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Dix médailles à savourer

Retour sur les dix récompenses glanées par les Bleus lors du grand rendez-vous continental, organisé dans la capitale allemande. Des médailles qui ont toutes une histoire différente, mais qui partagent la même belle saveur.

Les plus touchantes
Morhad Amdouni, 1er du 10 000 m en 28’11’’22 et 3e du 5000 m en 13’19’’14

En montant sur la plus haute marche du podium du 10 000 m et sur la troisième du 5000 m, Morhad Amdouni a ému les passionnés d’athlé. Car le Corse du club de Val d’Europe en a bavé au cours de sa carrière, hachée par les pépins physiques avec en particulier un déséquilibre au niveau du bassin qui le poursuit depuis de longues saisons. Mais il était dit qu’à 30 ans, il serait enfin récompensé de tous ses efforts. Ce fut en finale du 10 000 m, lorsqu’il surgit à cent mètres de l’arrivée pour déborder le Belge Bashir Abdi de sa foulée interminable pour l’emporter en 28’11’’22. « Ce stade est mythique pour moi, ça a été un combat depuis les Mondiaux 2009 », racontait après sa course le fondeur entraîné par Philippe Dupont, qui avait été éliminé en séries à l’époque. Il gardera un meilleur souvenir de Berlin 2018 puisque, quatre jours plus tard, il s’offrait cette fois le bronze en 13’19’’14, derrière les intouchables frères Ingebrigtsen, Jakob (13’17’’06) et Henrik (13’18’’75).

Retrouvez les fin de courses de Morhad Amdouni en cliquant ici pour le 10 000 m et ici pour le 5000 m

La plus historique
Mahiedine Mekhissi, 1er du 3000 m steeple en 8’31’’66

Pourquoi continuer à enquiller les bornes à l’entraînement et à se mettre la pression lorsqu’on a presque tout gagné ? « Pour marquer l’histoire », répond Mahiedine Mekhissi. Sacré champion d’Europe du 3000 m steeple en 8’31’’66, le recordman continental a décroché, sur la piste bleue de Berlin, son cinquième titre en cinq championnats d’Europe, son quatrième sur sa distance de prédilection. « Ce qu’il fait est historique. Sa soif de breloques est inassouvie », confiait au soir de sa victoire, presque abasourdi, Farouk Madaci. Cerise sur le gâteau, le coach rémois assurait n’avoir pas vu une course aussi impressionnante du steepleur du Stade Sottevillais 76 depuis deux ans, avec notamment un dernier 600 m d’une grande maîtrise aux avant-postes. A 33 ans, Mahiedine Mekhissi continue à ne rien lâcher. Epuisé nerveusement, il n’a d’ailleurs finalement pas pris le départ du 5000 m. Malheureusement pour ses adversaires, l’heure de la retraite sportive n’a visiblement pas encore sonné.

Retrouvez la course de Mahiedine Mekhissi en cliquant ici

La plus serrée
Pascal Martinot-Lagarde, 1er du 110 m haies en 13’’17

Ce n’est qu’en sentant un drapeau bleu, blanc, rouge sur ses épaules et en entendant le public crier que Pascal Martinot-Lagarde a compris. Compris qu’il était champion d’Europe du 110 m haies, lui l’abonné aux places d’honneur en plein air. Déjà en larmes, l’émotion l’a encore plus submergé lorsque le résultat s’est affiché sur le panneau électronique, après de longues secondes d’attente. Pour deux millièmes (163 contre 165), le hurdler de l’ES Montgeron a fait honneur au légendaire cassé « à la française » en l’emportant en 13’’17, dans le même centième que le Russe sous pavillon neutre Sergey Shubenkov qui s’était pourtant jeté sur la ligne jusqu’à tomber au sol après l’avoir franchie. En 2014 à Zurich, PML avait survolé les étapes de la Diamond League pendant tout l’été, avant de se faire damer le pion en Suisse (seulement 3e, après la disqualification de Dimitri Bascou). Cette fois, l’élève de Benjamin Crouzet a inversé la tendance, devenant ainsi le quatrième Français à décrocher la couronne sur les haies hautes.

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La plus inattendue
Clémence Calvin, 2e du marathon en 2h26’28’’

Si sa superbe saison estivale, avec un record de France du 10 km (31’20’’) et un record personnel sur semi-marathon (1h09’49’’), prouvait qu’elle était en grande forme, les débuts de Clémence Calvin sur marathon à Berlin n’avaient rien d’évident. Les 42,195 km ont piégé tant d’athlètes brillants par le passé. Mais pour son coup d’essai, la fondeuse de Martigues Sport Athlétisme a réalisé un coup de maître. Suivie à vélo par son compagnon et entraîneur Samir Dahmani, elle a parfaitement géré sa course en réalisant même un negative split, avec un passage à mi-parcours en 1h14’, avant d’accélérer le rythme pour terminer en 2h26’28’’. Seule l’impressionnante Biélorusse Volha Mazuronak a réussi à la devancer au sprint, avec une avance de six secondes. Mère d’un petit garçon depuis seulement 18 mois, Clémence Calvin peut rêver d’un avenir doré sur marathon.

Retrouvez la fin de course de Clémence Calvin en cliquant ici

La plus impressionnante
Alexandra Tavernier, 2e du lancer du marteau avec 74,78 m

Dans la foulée de sa médaille de bronze surprise aux Mondiaux 2015, on promettait monts et merveilles à Alexandra Tavernier. A commencer par le record de France de Manuéla Montebrun, établi en 2005 par la Lavalloise avec un jet à 74,66 m. Finalement, la Savoyarde aura mis trois ans à effacer la marque de son aînée. Trois ans pendant lesquels elle aura beaucoup douté avant de se reconstruire mentalement et physiquement, après avoir quitté Paris pour rejoindre Gilles Dupray dans le Trégor. Et c’est donc à Berlin qu’elle s’est enfin emparée de la meilleure marque nationale, avec un mémorable premier essai à 74,78 m. Deuxième derrière la patronne de la spécialité, la Polonaise Anita Wlodarczyk (78,94 m), la lanceuse d’Annecy Haute-Savoie va poursuivre sa saison en participant notamment à la coupe intercontinentale à Ostrava, les 8 et 9 septembre prochains. « Ça n’est que du bonheur, cette récompense a la saveur du travail qui a payé », confiait-elle, rayonnante, après son concours. Consciente d’être capable de bien plus, à l’image de ce premier jet encore très perfectible.

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La plus encourageante
Rénelle Lamote, 2e du 800 m en 2’00’’62

Après deux années de galères, Rénelle Lamote a retrouvé les joies du podium. Comme en 2016 à Amsterdam, elle a décroché l’argent derrière Nataliya Pryshchepa, en 2’00’’62 contre 2’00’’38 pour l’Ukrainienne. Alors bien sûr, la demi-fondeuse de Pays de Fontainebleau Athlétisme avait peut-être l’or dans les jambes, si elle n’avait pas tant fait l’extérieur en ayant « l’impression d’être dans une machine à laver ». « J’ai fait l’erreur de partir trop doucement. Je devais m’imposer, exister dans la course. Je n’ai rien fait de tout ça », regrettait-elle quelques minutes après l’arrivée. Mais depuis, la protégée de Thierry Choffin a eu le temps de relativiser et de fêter sa médaille. A 24 ans, elle a encore de belles années devant elle. Et sa demi-finale, bouclée en solitaire en 1’59’’44, prouve qu’elle n’a rien perdu de son panache.

Retrouvez la course de Rénelle Lamote en cliquant ici

La plus collective
Le 4x400 m féminin, 2e en 3’27’’17

Sur le papier, elles ne sont pas les plus fortes individuellement. Mais depuis quatre ans et leur titre de Zurich, les Bleues ont acquis une confiance qui leur permet de faire des miracles en relais. De l’aventure suisse reste Floria Gueï, l’inamovible dernière relayeuse, ainsi qu’Agnès Raharolahy et Estelle Perrossier. Mais si le relais a été à moitié renouvelé, l’état d’esprit reste le même. « Bizarrement, avec le 4x400 m, on arrive toujours à sortir des trucs qu’on devrait réussir à faire tout au long de l’année. On se transcende », confirme Agnès Raharolahy. Avec également Elea-Mariama Diarra et Déborah Sananes en finale, ainsi qu’Estelle Perrossier en séries, les Tricolores ne sont pas passées loin d’une nouvelle victoire. Elles terminent deuxièmes en 3’27’’17, derrière les Polonaises en 3’26’’59. Systématiquement sur le podium au niveau continental depuis six ans, les Tricolores visent maintenant une première récompense mondiale, à Doha l’an prochain ou à Tokyo en 2020.

Retrouvez la fin de course du 4x400 m féminin en cliquant ici

La plus dingue
Renaud Lavillenie, 3e à la perche avec 5,95 m

Il y a neuf ans, pour ses premiers Mondiaux en plein air, Renaud Lavillenie quittait le stade de Berlin la mine maussade, malgré une troisième place. Le perchiste du Clermont Athlétisme Auvergne a depuis pris de la bouteille et gagné en maturité. En bronze avec 5,95 m, il affichait dimanche un sourire rayonnant en arrivant devant la presse. C’est qu’il avait déjà conscience d’avoir participé à un concours d’anthologie remporté par le prodige suédois Mondo Duplantis avec 6,05 m, record du monde juniors, devant le Russe sous pavillon neutre Timur Morgunov, 6 m. « C’est important d’avoir contribué à construire ce moment incroyable de notre sport », soulignait l’élève de Philippe d’Encausse. Médaillé pour la dix-huitième fois de sa carrière en grand championnat, Renaud Lavillenie, très proche de Duplantis qu’il considère comme un « petit frère », ne veut cependant pas entendre parler de prise de pouvoir du plieur de gaule de 18 ans. Et rappelle, à juste titre, que c’est bien lui qui a été sacré champion du monde en salle en mars dernier.

Retrouvez une partie du concours de Renaud Lavillenie en cliquant ici

La plus osée
Pierre-Ambroise Bosse, 3e du 800 m en 1’45’’30

S’il y a bien une chose que l’on ne peut pas reprocher à Pierre-Ambroise Bosse, c’est son sens du spectacle. A Londres l’an dernier, le sociétaire de l’US Créteil avait dynamité la finale mondiale du 800 m en attaquant à 300 m de l’arrivée pour aller glaner un improbable titre. Cette fois, c’est dès la mi-course qu’il a secoué le peloton, en se portant en tête à la faveur d’une violente accélération. Un choix tactique qui ne lui a laissé aucun « regret », tant le Polonais Adam Kszczot, vainqueur en 1’44’’59, était au-dessus du lot ce jour-là. Dans la dernière ligne droite, l’athlète entraîné par Alain Lignier a vu le Suédois Andreas Kramer (1’45’’03) lui filer aussi sous le nez. Mais il a réussi à résister au lactique et à ses autres adversaires pour sauvegarder la troisième place en 1’45’’30. « Je chanterai la Marseillaise sous la douche » promettait le champion du monde au soir de sa course, toujours aussi efficace en dehors de la piste également.

Retrouvez la course de Pierre-Ambroise Bosse en cliquant ici

Florian Gaudin-Winer pour athle.fr

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