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Dans l’œil du coach : Jean-Christophe Sautour au Limoges Athlétisme
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Dans l’œil du coach : Jean-Christophe Sautour au Limoges Athlétisme

Pistard, routard, combinard, sauteur, lanceur, jeune, compétition, loisir, haut niveau, découverte, nature, ville. Autant de mots à combiner qui, au sein des près de deux mille clubs, font l’athlétisme en France. Parmi les rouages essentiels de chaque structure, l’entraîneur, quel que soit son profil, occupe une place à part. Athle.fr vous invite chaque mois à la rencontre de ces hommes et femmes de l’ombre. Rencontre avec Jean-Christophe Sautour, 39 ans, entraîneur au Limoges Athlétisme.

« Un art et un choc. » Voilà comment Jean-Christophe Sautour décrit le triple saut, sa passion. Un état d’esprit particulier guide ces « tripleux » qui s’élancent sur la piste pour une danse à trois temps, sous les yeux de ce coach qui leur inspire confiance. S’il a accompagné Jeanine Assani-Issouf vers les sommets de la discipline en France, c’est tout un groupe qu’il suit au cœur du Limousin.

Votre définition de l'entraîneur ?
Un entraîneur est là pour guider l'athlète sur le chemin de ses ambitions, l'accompagner, le stimuler, le motiver à chaque étape de sa progression. Mais il doit aussi être un passionné, sans cela il est difficile de faire passer des messages, faire "vivre sa discipline ", emmener avec lui l'athlète dans les séances très difficiles. Il doit être capable d'évoluer au rythme de ses athlètes. Un coach qui s'enferme dans des certitudes ou qui ne se remet jamais en question ne peut pas progresser. C’est très intéressant de discuter, c’est ainsi que le groupe et le coach avancent. Et le plus important peut-être pour moi : il doit inspirer confiance. Les athlètes doivent sentir qu'ils peuvent compter sur lui. "Seul on va plus vite, mais ensemble on va plus loin".

Entraîneur à Limoges, c'est plus dur qu'ailleurs ?
Je ne sais pas si c'est plus dur, mais ce n’est pas plus simple en tout cas. Nous n'avons pas des conditions comme à l'INSEP. En extérieur, nous avons une superbe piste à Beaublanc, qui est idéale pour une discipline comme le triple saut, ni trop traumatisante ni trop molle. Nous n'avons pas encore de stade couvert pour l‘athlétisme, même si un projet est en cours actuellement, alors nous utilisons les installations universitaires avec une salle de trois couloirs de 50 m et un bac à sable au bout. Cela convient très bien l'hiver pour faire les séances techniques ou de vitesse pure. Pour la musculation, nous utilisons également les installations de l’université. Le seul défaut est que, pendant les vacances scolaires, ces installations sont fermées. Nous avons alors accès à une plus petite salle.
Sur un plan plus général, nous manquons de moyens. C'est donc difficile de garder nos meilleurs athlètes à Limoges. Je trouve que le modèle économique français n’est pas bon et laisse pas mal de sportifs en difficulté, ou entretient le “bricolage“ et la “débrouille“. Il y a un manque de reconnaissance en général pour les sports individuels. Plus personne ne conteste le pouvoir du sport pour fédérer, éduquer notre jeunesse, mais nous manquons cruellement de moyens. On se bat pour des bouts de chandelles. Le saupoudrage des aides ne facilite pas non plus les choses. Pour les athlètes de haut niveau, il faut également plus de soutien. Par exemple, pour que Jeanine (Assani-Issouf) puisse s’entraîner convenablement pour les J.O. de Rio en 2016, et financer sa saison sportive, nous avons dû faire appel aux dons.

Ce qui vous énerve et vous plaît le plus dans votre fonction ?
Ce qui m’énerve, ce sont les athlètes qui ont du potentiel et qui ne se donnent pas vraiment les moyens de réussir, ceux qui sont fainéants, ou qui se trouvent toujours des excuses pour ne pas réussir. Certains auraient pu changer leur existence s’ils avaient réagi. Ce qui me plaît le plus, c'est le partage lors de la réalisation d'une performance, d'un objectif atteint, il y a une sorte d'osmose entre l'athlète et l'entraîneur autour du travail réalisé. Et de manière plus générale, j’aime bien les athlètes qui se posent la question de ce qu'ils peuvent apporter plutôt que d'être de simples consommateurs, j’aime cette adhésion à certaines valeurs.

Vous êtes un coach "connecté" ou un entraîneur à l'’’ancienne" ?
Plutôt connecté, pour communiquer avec les athlètes, c'est devenu indispensable. On va dire que je suis le mouvement, un coach doit sans cesse s'adapter. Mais ce sont des outils également pour analyser la technique sur vidéo, calculer les puissances en musculation. Cependant, il faut tout de même savoir se fier à ses impressions pour adapter des séances. On entraîne de l'humain et la technologie ne peut pas tout prévoir. Il faut faire attention à ce que la communication ne remplace pas l'action.

Votre plus beau souvenir ?
Il y en a beaucoup, de la première médaille en tant que coach aux France au triple saut, en 2001 avec Bérénice Kouassi, à celle en 2006 du relais 4x100 m juniors femmes (Potapoff-Kouassi-Magne-Sembatene), un beau souvenir car obtenue collectivement. Il y a également les premières sélections internationales de Madjid Tombolahy et Jeanine Assani-Issouf aux Mondiaux cadets en 2009. Je me souviens du plaisir de découvrir le maillot de l'équipe de France pour ces deux-là. Evidemment, la première sélection aux championnats du monde seniors pour Jeanine en 2015 à Pékin et la qualification aux Jeux olympiques 2016, qui ont également été quelque chose de grand à vivre. Je pense enfin au premier podium aux Elite de Marie Mbuya Mala, en longueur, qui m'a montré que la persévérance est souvent récompensée.

Quelle est votre relation avec les athlètes ?
J'essaye d'être proche, de bien les connaître, de créer une certaine complicité, on rigole souvent. Il faut prendre le temps de transmettre, chaque athlète est différent, les paroles, les séances doivent s'adapter à chacun. Je suis très exigeant, avec certains il faut pousser parfois fort pour atteindre ce que l'on vise, d'autres athlètes sont plutôt à freiner. Il y a des différences, c'est ce qui fait le charme du métier. En plus, le triple saut est une discipline particulière, l'état d'esprit est unique. Courir à plus de 30 km/h pour se rattraper sur une seule jambe, ce n'est pas donné à tout le monde. Il faut que l'athlète puisse aller au bout de ce qu'il est capable de faire avec une certaine sérénité. Pour moi, le triple, c’est un art et un choc. C’est beau mais cela peut être traumatisant si on n’est pas bien préparé. Il faut savoir “y aller !“ et avoir confiance en soi. L'aspect affectif pour que l’athlète se sente bien est donc très important.

Avez-vous un modèle d'entraîneur, dans l’athlétisme ou dans un autre sport ?
Ce sont d'abord les nombreux entraîneurs bénévoles que l'on rencontre sur les stades, qui donnent de leur temps pour éduquer et former les jeunes. Sans eux, rien ne serait possible, ils sont le premier maillon de la chaine. Je pense ensuite aux deux premiers coaches qui m'ont fait commencer l'athlétisme, Charles Nicolas et Alain Lebegue, qui étaient des passionnés et qui ont donné beaucoup de leur temps. Si je suis entraîneur, c'est en partie grâce à eux. Ensuite, au fil de mon parcours, j'ai eu la chance de rencontrer Daniel Laigre, auprès duquel je me suis formé, et Hervé Bouffinier, avec lequel j'ai beaucoup appris sur la préparation physique. Et bien sûr Jean-Hervé Stievenart, entraîneur national, mémoire du triple saut, avec lequel j’ai partagé de nombreux stages nationaux. « Stieve » adore échanger dans tous les domaines et aider les jeunes entraîneurs. Il remplit cette mission avec plaisir.

Trois mots pour définir votre groupe ?
Travail. Bonne humeur. Joie

Propos recueillis par Renaud Goude pour athle.fr

 

RB
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