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Dans l’œil du coach : Nadine Richter à l’ASPTT Rennes
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Dans l’œil du coach : Nadine Richter à l’ASPTT Rennes

Pistard, routard, combinard, sauteur, lanceur, jeune, compétition, loisir, haut niveau, découverte, nature, ville. Autant de mots à combiner qui, au sein des près de deux mille clubs, font l’athlétisme en France. Parmi les rouages essentiels de chaque structure, l’entraîneur, quel que soit son profil, occupe une place à part. Athle.fr vous invite chaque mois à la rencontre de ces hommes et femmes de l’ombre. Rencontre avec Nadine Richter, 65 ans, entraîneur à l’ASPTT Rennes.

Nadine Richter est tombée dans les lancers en dépannant un jour aux Interclubs, sur un bout de terre bretonne. Depuis, cette femme de caractère s’est prise de passion pour ces épreuves qu’elle défend vent debout. Passionnée et passionnante, défenseuse de l’égalité dans le sport et ailleurs, elle a mené Yann Moisan au bronze lors des France Elite indoor cette année, mais continue d’entraîner des athlètes de tous niveaux et de toutes générations.

Athlé.fr : Votre définition de l'entraîneur ?
C’est une personne passionnée, qui doit transmettre sa passion par une présence quasi journalière sur le terrain. Il est important que les athlètes sachent que, en fonction de leurs disponibilités, ils trouveront dans la semaine des créneaux d'entraînement. C'est aussi une façon de les fidéliser, de former un groupe et qu’il perdure dans le temps. Cette notion de collectif est très importante pour moi. Non pas dans le sens où tout le monde fait la même chose en même temps, mais où chacun peut trouver sa place et ait envie de venir sur le stade, quels que soient son niveau, son âge, son sexe. En dehors d'être passionnée, l'entraîneur doit être à la fois un technicien, un pédagogue, un psychologue. Il doit savoir s'occuper d'un débutant comme d'un athlète confirmé. Ce qui doit l'amener à toujours vouloir progresser au niveau de ses connaissances techniques. Il doit aussi savoir toujours se remettre en question et trouver les mots, les situations qui amèneront l'athlète à progresser.

Entraîneur à Rennes, c'est plus dur qu'ailleurs ?
Je ne sais pas car, depuis que j'entraîne, je n'ai été que dans un seul club. Je suis licenciée dans une « petite » structure (l’ASPTT Rennes, qui est une section locale de l’Athlétic Club Brétilien 35), entre deux gros qui évoluent en Elite et en N1. Il a donc fallu se faire une place. A force de travail, de persévérance, on y arrive. Mais je veux préciser que je ne suis pas la seule à entraîner les quatre lancers*. Avec mes collègues entraîneurs, nous formons une équipe soudée, ayant les mêmes vues sur le plan technique, et nous partageons beaucoup, Le groupe fonctionne bien. Il y a autant de filles que de gars qui lancent. C'est très enrichissant car ce n'est pas la même chose d'entraîner une fille qu'un gars. Tout le monde ne le pense peut-être pas, mais moi je le ressens fortement. Est-ce le fait que je sois une femme ? Pour finir, depuis deux ans nous avons une salle couverte à Rennes. Cela nous a changé la vie pour les entraînements hivernaux.

Ce qui vous énerve et vous plaît le plus dans votre fonction ?
Ce qui m'énerve c'est le peu de considération qu’on a pour les lancers en France. Quand on regarde les retransmissions télé, les lancers c'est une catastrophe. Et pourtant, merci à Mélina (Robert-Michon) et Alexandra (Tavernier) qui ramènent des médailles. Ce qui m'énerve également, c'est que nous sommes tributaires des services de la municipalité pour l'utilisation des complexes sportifs. C'est comme ça que nous avons trouvé la salle de musculation fermée toute la semaine qui précédait les Frances Elite, cet été. Enfin, ce qui a fortement tendance à m'énerver, c'est de ressentir que dans l'athlétisme et les lancers, être une femme entraîneur (d'ailleurs le mot "entraîneuse" ne s'applique pas à une femme entraîneur) est parfois assez difficile. Il faut en vouloir pour percer, être reconnue. J'ai toujours eu l'impression qu'il fallait faire trois fois plus ses preuves uniquement parce que j’étais une femme. Mais ce n'est pas spécifique au sport. Ce qui me plaît, c'est de transmettre ma passion, de former des jeunes, de les voir grandir tant sur le plan sportif qu’humain. Un entraîneur ce n'est pas seulement un technicien, il forme aussi des adultes en devenir. Et ces moments de bonheur à l'issue d'entraînements et de compétitions où tout s'est super bien passé, leur permettront, peut-être, de trouver leur place plus facilement dans une société devenue très compétitive. J'aime aussi rencontrer, sur les stades, des jeunes devenus adultes et qui se mettent eux aussi à entraîner.

Vous êtes un coach "connecté" ou un entraîneur à l'’’ancienne" ?
Un peu des deux. J'aime lire des revues sur le sport et les lancers en particulier. Je ressors régulièrement les cahiers que j'ai utilisés à mes débuts, mais j'utilise de plus en plus  les nouvelles technologies. Je regarde pas mal de vidéos sur internet qui concernent la formation, les éducatifs. Celles de Didier Poppe en particulier, que je trouve très intéressantes. C'est un plus par rapport à mes débuts. Je regarde aussi des vidéos de lanceurs (ses). Je ne peux pas filmer et regarder en même temps. Je demande donc parfois à une personne de le faire. C'est important pour les athlètes de se voir, car entre la perception qu'ils ont de leur lancer et la réalité, ça crée parfois des surprises.

Votre plus beau souvenir ?
Il faut que les athlètes sachent qu’avec chacun il y en a eu, et il y aura encore, je l'espère. Mais puisqu'il faut en sélectionner, le premier, c'est la deuxième place de l'équipe féminine de marteau lors de la Coupe de France des lancers longs dans les années 90-95. Il y a aussi la joie profonde, très intérieure, lors des premières participations d’athlètes que j'avais formés depuis tout petit, souvent des cadets, à des championnats de France jeunes. Ensuite, il y a la barre des 60 mètres passée, lors de la saison 2005-2006, par mon fils Laurent au marteau de 7kg260. Puis tout dernièrement, c'est Yann Moisan, "mon petit" lanceur de poids (1,74 m) qui m'a procurée beaucoup de joie avec sa médaille de bronze au poids en rotation (16,71 m) à Aubière, lors des France indoor. Cet été, il a franchi la ligne des 17m pour la première fois. Que du bonheur. Pour finir je voudrais évoquer le plaisir que me procure ma fille, Hélène, pour le travail qu'elle accomplit dans le groupe d'animation, bénévolement, et sur les différents championnats de France grâce à ses connaissances de l'athlétisme. De plus, étant complètement bilingue (français-anglais), l'IAAF a fait appel à elle pour intervenir sur les championnats d'Europe, du monde, les J.O. La voix française à Londres en 2017, c'était elle. Gros frissons quand je l'ai entendue pour la première fois à la télé.

Avez-vous un modèle d'entraîneur, dans l’athlétisme ou dans un autre sport ?
Le premier, c'est Jo Blanant. Si j'entraîne aujourd'hui, c'est grâce (ou à cause?) de lui. C'est lui qui m'a fait découvrir le marteau féminin à une époque où cette discipline n'existait pas en compétition. Je connaissais les autres lancers mais pas le marteau, et cela a été une révélation pour moi. Le deuxième, c'est Aymeric Lesbleiz, issu également du groupe de Paimpol. Il a quand même coaché Stéphane Martely et Amy Sene. J'aime beaucoup sa vision de l'entraînement.

Trois mots pour définir votre groupe ?
Travail, dynamisme, bonne humeur

Propos recueillis par Renaud Goude pour athle.fr

* Elle est par épaulée par Dom Neillo, Laurent Richter, Marie Flageul et Pascal Desbordes

 

RB
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