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Kevin Mayer : « Une plénitude totale »
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Kevin Mayer : « Une plénitude totale »

Au lendemain de son titre mondial à l’heptathlon, le Français a les yeux rouges de fatigue. La preuve qu’il a fêté en bon combinard sa victoire épique avec 6348 points, cinq unités devant le Canadien Damian Warner. Dans l’hôtel de l’équipe de France, juste avant de prendre en taxi le chemin de l’aéroport pour rentrer dans l’Hexagone, Kevin Mayer revient sur une compétition inoubliable et se projette sur la saison estivale. Et comme il ne fait jamais rien à moitié, il est question de vie, de mort et de jouissance.

Athle.fr : A quoi ressemble la première nuit d’un champion du monde indoor ?
Kevin Mayer : Le sommeil a été court (rires). On a fêté comme il se doit cette médaille. Je ne dirais pas qu’elle était inespérée, vu que tout le monde pensait que j’allais la décrocher, mais on n’imaginait pas que j’aurais autant de difficultés. J’ai vécu les sept heures les plus longues de ma vie entre la perche et le 1000 m. Mon cœur battait à « 120 » tout le long. Je n’ai pas pu dormir. Mais depuis la fin du 1000 m, je suis dans une plénitude totale. C’est hallucinant ! Je profite énormément de ce titre.

La compétition a été plus compliquée que prévu…
Je n’avais clairement pas préparé spécifiquement ces championnats. Cet hiver, j’étais déjà en train de préparer énormément Berlin (NDLR : les championnats d’Europe en plein air, en août prochain). Je suis arrivé fatigué à Birmingham. Je n’étais pas en forme. J’ai dû m’employer dans chaque épreuve car je n’arrivais pas à me mettre dedans comme d’habitude. Toutes ces difficultés ont rendu cette médaille encore plus belle. C’est la première fois que je cours un 1000 m vraiment pour gagner. Cette course a été jouissive. Je l’ai revue un peu mais je préfère rester sur les sensations que j’ai ressenties à cinquante mètres de l’arrivée, quand Ruben (Gado, septième avec 5927 pts) m’a crié dans les oreilles. C’était assez exceptionnel !

Vous avez parlé hier de plaisir pendant le 1000 m, alors que c’est une course où l’on affronte la souffrance…
C’était la libération. Pendant sept heures, je ne savais pas ce qui allait se passer pendant cette course. Et là, le chemin était enfin tout tracé. Je savais ce que j’avais à faire : regarder le crâne de Warner et faire en sorte qu’il ne rétrécisse pas. Je n’ai pensé qu’à ça. Au passage de la ligne, j’essayais de compter les secondes d’écart dans ma tête mais je n’y arrivais pas. Ce 1000 m a été très court. D’habitude, j’ai l’impression que c’est super long. Quand je suis arrivé au 500 m, je me suis dit : « Déjà ! ». Je sentais que j’avais encore des jambes et que Warner craquait. Je sentais que j’avais du pouvoir. C’était vraiment jouissif.

Comment avez-vous occupé les sept heures entre la perche et le 1000 m ?
Ca été les pires heures de ma vie. Je n’arrivais pas à fermer l’œil. Je ne savais pas quoi faire. Quand je regardais un film, j’étais surémotif. J’ai maté The Big Bang Theory, une série qui est très plate et très drôle, et ça m’a permis d’aller mieux.

Vous aimez bien comparer vos week-ends d’épreuves combinées à des films. Comment décririez-vous le scénario des deux derniers jours ?
C’est le premier film que j’ai vraiment écrit dans ma vie. J’ai fait un heptathlon dans la difficulté. Ça n’était pas comme aux Mondiaux de Londres, où j’avais fini pour finir. Là, il y a eu de la pression et du suspense jusqu’au bout. Ça a été un film où, à la fin, ils vont tous à la guerre, il ne reste qu’un survivant, mais ils ont gagné. C’était vraiment jusqu’à la mort. C’est ce qui rend la victoire d’autant plus belle.

C’est votre troisième victoire en un an en grands championnats. Ça commence à peser dans un palmarès…
En deux ans, je dirais même que j’ai fait une médaille d’argent et trois médailles d’or. Ce sont des moments extraordinaires que je vis. Il y a eu des passages vraiment difficiles pendant ces championnats. Mais quand on voit le cadeau que je récolte à la fin, je recommencerais sans hésiter.

Cette rivalité avec Warner peut-elle être le fil rouge des épreuves combinées au cours des prochaines années ?
Non, honnêtement, je ne compte pas vaincre dans la difficulté à chaque fois. En ce moment, je progresse énormément. Je compte me mettre dans de beaux draps (sic) bien avant le 1500 m cet été. Mon objectif est de tout défoncer à Berlin. Avec la forme que j’aurai là-bas, ça peut faire de sacrés chronos sur 100 m, 110 m haies et 400 m. A la hauteur, on ne l’a pas vu ici, mais je sens que je peux faire plus de 2,10 m voire 2,15 m. Ça peut faire mal.

Vous allez d’abord avoir besoin de beaucoup de repos ?
Je me connais, je vais vite reprendre les entraînements. C’est ce que j’adore. Mais je vais calmer les choses au niveau des compétitions. Cet hiver, j’ai quand même vachement envoyé. Je me suis sacrément réglé. Je pense avoir pris beaucoup d’avance par rapport aux autres. Ma ligne est tracée vers Berlin.

Vous allez donc disputer moins de compétitions ?
De toute façon, il y en a toujours moins l’été. Je suis de moins en moins blessé. C’était donc tentant de participer à beaucoup de meetings cet hiver. Je ne le regrette pas car ça m’a apporté énormément d’expérience et ça m’a mis en confiance pour la suite. C’était l’hiver parfait pour préparer la suite.

Vous aviez évoqué, à un moment, l’idée de prendre part à un décathlon en entier avant Berlin. Est-ce toujours d’actualité ?
Je vais en commencer un, faire une première journée et finir par un 400 m. Je ferai comme cet hiver, en disputant un 1500 m hors décathlon, à l’entraînement ou en compétition. C’est ce qu’il m’avait manqué l’année dernière à Londres. Je ne veux pas refaire la même erreur. Mais il n’y aura pas un décathlon en entier. Je m’investis tellement dans mon sport que je n’ai aucun recul dessus. Dès que je fais une contre-performance, c’est très difficile à gérer pour moi.

Propos recueillis par Florian Gaudin-Winer pour athle.fr

Kevin Mayer
Age / Sél.26 ans / 10 A
ClubE a rhone vercors 26 07*
SpécialitéOctathlon - Heptathlon - Décathlon
RB
Admin Athle.fr
les réactions (2)
Bruno Vauthier - 09/03 (09h45)
BRAVO au gladiateur Kevin MAYER j'adore. Si je peux me permettre, tu n'as pas CASSE LE BUSTE sur la ligne, te privant de précieux millièmes qui aurait pu couter TRES CHER à l'issue du kilomètre...
Richard Dion - 05/03 (13h50)
Mais quelle belle épreuve encore une fois ! Merci Champion !
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