 Ils n’auront pas attendu longtemps pour retrouver l’équipe de France, et cette fois chez les grands. Quatre des cinq juniors sacrés champions d’Europe en individuel l’an dernier à Tallinn (Estonie) sont du voyage à Helsinki. Parmi eux, il y a déjà un « vieux briscard », Jimmy Vicaut, deuxième plus jeune finaliste de l’histoire sur 100 m aux championnats du monde. Avec son flegme légendaire, le coureur parisien fait déjà partie des meubles. Les autres, à savoir Quentin Bigot, Pierre-Ambroise Bossé et Kevin Mayer (seul Emile Denecker manque à l’appel), ont eu droit une petite cérémonie d’intronisation lors de la traditionnelle réunion d’équipe, organisée mardi en fin d’après-midi. Ils ont pu se présenter à leurs aînés un poil chambreurs, accompagnés de deux autres ex de Tallinn, la sprinteuse Jennifer Galais et le demi-fondeur Paul Renaudie, avec également le plus expérimenté Adrien Clémenceau (400 m haies). « Une première sélection senior, c’est un grand pas, apprécie Pierre-Ambroise Bossé. Ca fait bizarre de se revoir, avec les anciens juniors, comme ça. C’est complètement différent. Là, il y a des têtes d’affiche dans la sélection. C’est plus simple de rentrer dans le grand bain en étant tous du même âge. » Pas du genre à se cacher, l’Aquitain affirme qu’il a « envie de gagner ». Il ajoute : « Je n’ai pas dit que ça allait être simple. Mais on peut faire le hold-up. Les deux meilleurs ne sont pas là. Ces championnats d’Europe sont un objectif à part entière. Un titre ou une médaille, ça change une carrière. » Assis à ses côtés, dans la salle principale du club France parrainé cette année par la Région Haute Normandie, Jimmy Vicaut écoute son camarade en souriant. Il est sur la même longueur d’ondes : « Se retrouver à autant à Helsinki, c’est bien pour notre génération. Ca montre qu’on n’a pas été champion d’Europe pour rien. » Engagé sur 100 m et 200 m en Finlande, Jimmy ne devrait finalement pas s’aligner, sauf très grosse surprise, sur le demi-tour de piste. C’est donc sur la ligne droite qu’il va concentrer tous ses efforts. Bonne nouvelle : il monte en puissance. « Je suis content de mes France Elite, après un début de saison un peu critique. Le déclic a eu lieu lors du meeting de Genève. Depuis, j’ai fait de bonnes séances. » A la différence de Pierre-Ambroise Bossé, le sprinteur voit d’abord le rendez-vous européen comme une bonne façon d’ « entrer dans le vif du sujet avant les Jeux olympiques. » Tous les deux sont débarrassés de la pression des minima olympiques, tout comme le lanceur de marteau Quentin Bigot. Ce n’est pas le cas de Kevin Mayer, dont les 8091 points lors de son premier décathlon de l’été ne suffisent pas, avec des minima à 8200 unités. Autant dire que l’enjeu est de taille pour l’élève de Jean-Yves Cochand et Bertrand Valcin à Montpellier. Mais attention à bien choisir ses priorités. « Je suis un compétiteur, explique le blond athlète. Si je ne pense pas d’abord la place, je ferai un déca laborieux. Quand j’arrive sur un championnat, je n’ai pas le même regard sur la compétition. Il faut que je profite de cela pour optimiser mes capacités. Je ne cache pas que j’ai beaucoup de pression mais je suis quand même confiant. » Kevin estime que le podium se jouera autour des 8250 points. Un total à sa portée, si tout se déroule comme prévu. Mais le décathlon est tout sauf une science exacte… A Helsinki, Florian Gaudin-Winer pour athle.fr |