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Dans l’œil du coach : Julien Lacaule à l’UA Gujan-Mestras
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Dans l’œil du coach : Julien Lacaule à l’UA Gujan-Mestras

Pistard, routard, combinard, sauteur, lanceur, jeune, compétition, loisir, haut niveau, découverte, nature, ville. Autant de mots à combiner qui, au sein des près de deux mille clubs, font l’athlétisme en France. Parmi les rouages essentiels de chaque structure, l’entraîneur, quel que soit son profil, occupe une place à part. Athle.fr vous invite chaque mois à la rencontre de ces hommes et femmes de l’ombre. Rencontre avec Julien Lacaule, 32 ans, entraîneur l’Union Athlétique de Gujan-Mestras.

Il n’a connu qu’un club et semble bien s’en porter. Julien Lacaule a la passion du saut en hauteur et la diffuse autour de lui grâce à un investissement de tous les instants. En portant les talentueux Matthieu Tommasi (2,22 m) et Dorian Tharaud (2,18 m) sur les plus hautes marches nationales, c’est également une certaine idée de l’athlétisme et du saut en hauteur qu’il a réussi à mettre en avant avec un savant mélange de travail, de proximité et de respect. Petit tour dans le Sud-Ouest où la hauteur est à la fête.

Votre définition de l'entraîneur ?
Il est là pour apprendre à ses athlètes à exprimer leur potentiel, à l’exploiter au maximum. L’entraînement doit être basé sur des objectifs à long terme, car c’est le rôle de l’entraîneur de se mettre au service de l’athlète pour le préserver et l’amener vers la meilleure performance possible dans sa carrière. Ce sont eux qui courent, sautent et lancent, nous ne sommes finalement qu’un outil de la performance, alors prenons le temps. Nous sommes considérés comme les « fainéants de l’athlé », alors qu’un sauteur en hauteur est un athlète complet, qui fait du foncier, de la PPG, de la musculation. Finalement, la technique n’est pas majoritaire par rapport à tous les autres domaines. Il s’agit, au fur et à mesure de la carrière de l’athlète, que son corps supporte les séances d’entraînement de saut qui seront plus longues et exigeantes. Les jeunes, il faut les protéger et en faire d’abord des athlètes.

Entraîneur à Gujan-Mestras, c'est plus dur qu'ailleurs ?
Je ne connais pas les conditions d’entraînement des autres clubs puisque je n’en ai jamais changé. Pour ce qui est du mien, toutes les conditions sont réunies pour faire du bon travail : un magnifique stade avec des pins au milieu, du matériel dernier cri, un président à l’écoute de toutes nos demandes, une équipe d’entraîneurs où règne la bonne ambiance du Sud-ouest, avec une bière et une bonne grillade de temps en temps… On n’est vraiment pas à plaindre ! Côté athlètes, j’ai été gâté depuis mes débuts en tant que jeune entraîneur, avec des sauteurs très doués et très investis.

Ce qui vous énerve et vous plaît le plus dans votre fonction ?
Deux choses m’énervent. La première, c’est le manque de respect que peuvent avoir certains athlètes par leur comportement ou leurs propos envers leur entraîneur et leur entourage, souvent par manque d’humilité. Personnellement, si un athlète a un comportement de ce type, je vais le laisser se faire sa propre expérience, quitte à le laisser se planter. Après, quand il se rend compte par lui-même de ses erreurs, on discute. La seconde, c’est plus une frustration : celle de voir un athlète avec un potentiel énorme laisser passer les années sans s’investir à fond dans son sport et passer à côté d’une carrière dont beaucoup rêverait. Mais il faut aussi respecter son choix de vie, tout le monde n’a pas les mêmes objectifs. A l’inverse, j’ai la chance d’avoir des athlètes investis à 200 % dans leur discipline, on peut alors établir une relation de confiance, basée sur le respect et la rigueur car l’investissement est mutuel. J’aime quand mes athlètes arrivent à me surprendre en allant au-delà de mes attentes. Plus encore, j’aime voir la reconnaissance dans leurs yeux lorsque c’est eux qui sont surpris de leurs résultats. Le coach se nourrit de la reconnaissance de l’athlète.

Vous êtes un coach "connecté" ou un entraîneur ''à l'ancienne" ?
Un peu des deux, il est bien pratique, par exemple, de pouvoir observer ce qu’il se passe dans d’autres pays, où la discipline marche bien, grâce aux réseaux sociaux, ou encore tous les outils technologiques qui aident à la performance comme l’analyse vidéo. Mais de très bonnes méthodes ont déjà prouvé leur efficacité dans les années passées, donc j’aime bien écouter aussi ce que conseillent les « anciens ». Il faut savoir rester sur des choses simples. Pourquoi réinventer des concepts, alors qu’il y a trente ans, tout marchait très bien ? J’ajoute que si tout le monde était d’accord pour mettre son énergie à relancer le saut en hauteur en France, je pense que l’on ne serait pas plus mauvais que les autres, même si notre culture de la hauteur n’est pas la même que dans d’autres pays. Surtout que cette discipline est ouverte à tous les gabarits et que les gamins ne demandent qu’à sauter dès qu’ils voient un athlète passer une belle barre.

Votre plus beau souvenir ?
Aux championnats de France Espoirs à Aubagne il y a deux ans, la veille de la compétition, au cours d’une discussion portant sur la saison qui s’achevait, Matthieu Tommasi et Dorian Tharaud me remercient de les avoir accompagnés depuis leurs débuts, ce à quoi je leur réponds sur un air de défi : « Vous voulez me remercier ? Faites 1 et 2 demain, ce sera votre plus beau merci ». Le lendemain Dorian gagne et Matthieu fini deuxième du concours. Dans ces moments-là, tout s’arrête, tout est parfait, les objectifs sont réalisés, on est tous sur un petit nuage, puis on va tous boire une bière. C’est pour vivre des moments comme ceux-là qu’on passe autant de temps sur les stades à l’entraînement. Pour couronner le tout, l’année suivante, toujours aux championnats de France espoirs, ils refont premier et deuxième mais dans l’ordre inverse, la boucle était bouclée.

Quelle est votre relation avec les athlètes ?
Nous avons la même passion qui nous anime, mais chaque athlète a son caractère, chacun a ses propres objectifs et son propre degré d’investissement. Ils me reprochent souvent de ne pas être suffisamment expressif lors de victoires ou de moments difficiles, mais cette retenue ne reflète pas ce qui bouillonne à l’intérieur : une perpétuelle remise en question et une fierté immense pour ce qu’ils sont. J’ai débuté en tant qu’entraîneur avec mes athlètes actuels, je les ai eus en minimes, je les ai vus grandir jusqu’en seniors, avec des entraînements de plus en plus complets, mais aussi devenir des athlètes plus responsable de leurs carrière. Ils travaillent dur pour atteindre leurs objectifs, c’est leur mérite car c’est eux qui prennent cette responsabilité, moi je ne fais que suggérer. J’apprends beaucoup d’eux, j’espère que c’est réciproque, je ne serais pas l’entraîneur que je suis sans les avoir eus comme athlètes. Ils m’ont formé autant que je les ai formés. On connaît nos vies mais on se voit assez peu en dehors des entraînements. En même temps, je suis sur le stade près de vingt heures par semaine, ça donne le temps de se parler !

Avez-vous un modèle d'entraîneur, dans l’athlétisme ou dans un autre sport ?
Mon ancien entraîneur Alain Caristan. Bien plus que mon modèle, il m’a toujours bien conseillé. J’ai commencé à coacher avec lui. Ses conseils préférés étaient « Ose, n’aie pas peur de te tromper, et surtout, fais confiance à ton instinct ». Il habite maintenant à La Réunion, nous y allons en stage chaque année avec le même bonheur.

Trois mots pour définir votre groupe ?
Passion, rigueur, persévérance.

Propos recueillis par Renaud Goude pour athle.fr

 

RB
Admin Athle.fr
les réactions (1)
Jean-charles Nanteuil - 28/06 (09h03)
100% d'accord avec les remarques de Julien et je suis heureux de lire que ceux qui sont considérés comme"les fainéants de l'athlé"sont des athlètes complets...comme les autres! Les vieux poncifs ont la vie dure ! Et,en effet,si tout le monde tirait dans le même sens, la discipline se porterait certainement mieux !
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