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Jessica Cérival : « Le temps est un luxe ! »
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Jessica Cérival : « Le temps est un luxe ! »

Huitième des derniers championnats d’Europe en salle à Belgrade, après avoir réalisé le niveau de performance requis pour les championnats du monde en plein air de Londres, Jessica Cérival a enchaîné avec une victoire collective à la Coupe d’Europe hivernale des lancers, agrémentée d’une deuxième place en individuel. A tête reposée, la lanceuse de poids de l’EFCVO revient sur les tenants de sa forme du moment, et se projette avec envie sur les mois à venir.

Jessica, vous sortez d’un mois de folie, avec un enchaînement de bons résultats aux championnats de France puis d’Europe en salle, et enfin à la Coupe d’Europe hivernale de lancers. Aviez-vous déjà connu une période aussi faste dans votre carrière ?
Jamais ! C’est tout simplement la meilleure saison de ma carrière ! Je n’ai, certes, pas battu mon record, contrairement à d’autres années, mais je n’avais jamais eu autant de satisfactions sur trois compétitions d’affilée. Quand on revient à la réalité, sur ses lieux de vie ou d’entraînement, on redescend doucement de son petit nuage. Mais il y a plein de petits effets agréables qui perdurent dans le temps.

Cette période faste correspond-t-elle avec ce que vous éprouviez à l’entraînement ?
Pas du tout ! Cela n’a rien à voir avec mes sensations à l’entraînement. Je suis rentrée d’un stage au Portugal deux semaines et demie avant les championnats de France. J’ai mis énormément de temps à me ré-acclimater. J’étais tout le temps fatiguée. Entre le boulot, et l’entraînement, cela a été compliqué.

Vous ne pouvez tout de même pas être aussi forte sans raison…
C’est le fruit de l’entraînement. Depuis que j’ai rejoint Michel Tranchant dans le Nord, en juillet 2015, j’ai trouvé un rythme de vie qui me convient. Je suis assistante d’éducation au Creps de Wattignies, et en même temps athlète. En plus, ma direction fait tout pour m’arranger dans mes plannings quand je pars en compétition. Cela ne peut que fonctionner !

La clé était donc de quitter Paris ?
Vivre en région parisienne, c’est épuisant à tout point de vue ! Pour aller au boulot, embouteillages. Pour aller à l’entraînement, embouteillages. C’est du stress constant. Tu arrives au stade en n’étant pas pleinement concentrée, ou en ayant perdu une partie de ton influx. Depuis que je suis installée à Lille, je me suis rendue compte du gain que j’ai à ce niveau-là. J’ai cinq minutes de voiture entre chez moi et mon boulot, cinq minutes pour revenir de l’entraînement, et j’y vais même parfois en vélo. J’habite dans un coin tranquille, où il n’y a que des papys et des mamys. La seule distraction que je m’autorise, c’est mon chien !

Pourquoi ne pas l’avoir fait plus tôt ?
Quand Michel, avec qui je me suis entraîné entre 2008 et 2013, a quitté l’Insep pour rentrer dans le Nord, au moment de sa retraite, il avait quelques soucis de santé qui ont fait que j’ai dû trouvé un autre groupe d’entraînement. Quand je me suis séparé de mon coach d’alors, en 2015, je me suis posé la question d’arrêter l’athlé. A l’époque, je ne me voyais pas vivre dans le Nord, j’aimais trop la région parisienne pour cela. Avec Michel, on a commencé à s’entraîner avec des séjours une ou deux fois par mois à Lille, et le reste, toute seule, dans la capitale. Quand j’ai vu que cela se passait bien, je lui ai demandé si il était d’accord pour m’entraîner à plein temps, si je m’installais là-bas. Comme il est plus que passionné d’athlétisme, il a répondu qu’il attendait que je lui fasse la demande. J’ai alors éclaté de rire !

Êtes-vous aussi épanouie sur le plan professionnel ?
Je bosse de 19h à 8h le lendemain matin. Je prends mon travail très à cœur. J’aime pouvoir aider les jeunes sportifs à progresser sur les à-côtés de leur pratique de haut niveau. J’aime leur parler de ce qu’est la vie de sportif, et prendre le temps d’échanger avec eux pendant les heures de boulot, aller les voir à l’entraînement. Certains ne savaient même pas que j’étais moi-même athlète. J’aime ce que je fais, c’est super important pour faire des perfs !

Ce changement de vie impliquait-il aussi des changements techniques ?
Avec  mon ancien coach, je ne faisais pas du tout la même chose. Pour moi, mais je conçois que d’autres personnes ne soient pas d’accord, Michel Tranchant a l’intelligence sportive de s’adapter à ses athlètes. A l’époque, où j’étais à l’Insep, on était trois ou quatre à faire la même discipline, mais on ne s’entraînait jamais de la même façon. Nos programmes et les intentions qu’il nous demandait étaient individualisés en fonction de nos gabarits, de nos plannings de compétitions.

On vous sent totalement épanouie…
L’autre grand facteur de ma réussite actuelle, c’est la maturité. Mon passage à l’Insep, qui a duré dix ans, était une très bonne chose. J’ai adoré ce que j’y ai fait. Mais avec le recul, je m’aperçois que je ne comprenais pas ce qu’on attendait de moi. Michel a été comme un papa pour moi. Il essaie toujours de nous comprendre et de s’adapter. Avec le recul, je me dis que ça devait être compliqué de me coacher quand j’étais à cette période. On me disait qu’avec mon gabarit, je devais faire telle ou telle perf, mais je ne voyais pas les choses. Ce n’est pas que je ne voulais pas les faire, mais je ne savais pas comment les faire. Là, j’ai bien intégré le processus. A trente-cinq ans, je connais beaucoup mieux mon corps. Je sais qu’il me faut plus de temps pour récupérer quand je rentre de stage, que j’ai besoin de plus de sommeil que les petites jeunes qui s’entraînent avec moi. C’est un réel avantage ! La seule chose que je regrette, c’est que pour me qualifier pour les Jeux de Rio, j’aurais dû arriver à Lille six mois ou un an plus tôt. Mais ma grand-mère me dit toujours qu’il ne faut pas blâmer une contrariété.

Après Rio, à trente-quatre ans, avez-vous envisagé d’arrêter l’athlétisme, comme le font beaucoup de sportifs au moment d’entamer un nouveau cycle olympique ?
Le truc, c’est que je commence à faire des perfs. Si je commence maintenant à m’éclater et à avoir des résultats, alors que j’ai ramé pendant quinze ans, bien sûr que je vais continuer. Cela dit, il ne faut pas se mentir : 2020 va arriver vite, mais c’est quand même loin. Je suis une femme, j’aurai trente-huit ans au moment de Tokyo, et je n’ai pas d’enfant. Je ne suis pas désespérée, loin de là, mais je ne veux pas me réveiller à quarante ans et me dire que je n’ai fait que de l’athlé, et que j’ai délaissé le reste de ma vie. La solution que j’ai proposé à Michel, et avec laquelle il est d’accord, c’est de faire une année après l’autre. Me connaissant, je pense que je suis capable d’aller jusqu’à Tokyo. Cela s’est déjà vu, des sportifs de 38 ans qui vont aux Jeux, et même au-delà. Mais peut-être que l’été prochain, j’aurai envie d’un bébé, de faire une pause, ou même d’arrêter tout simplement. Je ne veux pas qu’on m’impose des choses, ni m’en imposer à moi-même. Je me déciderai à ce moment-là et j’en parlerai à Michel.

Vous avez déjà le niveau de performance requis pour les Mondiaux de Londres dans la poche. Cela facilite grandement les choses pour aborder la saison estivale…
Le temps, c’est du luxe ! Avant, je n’avais jamais, jamais fait les minima aussi tôt dans l’année. Souvent, je les faisais même au tout dernier moment. Là, je suis déjà en train de tout planifier jusqu’à Londres. Je sais quel jour et à quelle heure je lancerai là-bas, et tout le reste est organisé en fonction de ça. Pas seulement sur le plan sportif, mais aussi pour la logistique. On a organisé la venue de mon coach et de mes parents, pris l’hôtel en fonction… Je ferai cinq ou six sorties avant les Mondiaux, point barre. Avant, on était à se prendre la tête avec Jean-Philippe Manzelle, mon manager, sur quelle compétition je pouvais faire ou non. Cette fois, j’ai l’esprit libéré. C’est un gain de temps monumental !

Où peut-on donc espérer vous voir dans les prochaines semaines ?
Je lancerai lors des deux tours d’Interclubs, et j’y tiens par respect pour mon club l’EFCVO. Dans mon programme, j’ai aussi les championnats de France, une compétition à Saint-Louis, et une autre à Lyon, fait par ma camarade de l’équipe de France Mélina Robert-Michon. J’aimerais bien faire aussi les Diamond League de Doha et Paris, mais ce n’est pas encore acté. Je vais surtout éviter de faire de longs déplacements, parce que je n’aime pas voyager.

Propos recueillis par Etienne Nappey pour athle.fr

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Jessica Cerival
Age / Sél.36 ans / 40 A
ClubEntente franconville cesame
SpécialitéPoids
RB
Admin Athle.fr
les réactions (2)
Jessica Cérival - 02/04 (01h44)
VALERIE ADAMS, SCHWANITZ, MICHELLE CARTER, même Nathalia Lissovskaya recordwoman du monde lançait en translation... le 4 kilos ne vaut vraiment pas le coup de se lancer dans la rotation....alors non, Michel ne se lancera pas avec Jessica
Jessica Cérival - 02/04 (01h41)
Bonjour Bruno... la rotation pour moi?? Non merci. je suis plus sur la fin de carriere qu'en début. Je m'explique, il me faudrait au moins deux, trois ans pour revenir à mon niveau avec la rotation... perso je n'ai pas ce temps à perdre. Après chez les filles, avec le 4 kilos, les filles qui " rotationnent" sont les plus petites... celles qui cherchent à compenser leurs petites tailles. Si vous regardez bien les meilleures lanceuses ne sont pas en rotation:
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