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Alain Piron s’en est allé

10 Juillet 2026 - Par Florian Gaudin-Winer

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Alain Piron s’en est allé

La Fédération Française d’Athlétisme a eu la douleur d’apprendre le décès d’Alain Piron, directeur technique national de 1985 à 1988, qui s’est éteint mercredi 8 juillet à l’âge de 85 ans.

« Il a carrément révolutionné la manière de voir l’athlétisme. » L’hommage, signé Arnaud Dury, entraîneur au Dijon UC et son successeur à la tête de l’Unité de formation et de recherche (UFR) Staps de Dijon, résume bien la marque indélébile laissée par Alain Piron au sein de l’athlétisme dijonnais, bourguignon et plus largement français. Celle d’un grand technicien et brillant pédagogue, auteur d’une thèse intitulée « Conception de la motricité » qui fit école en son temps, en mettant notamment en exergue les principes moteurs qui réunissent coureurs, sauteurs et lanceurs.

Né le 2 octobre 1940 à Lons-le-Saunier, Alain Piron débute l’athlétisme au Dole AC, où il pratique notamment le saut en hauteur. Désireux de se lancer dans une carrière dédiée à l’enseignement en éducation physique, il se forme à Strasbourg puis à Lens, et est nommé en 1967 à Dijon au Service universitaire des activités physiques et sportives, puis professeur à l’UEREPS (futur UFR). Au sein du Dijon UC Athlétisme, où il officie comme entraîneur et crée une école d’athlétisme, il prend les fonctions de directeur technique. Son œil technique et ses qualités humaines font l’unanimité. « Son engagement, sa bienveillance et son exigence resteront gravés dans la mémoire de toutes celles et ceux qui ont eu la chance de le côtoyer sur les pistes comme en dehors », lui a rendu hommage, jeudi, le club de sa vie. « Ce qui le guidait, c’était l’aspect humain, prolonge Arnaud Durie. Il s’occupait de vous en tant qu’athlète à partir du moment où vous mettiez de l’engagement, quel que soit votre niveau. »

Ses compétences lui permettent d’accéder à des responsabilités nationales. Membre de l’encadrement lors de stages nationaux de hauteur et de longueur à partir de 1978, Alain Piron est nommé directeur technique national en octobre 1985, avec comme adjoint Serge Bord, qui lui succèdera comme DTN et qui est décédé quelques jours plus tôt, le mercredi 1er juillet. Une expérience exigeante et parfois contre-nature en raison de sa dimension politique, pour celui qui était avant tout un homme de terrain. Il est à la tête de la DTN lors des championnats d’Europe de Stuttgart (1986), où les Bleus récoltent quatre médailles, puis à l’occasion des Mondiaux de Rome (1987), où l’équipe de France repart avec trois podiums. Les Jeux de Séoul (1988) sont difficiles pour les Tricolores, et le 4x100 m masculin sauve la mise en décrochant le bronze. Il met volontairement un terme à son mandat en octobre 1988, pour reprendre ce rôle de formateur - et donc de transmetteur - qui lui allait si bien.

« C’est une page importante de l’histoire de l’athlétisme français qui se tourne, souligne Jean Gracia, président de la FFA. Si je n’ai pas eu l’occasion de travailler directement avec Alain Piron, arrivé à la Fédération quelques années avant moi, j’ai toujours entendu parler de lui avec un immense respect. Tous soulignent sa grande compétence, sa vision novatrice de l’entraînement, son sens de la transmission et les profondes qualités humaines qui ont marqué plusieurs générations d’athlètes, d’entraîneurs et d’enseignants. Son empreinte sur notre discipline restera durable. »

La Fédération Française d’Athlétisme adresse ses condoléances les plus sincères à la famille et aux proches d’Alain Piron.

Source : Le livre du centenaire de la FFA, écrit par Luc Vollard

Légende de la photo : Alain Piron (à gauche) aux côtés de Pierre Quinon, champion olympique de la perche en 1984