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Mouhamadou Fall : « Je suis quelqu’un de pressé »
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Mouhamadou Fall : « Je suis quelqu’un de pressé »

A quoi ça tient, un destin d’athlète ? Pour Mouhamadou Fall, à un pari entre potes à la sortie d’un bar, à un prof d’EPS qui insiste pour qu’il rejoigne un club, à une première licence à l’âge de 23 ans, puis à un 100 m en 10’’90 au son des tam-tams, avec seulement deux semaines d’entraînement dans les jambes. Rencontre avec le grand (1,92 m) sprinter de l’Entente Franconville Cesame Val d’Oise, 26 ans, révélation du premier tour des Interclubs avec ses 10’’14 réalisés à Franconville. En attendant mieux, dès dimanche prochain et la finale Elite à Aix-les-Bains ?

Avez-vous été surpris de battre votre record de vingt-deux centièmes dès le premier tour des Interclubs ?
Oui et non. J’ai été surpris de réaliser une telle performance ce jour-là (le 6 mai). Avec mes partenaires d’entraînement, on était arrivés des Etats-Unis le samedi matin, veille du premier tour, alors qu’on devait être en France dès le vendredi. Notre vol avait été annulé en raison des grèves. Il y avait la fatigue du voyage, du décalage horaire, de la fin du stage. Dans ma tête, je n’étais pas forcément prêt pour faire cette perf à ce moment-là. Mais j’avais des repères à l’entraînement et je savais que j’avais les jambes pour faire un temps intéressant.

Comment avez-vous réagi en apprenant votre chrono ?
Il n’y avait pas de panneau d’affichage à l’arrivée. Je n’ai donc connu mon résultat que quinze minutes après la course. J’étais en train de donner une interview quand deux jeunes m’ont prévenu. En fait, j’avais entendu que ça chantait dans les tribunes : « 10’’14, 10’’14 ! » (rires). Mais je ne savais pas pourquoi ils disaient ça. Quand ils m’ont indiqué ce temps, je leur ai dit : « Arrêtez de mentir ! » Puis le père de Heather (Arneton) est descendu des gradins pour me confirmer le temps. Et là, j’y ai cru.

Pendant la course, vous avez senti que ça allait vite ?
Au niveau du départ, c’était mieux que ce que j’avais l’habitude de faire en compétitions. Je n’avais pas de repères par rapport aux gars qui étaient à côté de moi, mais je me sentais bien. Du coup, je me suis dit : tu maintiens ! Sauf qu’arrivé aux 70 mètres, plus de jambes. J’ai essayé de me relâcher. Tout le monde m’a dit que je donnais l’impression de me balader. En fait, c’est surtout que je voulais éviter de me péter. Ca n’était pas une course à 100 %. J’ai encore de la marge, je suis loin du pic de forme.

Votre stage d’un mois à El Paso a porté ses fruits…
Là-bas, on est en altitude (1140 m), ce qui aide vraiment. Il fait chaud. C’est presque un entraînement à handicap, car les entraînements sont beaucoup plus durs qu’ici. Surtout, il y avait la présence de mon coach (Mickael Hanany), ce qui était un gros plus. En deux, trois séances, j’ai pigé des choses que je n’avais pas comprises ici en un mois.

Comment expliquez-vous votre impressionnante progression en ce début de saison estivale ?
Avec Mickael, qui m’entraîne depuis septembre 2017, on a changé énormément de choses au niveau de l’entraînement. D’abord sur le plan du renforcement et de la condition physique, car j’ai été beaucoup blessé ces dernières saisons, et ensuite techniquement. J’ai découvert plein de nouveaux exercices. J’avais tendance à courir en laissant trop longtemps le pied au sol et en faisant « la brute ». Maintenant, je suis un peu plus félin. Il y a encore du travail, mais c’est déjà différent de l’an dernier. Je ressens le résultat à l’entraînement, lorsque je vois mes chronos. Le programme de Mickael est très carré.

Vous venez de l’évoquer, vous avez été freiné dans votre progression par pas mal de blessures…
Lors de ma première saison d’athlé, en 2015-2016, j’ai eu une tendinite du fascia lata (genou) puis une pubalgie. En 2016-2017, je me suis fait deux déchirures à l’ischio-jambier. La première lors des championnats de France Elite indoor à Bordeaux, la seconde lors du stage de préparation à El Paso, au mois d’avril. Ça a été galère, je n’ai pas beaucoup couru l’an dernier.

Vous avez réalisé le niveau de performance pour les championnats d’Europe de Berlin…
Réaliser le NPR était un des objectifs de la saison. Il a été atteint tôt, donc tant mieux. Mon chrono va m’ouvrir des entrées dans des grosses compétitions, comme des World Challenge et peut-être des Diamond League, où je pourrai me confronter au gratin. J’ai besoin d’engranger de l’expérience. Pour aller à Berlin, j’ai conscience qu’il faudra que je continue à faire descendre mon record.

Revenons à vos débuts. Vous avez commencé tardivement l’athlétisme, à l’âge de 23 ans. Quels sports avez-vous pratiqués avant ?
J’ai grandi à Bruyères-sur-Oise, du côté de Persan-Beaumont. J’ai fait du foot jusqu’à 19 ans. J’ai commencé meneur de jeu, puis je suis descendu en récupérateur. J’évoluais en jeune en division d’honneur, à l’US Chantilly (Picardie). A 19 ans, tout le noyau dur de l’équipe s’est un peu dispersé. Je ne prenais plus de plaisir. J’ai donc arrêté. Les quatre dernières années avant l’athlé, je ne faisais rien. J’étais gérant d’un pub à Persan (Val d’Oise) avec deux de mes frères. Quand j’ai commencé l’athlé avec Antony Yaïch, j’ai décidé de mettre ce travail de côté pour me consacrer à fond à mon sport.

Du coup, comment vous êtes-vous retrouvé sur les pistes d’athlétisme ?
Suite à un pari entre potes, à la sortie du pub où je bossais. Il était tard le soir. On se chambrait un peu. On voulait savoir qui était le plus rapide. Il y avait des joueurs de foot comme Jean-Christophe Bahebeck (attaquant au FC Utrech), Mamadou Doucouré (ancien attaquant au RC Lens) et d’autres gars. On s’est retrouvé à huit sur la route, en face de mon bar. Je gagne de loin. On me dit que j’ai triché. On recourt et je gagne à nouveau. La vidéo de la course a fini sur les réseaux sociaux. Il y avait donc régulièrement des gens qui venaient au bar et qui me défiaient, en me disant qu’ils allaient s’entraîner. Mais chaque fois, je gagnais. Je ne comprenais pas pourquoi je courais vite. Honnêtement, j’étais un footballeur technique mais je n’étais pas rapide. D’ailleurs, le coach me disait tout le temps que j’étais trop nonchalant sur le terrain.

Vous n’étiez pas encore dans un club…
Tout le monde me disait d’aller m’inscrire quelque part, mais je ne voulais pas. Finalement, un prof d’EPS, Michel Corneille, est carrément venu me chercher dans mon bar. Il m’a dit qu’il y avait bientôt les Interclubs, qu’il fallait que je vienne courir. Ma première compétition a été un 100 m lors d’une compétition départementale, à Sarcelles (NDLR : il a en fait d’abord couru un 60 m indoor en 7’’27, puis il a disputé le premier tour des Interclubs avec l’Entente Franconville Val d’Oise). J’avais ramené toute mon équipe. Il y avait des tam-tams, des micros. C’était une chorale ! On avait rempli les tribunes. Je crois qu’on me prenait pour un fou (rires). J’étais en tenue de footballeur, hors décor. C’était marrant ! J’ai terminé deuxième de ma série du 100 m en 10’’90. Je ne savais pas ce que ça représentait, donc c’était plus la place qui comptait pour moi. En finale, tous mes potes criaient dans les tribunes. J’étais tellement excité que j’ai fait un faux-départ. J’ai été ensuite contacté par Joël Batori et Antony, qui m’ont proposé de m’entraîner avec ce dernier. A l’époque, il coachait Yoann Rapinier, qui s’entraînait seul et avait donc besoin de quelqu’un pour le tirer.

Quels souvenirs gardez-vous des deux années pendant lesquelles Antony Yaïch vous a entraîné ?
Il y a des bons souvenirs et des moins bons. Il m’a fait découvrir plein de choses. C’est avec lui que je suis allé aux Etats-Unis pour la première fois. J’ai eu la chance d’intégrer au bout de seulement deux mois d’athlétisme un groupe dans lequel il y avait Yoann Rapinier et Mickael Hanany, avec des entraînements de très haut niveau.

Passer de l’inactivité sportive à un groupe d’athlètes de haut niveau, ça n’a pas été trop violent ?
(Il rigole). Le deuxième ou troisième jour d’entraînement, on avait trois heures de musculation puis, par exemple, quatre ou cinq fois 250 mètres. Sur le deuxième ou le troisième, je tombe en pleine course et je crie : « Je suis blessé ! ». Antony traverse le terrain. Je pensais que je m’étais claqué. Mais au final, la douleur passe. Il me demande ce que je ressens. Je lui réponds que c’est comme si quelque chose montait dans mes muscles. Et là il me répond que c’est l’acide lactique. Moi : c’est quoi ça ?

Vous êtes désormais coaché par Mickael Hanany, qui vit aux Etats-Unis…
Mickael a vraiment des connaissances et une philosophie du très haut niveau. Il est sensé, à l’écoute, posé. Quand on était camarade d’entraînement, parfois, il m’expliquait quelque chose, et je réussissais à le faire directement. Etre entraîné à distance, au départ, ça me faisait un peu peur. Mais je lui ai fait confiance à 200 %. Ça se passe hyper bien. Il m’envoie les séances par mail. Entre athlètes, on se filme et on envoie les vidéos au coach, pendant ou après la séance.

Quels sont vos rêves d’athlète ?
Etre sur des podiums mondiaux et olympiques. Ça n’est pas un rêve mais un objectif. Je suis quelqu’un de pressé, sauf quand je suis blessé. Je n’ai plus de temps à perdre. Je préfère « kiffer » dès maintenant et le plus longtemps possible.

Propos recueillis par Florian Gaudin-Winer pour athle.fr

Mouhamadou Fall
Age / Sél.26 ans / 2 A
ClubEntente franconville cesame
Spécialité
RB
Admin Athle.fr
les réactions (1)
Bruno Vauthier - 15/05 (20h24)
10"14 après 3 petites années d'athlétisme, "FALL AIT" le faire et ce Mouhamadou là, est vraiment très intéressant par son potentiel. En effet, 1m92 sous la toise, charpenté d'un corps sculptural qui plus est explosif. J'ajoute une très belle technique de course de A à Z. Enfin, j'apprécie ses propos, et notamment sur le côté félin, (hyper important en sprint pour mieux rebondir) afin de ne pas s'écraser sur la foulée...
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