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Benjamin Compaoré : « Comme si j’étais un nouveau sauteur »
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Benjamin Compaoré : « Comme si j’étais un nouveau sauteur »

Rentré des Mondiaux en salle une médaille de bronze autour du cou, Benjamin Compaoré tangue entre le regret de ne pas avoir décroché le titre et la satisfaction de revenir peu à peu à son meilleur niveau tout en disposant de l’intégralité de ses moyens physique. Surtout quelques mois seulement après avoir décidé de changer de pied d’appel, un choix radical en cette année olympique.

Athle.fr : Commençons par les Mondiaux en salle de Portland : on vous imagine satisfait ?
Benjamin Compaoré : J’y allais pour deux objectifs. Comme certains des meilleurs mondiaux n’étaient pas présents, je visais le titre. Et puis, je voulais faire une compétition de plus sur ma nouvelle jambe d’appel, fixer des habitudes. C’est toujours différent de ce qu’on peut faire à l’entraînement.

Malgré cette médaille de bronze vous êtes déçu ?
Je suis entre deux sentiments. C’était mon quatrième concours avec ma nouvelle manière de sauter, et je fais quand même une médaille mondiale. Après, je suis déçu car je sens que j’avais le physique pour aller très loin, mais pas forcément encore avec cette jambe d’appel. Je sens que je pouvais dans l’absolu aller plus loin que les 17,33 m du premier (ndlr : le Chinois Dong Bin).

La grande nouveauté, cette saison, c’est en effet ce passage d’un appel pied gauche à un appel pied droit. Pourquoi avoir pris cette décision radicale ?
Je traînais depuis longtemps des douleurs sur ma cheville gauche, celle du cloche. Chaque saison, cette douleur s’installait dès les premières compétitions, et m’obligeait à des infiltrations pour pouvoir sauter. Continuer comme ça, c’était compliqué. Cela me faisait mal, et cela m’empêchait de travailler et de progresser sur le plan technique. Je ne pouvais pas installer ce que je devais à l’entraînement. Même si j’avais la sensation d’être fort, je ne maîtrisais rien. Je faisais même des fautes techniques pour ménager ma cheville.

Vous avez hésité à prendre cette décision, en pleine année olympique ?
Si j’avais eu le moindre doute, je n’aurais pas pris cette décision. La douleur me gênait au quotidien : je préférais avoir moins de potentiel sur l’autre pied que continuer comme ça. J’ai décidé de changer de pied début décembre. Je n’ai pas hésité par rapport à Rio : je savais que cela me permettrait de préserver le côté gauche, voire même de bien le renforcer. Et puis j’avais la possibilité de basculer à nouveau sur la jambe gauche si on s’apercevait que cela ne fonctionnait pas. Mais, très vite, on a vu qu’on pourrait installer des choses.

Il vous a fallu reprendre les bases, non ?
J’ai l’impression de m’entraîner à nouveau comme un cadet ou un junior, d’autant que je suis physiquement très bien. Je fais moins de séances qu’avant – c’est aussi parce que j’ai plus d’expérience – mais plus d’éducatifs sur la jambe droite. On a ajouté de petites séances pour que je m’habitue à déclencher du pied droit. Je n’ose pas encore aller franchement sur la planche.

Finalement, au bout de quatre mois, vous avez déjà sauté à 17,09 m à Portland, pas si loin de votre record de 2014, 17,48 m… Cela ouvre de belles perspectives, non ?
Les perspectives, c’est d’aller beaucoup plus loin qu’avant et que ces 17,48.  Au début, on était vraiment dans le flou, dans l’inconnu. On ne savait pas où cela allait nous mener. Mais à chaque compétition, de nouvelles perspectives s’ouvraient.

L’appel pied droit était peut-être en fait la meilleure technique pour vous…
C’est ce que mon entraîneur (ndlr : Jean-Hervé Stievenart) commence à penser : la jambe droite était peut-être la plus forte. J’ai toujours sauté jambe gauche car j’étais plus à l’aise de ce côté-là. Mais cette expérience peut remettre en question beaucoup de choses dans notre apprentissage athlétique. J’ai commencé très jeune, à 6 ans, j’ai sauté comme ça parce que je me sentais bien, et on prend ensuite des habitudes neuro-musculaires, mais la solution n’est peut-être pas optimale.

Vous sentez que vous avez vraiment de la marge ?
Beaucoup de marge, oui. Mais il faut noter que c’est aussi parce que je me sens physiquement très bien et que je peux être très efficace dans ma course, ce qui n’était plus le cas avant à cause de la cheville. L’an dernier, j’avais l’impression d’être bien, mais je mettais inconsciemment un frein dans ma course à cause de la cheville.


En changeant de pied d’appel, vous suivez l’exemple de l’Américain Christian Taylor*, qui saute plus loin depuis qu’il a changé de pied… Vous en avez parlé ensemble ?

J’ai un petit peu parlé avec lui de son changement de pied, mais je ne lui avais pas dit que j’allais faire de même. Je ne l’ai annoncé qu’après ma première compétition, à Karlsruhe (le 6 février). Je pense qu’inconsciemment, ou pas, d’ailleurs, le fait de savoir qu’il avait réussi ce défi m’a permis de réaliser que c’était possible. Cela m’a facilité la tâche.

Comment se présente la suite ? Vous partez en stage ?
Oui, du 18 au 30 avril, à Barcelone. Après, je reprendrai ma saison le 6 mai, à Doha. J’espère pouvoir reprendre au niveau de ce que j’ai fait à Portland. Mais je ne me donne pas plus de temps de passage. Avec ces changements techniques, je peux avoir du mal pour passer un certain cap, mais je sais aussi qu’au triple on peut très vite gagner 50 cm quand les choses se mettent en place. C’est le côté excitant de ce défi : on sent que ça peut aller très loin, et qu’on peut être surpris à chaque compétition.

Vous disiez vous sentir à nouveau comme un cadet. On imagine que le plaisir est revenu…
Je retrouve beaucoup de plaisir, oui. Déjà parce que je peux sauter, ce que je ne faisais plus trop avant ! Après, je n’ai pas la même force, la structure du triple est complètement différente quand on change de pied… C’est comme si j’étais un nouveau sauteur. Comme si la logique de ma discipline n’était plus la même. C’est un renouveau très excitant. 

* Le champion du monde 2015, 18,21 m l’an passé, a nettement progressé depuis qu’il a changé de pied d’appel, du gauche au droit, en 2014.

Propos recueillis par Cyril Pocréaux pour athle.fr

Retrouvez la biographie de Benjamin en cliquant ici

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