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Dans l’œil du coach : Namakoro Niaré au CA Montreuil 93
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Dans l’œil du coach : Namakoro Niaré au CA Montreuil 93

Pistard, routard, combinard, sauteur, lanceur, jeune, compétition, loisir, haut niveau, découverte, nature, ville. Autant de mots à combiner qui, au sein des près de deux mille clubs, font l’athlétisme en France. Parmi les rouages essentiels de chaque structure, l’entraîneur, quel que soit son profil, occupe une place à part. Athle.fr vous invite chaque mois à la rencontre de ces hommes et femmes de l’ombre. Rencontre avec Namakoro Niaré, 75 ans, entraîneur au CA Montreuil 93.

Figure des lancers français, Namakoro Niaré transmet son expérience et sa sagesse dès les premiers mots échangés. Après avoir su écouter, « prendre ce qu’il fallait prendre » et rester fidèle au discours de ses premiers coaches, il est devenu lui-même un « ancien » respecté. Entraîneur notamment de Willy Vicaut, deuxième des derniers France Elite au poids, il est un coach mêlant adaptabilité, fermeté et amour de sa discipline.

Votre définition de l'entraîneur ?
L’entraineur est un éducateur, un technicien qui est disponible et passionné. Il est capable de s’adapter à toutes les conditions. Il s’informe, fait des recherches et est à l’écoute des athlètes et des dirigeants, avec des projets. Je suis quelqu’un de plutôt carré, avec l’idée qu’on respecte la parole des anciens. Mais la société actuelle nous oblige à nous adapter. Les jeunes d’aujourd’hui, on ne leur parle pas de la même manière qu’il y a trente ans, il faut savoir arrondir les angles pour faire passer ses idées. J’ai toujours espoir que le discours va être entendu, alors je tente de trouver l’équilibre entre la fermeté et l’adaptabilité.

Entraîneur à Montreuil, c'est plus dur qu'ailleurs ?
Je ne pense pas qu’entraîner à Montreuil, ou plutôt à Bobigny au centre de lancers du club du CA Montreuil 93, soit plus dur qu’ailleurs, bien au contraire. J’ai commencé au Racing Club de France à Colombes, au stade Yves-du-Manoir, il y a plus de trente ans. Le groupe marchait très bien. Le RCF disparait en 2010 et, du coup, je rejoins le CA Montreuil. J’intègre ainsi le centre de lancers de Bobigny dans le Parc interdépartemental de sports. Tout cela pour dire que les lancers se meurent à Paris et en région parisienne. A Paris, nous n’avons même plus le droit de lancer car les terrains sont transformés pour construire des immeubles, nous partageons régulièrement nos espaces avec les sports collectifs et, 90 % du temps, les pelouses sont synthétiques donc nous ne savons plus où nous entraîner. Il n’y a pas de secrets pour redynamiser les lancers longs en France, il faut de la place et nous en manquons.

Ce qui vous énerve et vous plaît le plus dans votre fonction ?
Ce qui m’énerve, ce sont ces athlètes qui ne viennent pas régulièrement aux entraînements, qui ne préviennent pas et qui mentent. Avec les moyens de communication actuels, il est tellement simple de prévenir de son absence et de s’excuser. Mon bonheur, c’est d’entraîner, quel que soit le niveau des athlètes, les voir progresser et réussir leurs études. Je suis attentif à la progression sur tous les plans des athlètes que j’entraîne. Cela me semble naturel car s’il y a une confiance mutuelle, on peut faire passer des messages qui dépassent le cadre de l’athlétisme, il faut juste savoir trouver l’équilibre et ne pas dépasser trop son rôle non plus.

Vous êtes un coach "connecté" ou un entraîneur à l'’’ancienne" ?
J’entraine depuis plus de 30 ans donc je dirais que je suis un mélange des deux. Avec les moyens dont on dispose maintenant, on est obligé d’être connecté sans oublier l’essentiel. Les vidéos permettent de bien analyser les gestes sans exagération, mais je préfère faire filmer par quelqu’un d’autre pendant que moi je visualise à l’œil nu. La vidéo, c’est juste un plus car dans 95 % des cas, je vois tout de suite ce qui ne va pas.

Votre plus beau souvenir ?
Mes plus beaux souvenirs sont le record de France de mon fils, Yves Niaré (décédé dans un accident de voiture en 2012), au lancer du poids en 2008 avec 20,72 m, et sa médaille d’argent aux championnats d’Europe en salle à Turin en 2009 avec 20,45 m. Paix à son âme. Actuellement, les médailles françaises en lancers sont rares, c’est peut-être dû à un manque de rigueur de la part des athlètes qui, je trouve, sont moins à ce qu’ils font que dans le passé alors qu’ils ont un talent certain.

Quelle est votre relation avec les athlètes ?
J’essaye de les mettre à l’aise et de créer un climat serein dans tous les cas, mais une fois que le programme est mis en place d’un commun accord, il doit être respecté. Il faut de la confiance et du respect pour réussir. En dehors de l’entraînement, je continue d’échanger avec eux, je les écoute et les conseille, mais il y a une ligne jaune que je ne franchis pas. Chacun doit rester à sa place.

Avez-vous un modèle d'entraîneur, dans l’athlétisme ou dans un autre sport ?
J’ai eu la chance de rencontrer des grands entraineurs. En 1964, à l’INS (actuel INSEP), j’ai rencontré le regretté Jacques Dudal, ancien directeur technique national détaché pour développer l’athlétisme africain. Alors que je n’avais que 21 ans, j’y effectuais un stage d’entrainement d’un mois. En 1967, après une médaille d’argent obtenue à Mexico dans le cadre de la semaine préolympique et un record du Mali, il m’a conseillé de faire un test de connaissances pour pouvoir être admis à l’INS et passer un Brevet d’Etat, et ainsi valider les différents degrés d’entraîneur tout en préparant les Jeux olympiques de Mexico. Ensuite, il me confia à William Fourreau, entraîneur national des lancers, licencié au RCF. Paix à son âme, il nous a quittés il y a quelques années. Je suis infiniment reconnaissant à ces hommes qui transmettent, donnent et partagent sans compter. Je rajouterais Jacques Pelgas, un aîné qui entraine toujours et qui mérite un grand respect. Tout devient possible lorsque nous mettons en commun nos connaissances.

Trois mots pour définir votre groupe ?
Rigueur, confiance et patience.

Propos recueillis par Renaud Goude pour athle.fr

 

RB
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