi-juillet. « A la bagarre en qualifications hier » avec une neuvième place grâce à un deuxième jet à 62,54 m, il vise ce soir « le top 5 européen ». Pour poursuivre son idylle avec l’Allemagne.

A Berlin, Florian Gaudin-Winer pour athle.fr

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