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L’or après l’Acier ?
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L’or après l’Acier ?

Les meilleurs spécialistes français du cross se frottaient à l’élite mondiale, ce dimanche 25 novembre à Leffrinckoucke, lors du cross de l’Acier. Enjeu : valider les derniers billets pour les Europe du 9 décembre en Hongrie. Un ultime test que Laurane Picoche, Sophie Duarte et Christine Bardelle ont réussi. Côté français, Yassine Mandour a dominé les débats, devant le revenant Bob Tahri, Denis Mayaud et Mokhtar Benhari. De quoi viser des victoires collectives à Budapest. Récit.

Ce dimanche matin, le train pour Budapest faisait un crochet par Leffrincroucke, petite ville de 5000 âmes du Nord coincée entre Dunkerque, la Belgique et la mer du Nord. Le cross de l’Acier, l’un des plus relevés en Europe, servait en effet de cadre à la dernière épreuve de sélection pour les championnats d’Europe du 9 décembre prochain en Hongrie. Alors que les courses enfants ou populaires s’élançaient, sous les ordres d’un starter de prestige en la personne d’Alain Mimoun, invité exceptionnel de la manifestation et de son chef d’orchestre, Raymond Obert, seniors hommes et femmes s’échauffaient. A leur programme ? Un beau soleil, mais un vent à vous arracher un cornet de frites des mains. Un parcours quasiment plat en dépit de quelques faux plats, et resté sec malgré la pluie de veille. Et un nombre de petites boucles à vous donner le tournis (5 pour les femmes pour 6650 mètres, 7 pour les hommes et leur 9950 m), pour le plus grand plaisir des spectateurs massés sur le parcours.
A ce petit jeu, comme souvent, les Ethiopiennes ont fait parler la poudre. Mais autour du site du Fort des Dunes, après un début de course groupé, c’est l’Irlandaise Fionnualla Britton qui tirait les premiers feux. La championne d’Europe en titre entraînait dans son sillage les jeunes Ethiopiennes Mekasha Waganesh et Haftamnesh Haylu (encore junior), et leur ancienne compatriote Maryam Jamal, qui a décroché le bronze à Londres sur 1500 m sous le pavillon du Bahreïn. Juste derrière, quelques Françaises profitaient de l’appel d’air. Sophie Duarte, suivie par Laurane Picoche, gardaient le peloton de tête en vue. « C’est l’un des intérêts de ce cross, commentait Philippe Dupont, responsable national du demi-fond : on sait qu’il va y avoir un gros niveau, qui se rapproche de celui d’un championnat, ce qui permet d’éviter une course d’attente, bloquée, pour les Français. » Sous les coups de boutoir de la championne irlandaise, la course se décantait d’ailleurs franchement. Maryam Jamal, favorite annoncée, lâchait prise peu à peu et se souvenait qu’entre 1500 et cross, il y a parfois un monde. Quelques dizaines de mètres derrière, Laurane Picoche rejoignait Sophie Duarte, tandis que Christine Bardelle, partie prudemment, revenait peu à peu vers les avant-postes. Devant, les deux Ethiopiennes attendaient sagement l’attaque du dernier tour pour décrocher Britton, avant de régler dans la dernière ligne droite leur question de suprématie nationale. Waganesh devant Haylu, puis Britton - voilà pour le podium. Et une trentaine de secondes derrière, Laurane Picoche, décidément très en jambes cet automne, s’offrait le luxe de venir inquiéter Maryam Jamal pour la 4e place. La Française, finalement 5e (22’09) s’offrait une dizaine de secondes d’avance sur Sophie Duarte (8e), qui résistait au retour de Christine Bardelle (10e, 22’33). Côté nouvelle génération, Leila Traby (12e, 22’43), qui attend de savoir si elle sera sélectionnable pour les Europe suite à sa naturalisation, et Clémence Calvin (13e, 22’49) complétaient un tableau d’honneur plutôt satisfaisant pour les tricolores. « Des filles comme Picoche ou Duarte ont montré qu’elles avaient le niveau pour entrer dans le Top 10 européen, commentait Philippe Dupont à l’arrivée. C’est intéressant pour le classement par équipes, où nous avons raté le podium de peu l’an passé, même si on doit encore trancher si Clémence Calvin courra en senior pour renforcer le collectif ou en espoir pour jouer une médaille individuelle. »

On attendait beaucoup, aussi, de la course élite chez les hommes. Non seulement parce que la sélection pour Budapest s’y jouait, mais aussi parce que l’événement sonnait le grand retour de Bouabdellah Tahri sur le cross, après plus d’une année de galère et une opération pour laisser derrière lui une blessure tenace au tibia gauche. Forfait pour les Jeux de Londres, le Lorrain avait regardé une grande compétition à la télévision pour la première fois depuis 1998. Et si l’appétit vient en mangeant, il arrive aussi de ressentir une réelle fringale de courses et de victoires après une telle diète. Revenu en forme, Bob n’avait pas caché ses ambitions en débarquant dans le Nord. Sous les yeux de son compère Mehdi Baala, venu l’encourager en voisin, le steepleur n’hésitait d’ailleurs pas à mettre ses actes en accord avec ses intentions en lançant les premières offensives. Mais la délégation d’Afrique de l’Ouest ne cédait pas un pouce. Le Kenyan Jacob Kendagor se lançait même dès le 3e kilomètre dans un raid solitaire aux allures suicidaires, volatilisant le reste du peloton. Un rythme que Tahri (11e au final en 29’41), « dans un jour sans » selon ses propres termes, ne pouvait suivre. Parti prudemment, un autre Français tirait mieux son épingle du jeu. Yassine Mandour (8e en 29’10) revenait en effet peu à peu sur Tahri, puis le dépassait à la mi-course pour partir à la poursuite des Kenyans, Ethiopiens et autres Erythréens qui dominaient maintenant l’épreuve. Sur le bord du parcours, les membres de la DTN espéraient d’autant plus que leur requête auprès de l’IAAF aboutirait. Français depuis 2008, Mandour tombe en effet sous le coup d’un règlement récent qui impose de déclarer sa volonté de courir pour son nouveau pays… un an avant sa première sélection. L’ancien Marocain n’est donc pour l’heure, et dans l’attente d’une dérogation de l’IAAF, pas sélectionnable pour les championnats d’Europe. Derrière lui, ses futurs (?) coéquipiers faisaient pourtant de leur mieux pour donner corps aux chances collectives de l’équipe de France en Hongrie. Denis Mayaud (12e en 29’50, juste derrière Tahri) et Mokhtar Benhari (14e en 30’08), collé dans sa roue quasiment toute la course, avaient patiemment refait leur retard tout en validant leur billet pour Budapest. Un peu derrière, d’autres prétendants se livraient une lutte au couteau où la hiérarchie vacillait sans cesse. A ce petit jeu Thimothée Bommier (16e en 30’24) finissait mieux que la concurrence, incarnée par Riad Guerfi (18e en 30’42), Irba Lakhal (19e en 30’53) ou Gregory Beugnet (20e en 30’57).
Quelques minutes plus tôt, le peloton de chasse avait avalé Kendagor à deux kilomètres de l’arrivée. Et c’est finalement le junior Kenyan Cornelius Kangogo qui avait coupé la ligne d’arrivée le premier, dans un dernier coup de rein et dans le même cassé que l’Erythréen Nguse Tesfaldet et Albert Rop, Kenyan et junior comme le vainqueur du jour. Autant de coureurs que les Français retrouveront sans doute lors des Championnats du Monde de cross, au mois de mars. Pour l’heure, il s’agira de composer avec une adversité un peu plus conciliante à l’échelle européenne. Et quel que soit le visage final de la sélection, qui devrait tomber en milieu de semaine en prenant en compte les résultats d’Allonnes et la forme du moment de chaque athlète, les objectifs resteront les mêmes : un podium par équipe chez les hommes comme chez les femmes - au moins.

A Leffrinckoucke, Cyril Pocréaux pour athle.fr

Ils ont dit :

Laurane Picoche, 5e du cross élite féminin :
« Ce résultat confirme que je suis en forme. Je suis contente car, comme tout le monde, je déteste le vent, mais je ne me suis pas affolée. Jamal, l’Ethiopienne ? J’ai essayé de me faire mal sur la fin en allant chercher, mais en cross, malgré son palmarès, une fille reste une fille ! Mais je crois qu’un kilomètre de plus et je me la faisais (rires). Aux Europe j’espère faire dans les dix premières, mais je sais que c’est une course où on peut aussi finir 40e. Mais on aura une belle équipe féminine, on veut faire quelque chose là-bas. »

Sophie Duarte, 8e du cross élite féminin :
« L’Acier, c’était une étape intermédiaire vers un objectif ultime, les championnats d’Europe, où il faudra être dans les meilleures dispositions. Je sais que Laurane est forte en ce moment, et on pourra avoir aux Europe des objectifs individuel et collectif. En tout cas, on a des filles souriantes dans l’équipe, ça fait du bien, non ? Cette course me rassure, ça montre que je suis en forme. Je suis en tout cas dans de meilleures dispositions que l’an dernier. »

Christine Bardelle, 10e du cross élite féminin :
« Ce n’est pas terrible… Je n’arrivais pas à avancer, j’étais sur mon rythme, au train, je n’arrivais pas à revenir sur les filles. J’ai couru seule et quand on a le vent de face, on a beau vouloir, c’est difficile. Mais je ne m’inquiète pas car je sais que je serai bien mieux aux Europe, je suis souvent comme ça aux cross de sélection. Je viserai le Top 10 même si je sais que c’est aléatoire. On peut aussi viser une médaille par équipes, car on est meilleures que l’an passé. »

Fionnualla Britton (Irlande), 3e du cross élite femmes, championne d’Europe en titre :
« 3e, c’est la même place que l’année dernière. J’aurais aimé gagner et faire un peu mieux, mais c’est bien quand même. Ce fut une bonne course. Ici, c’est toujours dur, serré, avec de bonnes adversaires. C’est mieux qu’un cross facile pour se préparer, et j’espère conserver mon titre aux Championnats d’Europe. »

Yassine Mandour, 8e du cross élite hommes :
« Je reviens bien en forme après une opération du genou, et je suis content d’être le premier Français de la course. Ce fut très rapide, surtout avec les Kenyans devant. Mais je ne sais pas encore si je vais pouvoir courir les Europe. Je suis Français depuis 2008, mais j’avais fait plusieurs championnats du monde avec le Maroc et on a appris qu’il fallait envoyer une lettre pour demander à courir un an avant sa première sélection. Personne ne le savait. »

Bouabdellah Tahri, 11e du cross élite hommes :
« Je pensais être mieux que ça, mais c’était un jour sans. Ça arrive rarement, mais c’était le cas aujourd’hui. Il m’a fallu des ressources pour m’accrocher car c’est difficile de tenir quand on est lâché comme aujourd’hui. Mais même à 33 ans, on apprend encore ! Par rapport à ce que j’avais fait ces derniers temps, je pensais titiller un peu plus les Kenyans. »

Denis Mayaud, 12e de la course élite hommes :
« Je suis satisfait car je finis 3e Français, comme à Allonnes. D’habitude, j’ai du mal à enchaîner deux cross, mais j’ai fait une semaine d’entraînement très légère et c’est passé. Je fais exactement la même course qu’il y a une semaine : un départ moyen pendant deux kilomètres, puis je reviens et fais la course avec un Français, Mokhtar cette fois. On aura un objectif collectif aux Europe, même s’il nous manquera peut-être un ou deux leaders. Mais on a gagné les deux dernières années, on ne va pas y aller pour faire 4e. »

Mokhtar Benhari, 14e de la course élite hommes :
« J’avais intérêt à rester avec Denis pour qu’on valide notre sélection. On s’est entraînés ensemble au Kenya, c’était vraiment bien. Je n’ai pas voulu prendre le risque d’essayer de suivre Bob, j’ai préféré assurer. Sur la fin, j’ai eu un peu mal au mollet gauche car on tournait toujours en boucle du même côté, mais ça va. Je vais prendre part à mes 10e championnats d’Europe de cross, les 9e d’affilée ! On a une équipe très homogène et le but sera de conserver notre titre. Mais il ne faudra pas se louper individuellement, et qu’on finisse chacun dans les dix ou douze premiers. »

Cornelius Kangogo, vainqueur de la course élite hommes :
« J’ai vu hier qu’il pleuvait, et ça m’inquiétait un peu mais aujourd’hui ça allait, c’était bien. Nous avions vraiment un bon tempo, et j’ai eu l’énergie nécessaire pour gagner à la fin. Dans la dernière ligne droite je voulais vraiment gagner, je l’avais décidé, même si c’était très dur et très serré. C’était mon jour. »

 

RB
Admin Athle.fr
les réactions (2)
Helder Pombo - 26/11 (16h56)
"en milieu de semaine"? Leila Traby est-elle sélectionnable? Yassine Mandour est-il sélectionnable? Réponses en milieu de semaine à priori... Sur le site de l'IAAF, ils sont encore enregistrés comme athlètes marocains...
Le vrai Candide - 26/11 (15h02)
Pourquoi écrivez vous que la sélection devrait tomber "en milieu de semaine" ? Dans les modalités de sélection en ligne sur le site, il est pourtant clairement écrit (copié-collé) : "La sélection sera communiquée sur le site fédéral le lundi 26 novembre 2012."
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