MON ACCÈS
Lamote, une histoire de patience

Rénelle Lamote, qui disputera ce soir la finale du 800 m, a dû apprendre à tempérer sa fougue pour progresser. Ce qui n’empêche pas le naturel de parfois revenir au galop, comme en demi-finales mercredi.

Etre généreuse n’est pas toujours un atout quand on est athlète. Surtout si l’on pratique le 800 m, comme Rénelle Lamote. Jamais avare de ses efforts, l’élève de Thierry Choffin au pôle de Fontainebleau a, pendant longtemps, eu tendance à enchaîner les tours en grands championnats en se donnant à fond à chaque fois. Ce qui lui a coûta peut-être une médaille d’or aux Europe d’Amsterdam en 2016, lorsqu’émoussée en arrivant en finale, elle termina deuxième derrière l’Ukrainienne Nataliya Pryshchepa.
« Je me suis rendu compte que j’avais tendance à trop en mettre émotionnellement et physiquement, expliquait la Française dans le dernier numéro d’Athlétisme Magazine. Maintenant, je sais que si je veux remonter sur le podium ou même gagner un jour, il faudra que je sois beaucoup plus économe dans ma façon de courir. » Un précepte qu’elle a réussi à appliquer à Berlin en séries, en en gardant sous le pied derrière la Suédoise Hanna Hermansson pour conserver la deuxième place en 2’01’’34. Mercredi, en demi-finales, elle a cependant « rechuté ». En tête dès le rabattage, elle a réalisé une course pleine de panache pour l’emporter en 1’59’’44. Pas forcément l’idéal pour attaquer la finale avec le maximum de fraicheur, même si elle affirmait après ses deux tours de piste avoir eu « l’impression de tout gérer tranquillement », tout en faisant le plein de confiance.

La « libération » à Paris

La patience, Rénelle Lamote a pourtant dû apprendre à la cultiver depuis 2016. Pas épargnée par les blessures, avec entre autres une fissure au pied tenace en année olympique et un claquage en 2017, la sociétaire de Pays de Fontainebleau Athlétisme a été privée de 800 m pendant près de deux ans. Le retour sur sa distance de prédilection a logiquement été « un peu difficile. Je me sentais en forme mais je manquais de repères, rembobine-t-elle. Je pensais que ça reviendrais beaucoup plus vite. J’ai mis du temps à retrouver des sensations en compétition. » « La libération », selon sa propre expression, a finalement eu lieu lors du meeting de Paris, avec son premier chrono de l’été sous les deux minutes, en 1’59’’25. Elle a ensuite confirmé à Monaco fin juillet, avec un temps d’1’58’’83 qui lui a offert la tête des bilans européens.
Lors de ses deux courses en Diamond League, la demi-fondeuse de 24 ans a dû se faire violence pour ne pas tenter de suivre le rythme effréné imposé par les têtes d’affiche de la discipline, à commencer par la dynamiteuse de peloton Caster Semenya. « Il fallait que j’apprenne à accepter d’être derrière. Je prenais peut-être trop de risques jusque-là, alors que lors d’un 800 m, on a le temps de se replacer. J’ai appris à mieux gérer mon effort. » Sauf que son tempérament d’attaquante finit parfois par la rattraper, comme en demi-finales. Ce soir, face à des adversaires du calibre de la championne d’Europe en titre Nataliya Pryshchepa, elle ne reproduira sans doute pas la même stratégie. « Il faudra être plus patiente, se projetait-elle quelques minutes après sa qualification. Ce n’est pas comme ça qu’on assure une médaille, sauf si on est excellente. »

A Berlin, Florian Gaudin-Winer pour athle.fr

INFORMATIONSFORMATIONCOMMUNAUTÉBASES DE DONNÉESMÉDICALBOUTIQUE
NOS PARTENAIRES
CONDITIONS D'UTILISATION MENTIONS LÉGALES CONTACTS