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Centenaire 14-18 : Les athlètes dans la Grande Guerre
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Centenaire 14-18 : Les athlètes dans la Grande Guerre

A l’occasion des cérémonies du centenaire de la fin de la Première guerre mondiale, dont le point d’orgue aura lieu ce dimanche 11 novembre à Paris avec l’anniversaire de l’armistice, retrouvez le portrait de six athlètes de haut niveau ayant participé à la Grande Guerre, entre tragédie et héroïsme*.

MORTS AU COMBAT

Jean Bouin
La légende

Sans doute le plus célèbre des athlètes français morts durant la Première guerre mondiale, Jean Bouin tombe dès le 29 septembre 1914, atteint à la colonne vertébrale par des éclats d’obus dans la Meuse alors qu’il est messager de liaison du 163ème régiment d’infanterie. Quant aux circonstances de sa mort, elles restent mystérieuses comme pour beaucoup de morts célèbres. Si certains parlent d’un décès glorieux de l’athlète chargeant les lignes ennemies au cri de « Vive la France ! », d’autres évoquent une mort moins prestigieuse due à une erreur de tir de l’artillerie française. Cette figure de l’athlétisme mondial au petit gabarit (1,67m pour 70 kg) était célèbre non seulement pour ses exploits mais également pour ses méthodes très en avance sur son temps, puisqu’il accordait déjà une attention particulière à l’hygiène de vie et à l’alimentation. En 1912, il publie même un livre intitulé « Comment on devient champion de course à pied », dans lequel il explique son approche professionnelle du sport. Parmi ses nombreux faits de gloire, Jean Bouin est champion de France de cross de 1909 à 1912, vainqueur du Cross des Nations de 1911 à 1913 et médaillé d’argent aux Jeux olympiques de Stockholm en 1912, après un coude-à-coude d’anthologie avec le Finlandais Hannes Kolehmainen. Si ce dernier pulvérise le record du monde à l’arrivée, Bouin, qui termine un dixième de seconde plus tard, explose le record de France… qui ne sera battu que trente-six ans plus tard. En 1913, il améliore également le record du monde de l’heure en devenant le premier homme à courir plus de 19 km en une heure. Un record qui aurait dû être de bon augure pour la suite de la carrière de Bouin. Le jeune homme rêve de prendre sa revanche sur Kolehmainen aux Jeux olympiques de 1916. Malheureusement, la guerre interrompra temporairement les Jeux olympiques et définitivement le palmarès de Jean Bouin. Au total, il effaça sept records du monde (notamment 5 000 m, 10 000 m, heure et 3 miles) et trente records de France. De nombreux établissements scolaires, rues et équipements sportifs portent aujourd’hui le nom du champion de course de fond, mort en héros à l’âge de vingt-cinq ans.

Henri Tauzin
L’éclectique

Grande figure de l’athlétisme français d’avant-guerre, mais d’une génération précédente par rapport à Jean Bouin, Henri Tauzin perd la vie pour la France à la fin du conflit, le 11 octobre 1918. Ce spécialiste du 400 m haies remporta les championnats de France de 1896 à 1900. Il termina également médaillé d’argent sur la même distance aux Jeux olympiques de Paris, en 1900. Mais Tauzin était un sportif éclectique puisqu’il a également battu en 1899 le record de France de saut à la perche et s’illustra en aviron, football, natation et rugby. Architecte de profession, Tauzin fut officier d’administration dans le Génie durant la Première guerre mondiale. Il contracta une maladie et mourut à l’hôpital Desgenettes à Lyon à l’âge de trente-neuf ans.

Edouard Cibot
L’endurant

Si personne ou presque ne se rappelle d’Edouard Cibot aujourd’hui, il a pourtant été une grande star des courses de fond à son époque. Ce crieur de journaux se rend rapidement compte qu’il ne va guère s’enrichir de la sorte. Il décide donc d’utiliser ses qualités de coureur chez les professionnels, là où il y a de l’argent à gagner. Coureur instinctif sans formation et sans entraîneur, il réalise quelques exploits mémorables de son époque. Il remporte ainsi, avec son rival habituel devenu pour l’occasion son coéquipier, Louis Orphée, le championnat du monde de la course de six jours en 1903 au Madison Square Garden de New York. Les deux Français se relayent sur 1200 km pour gagner le cœur des spectateurs américains. En 1909, il remporte la course Paris-Bruxelles organisée par le journal Les Sports. Et pour montrer qu’une telle épreuve ne l’a pas fatigué, Cibot termine les 400 derniers mètres au sprint, ce qui finit de faire chavirer le public. Parti pour le front comme sergent, il atteint le grade de sous-lieutenant du 172ème régiment d’infanterie et est tué en 1917 lors de l’offensive du Chemin des Dames, au cours d’un combat à la baïonnette à Soupir dans l’Aisne où son unité parvient à déloger l’ennemi des tranchées qu’il occupait. Il avait trente-quatre ans.

REVENUS EN HEROS

Joseph Guillemot
Le débutant

Joseph Guillemot est l’exemple même du jeune soldat qui découvre l’athlétisme au front, alors qu’il fait partie du 16ème bataillon de chasseurs à pied. Il participe en 1918, à l’âge de dix-huit ans, au championnat de France militaire de cross-country. Il remporte la course et retourne se battre, auréolé de son titre de champion de France. C’est à ce moment-là que l’histoire de Joseph Guillemot prend une tournure tout à fait particulière. Lors d’un assaut, il est victime d’une attaque au gaz moutarde. Il en gardera toute sa vie une atrophie au poumon droit. Tout le monde pense alors que sa carrière sportive va s’arrêter net. Mais c’est mal connaître le petit coureur têtu (1,60 m pour 55 kg). En une année d’entraînement, il atteint un niveau qui lui permet de participer aux Jeux olympiques d’Anvers en 1920. Sur 5 000 m, il remporte le titre olympique devant le favori Paavo Nurmi. Sur 10 000 m, il décroche l’argent derrière son rival finlandais. Mais cette médaille possède une saveur toute particulière. En effet, Guillemot, n’ayant pas été informé que la course avait été avancée de trois heures, vient de faire un repas très copieux. Et il s’est fait voler ses chaussures de course. Il doit donc parcourir les 10 000 m accablé par des problèmes de digestion et gêné par des chaussures - prêtées - beaucoup trop grandes pour lui. Arrivé huit mètres derrière Nurmi, il vomit même sur les pieds du vainqueur ! Guillemot a également été quatre fois champion de France du 5 000 m, trois fois champion de France de cross-country, et a remporté le prestigieux cross international en 1922.

Jean Vermeulen
Le miraculé

Certains destins ne tiennent qu’à un fil. Jean Vermeulen est un grand espoir de l’athlétisme français. Il réalise de très belles performances sportives avant-guerre. Alors qu’il n’a même pas encore vingt ans, il s’engage dans l’armée en 1915. Il participe à la bataille de Verdun au sein du 36ème régiment d’infanterie. Son destin aurait dû s’arrêter le 19 mai 1916, quand il est ramassé mourant, criblé de dix-sept éclats d’obus, près du fort de Douaumont. Hospitalisé pendant de longs mois, il échappe de peu à l’amputation des membres inférieurs et est réformé pour impotence fonctionnelle au bras et à la main droite. En 1917, contre toute attente, il reprend l’entraînement, son bras fixé au corps. Dès 1918, il participe à des compétitions et gagne de nombreuses courses, améliorant les records de France de Jean Bouin sur 2 500 m et 3 000 m. Mes ses performances ne seront pas homologuées, Vermeulen étant un athlète professionnel. En 1919, aux Jeux interalliés auxquels participent les meilleurs athlètes des pays vainqueurs de la guerre, il gagne le cross-country et le « marathon modifié » de seize kilomètres. Mais ses blessures finissent par le rattraper et il participe à sa dernière course en 1923. Il ne put plus exploiter son incroyable potentiel sportif.

Géo André
Le bison

Il existe des hommes d’exception, dont la vie ferait le scenario d’un grand film d’aventure. C’est le cas de celle de Géo André. Georges Yvan André, de son nom complet, est à la fois athlète et rugbyman. Mobilisé dès le début de la guerre, à vingt-cinq ans, il fait partie du 103ème régiment d’infanterie. Grièvement blessé, il est fait prisonnier le 3 septembre 1914. Il tente de s’échapper cinq fois, sans succès, puis réussit à s’évader lors de sa sixième tentative en septembre 1917. Il intègre alors l’aviation puis est nommé moniteur à l’école militaire de Joinville. Sélectionné à plusieurs reprises en équipe de France de rugby, celui qu’on surnomme le bison connaîtra une longue et fructueuse carrière d’athlète, en participant aux quatre éditions successives des Jeux olympiques, de 1908 à 1924. En 1908, il est vice-champion olympique de la hauteur, à l’âge de dix-huit ans. Il aurait même pu décrocher l’or si son short, trop grand, n’avait pas fait tomber la barre de la victoire… Aux Jeux olympiques d’Anvers en 1920, il est médaillé de bronze avec le relais 4x400 m. Quatre ans plus tard, c’est lui qui prononce le serment olympique des Jeux de Paris en 1924. Lorsque la Deuxième guerre mondiale éclate, Géo André, à plus de cinquante ans, s’engage à nouveau. Dans les Corps francs, cette fois, l’aviation n’ayant pas voulu de lui à cause de son âge avancé. Il tombe le 12 mai 1943, à la tête de sa patrouille, sur le front de Tunisie. De nombreux stades de l’Hexagone portent aujourd’hui le nom de ce sportif hors-norme.

Sara Nosratian pour athle.fr
Photos : Collection Luc Vollard

*Article paru dans le numéro 555 d’Athlétisme Magazine, en novembre 2014

 

RB
Admin Athle.fr
les réactions (2)
Christophe Vielliard - 09/11 (21h51)
Pendant la Première Guerre mondiale, il est affecté dans l'Artillerie avec le grade de lieutenant[1]. Excellent joueur de pelote basque (Président du Comité de Paris, et de cette fédération), il est en outre coauteur du livre Les courses à pied et les concours athlétiques avec Louis Bonniot de Fleurac, tout en dirigeant une papeterie parisienne.
Christophe Vielliard - 09/11 (21h49)
Auriez-vous oublier Pierre Failliot, multi-recirdman de France d’athletisme, en plus de ses sélection en équipe nationale de rugby et des ses titres en tennis. Il possède une stèle à la croix-catelan. Juste devant l’entree Principale. https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Pierre_Failliot
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