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Alexe Déau : « Moins de 51’’, ça a été la surprise de fou »

23 Juillet 2025 - Par Florian Gaudin-Winer

Photos : © Lukasz Szelag / SprintShot

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Alexe Déau : « Moins de 51’’, ça a été la surprise de fou »

La sprinteuse de l’ASA Maisons-Alfort est rentrée comblée de Norvège, lundi soir. L’élève de Marco Palucci, 20 ans, a décroché deux médailles de bronze à Bergen lors des championnats d’Europe U23 : sur 400 m en 50’’94, soit un temps de référence amélioré de plus d’une seconde au cours de la compétition, et avec le 4x400 m en 3’28’’37, record national espoirs à la clé. L’étudiante en kinésithérapie abordera le tour de piste des France Elite à Talence (1er au 3 août) en favorite et dans la peau de la deuxième meilleure performeuse française U23 de tous les temps, derrière une certaine Marie-José Pérec.

Quel bilan tirez-vous de ces championnats d’Europe ?

Je suis très contente de mes championnats. Je n’ai aucun regret, j’en repars avec plein de souvenirs positifs. Il y a eu plein d’apprentissages, de joie, de rire. J’ai appris à mieux canaliser mes émotions et à rester confiante, même si l’on peut parfois douter.

Avez-vous pu revoir votre finale du 400 m ?

Oui, plein de fois ! J’ai fait la course qu’il fallait au bon moment. Il y a peut-être la petite déception de la troisième place. Mais quand j’ai vu le chrono, je me suis dit qu’il n’y avait pas de regrets à avoir. Je n’abordais même pas ces championnats parmi les prétendantes à une médaille et, au final, je décroche le bronze avec un temps de dingue.

Casser la barrière des 51’’, qu’est-ce que ça représente pour vous ?

J’ai pu casser celle des 52’’, ce qui était déjà génial. Mais moins de 51’’, ça a été la surprise de fou. Je n’avais pas forcément imaginé réaliser ça maintenant, même si je savais que tout était possible. Les étoiles se sont alignées.

Vous avez également décroché le bronze avec le 4x400 m, grâce à une remontée finale qui a marqué les esprits…

Je me suis dit qu’il fallait que je le fasse pour les filles. Elles en avaient tellement envie et en rêvaient. Je me suis arrachée pour elle. En relais, tu cours pour une équipe, un noyau, et c’est tout ça qui te pousse à donner encore plus.

Comment expliquez-vous cet énorme cap de passé ?

Je me suis tellement entraînée. Avec mon coach Marco (Palucci), on a trouvé des outils pour réaliser un travail encore plus qualitatif. On a aussi fait en sorte que je puisse bien récupérer avant ces championnats, car on savait qu’ils allaient être très intenses émotionnellement et physiquement.

Dans quels secteurs avez-vous progressé à l’entraînement ? Vous renvoyez une impression de grand relâchement…

Pour moi, le 400 m ne se court pas en force. Il faut savoir trouver du relâchement dans les épaules, la mâchoire, partout où l’on peut, mais aussi cette force pour aller vite. C’est un mix des deux et c’est quelque chose que j’essaye de beaucoup travailler. Pendant l’effort, je n’ai pas forcément la sensation d’être rapide. Des athlètes comme Sydney McLaughlin-Levrone et Marie-José Pérec, tu ne vois jamais leur visage se crisper dans la dernière ligne droite. J’aspire à être comme ça pendant tout mon 400 m.

En championnats, vous arrivez à vous sublimer. C’était déjà le cas il y a deux ans, lorsque vous étiez devenue vice-championne d’Europe U20…

C’est un autre mood. J’affronte des athlètes de mon niveau ou plus fortes que moi. J’adore courir plusieurs jours de suite. Mon corps vibre pour ça. Il s’habitue à la douleur et à l’enchaînement des courses. J’arrive à transformer la fatigue physique en quelque chose de beaucoup plus fort. Un seul 400 m, ça n’est pas suffisant pour moi. Je me considère vraiment comme une coureuse de championnats.

Comment gérez-vous la pression des grands rendez-vous ?

C’est quelque chose que j’ai beaucoup travaillé avec ma coach mentale, notamment au niveau du relâchement et de la confiance en soi. Le fait de se sentir légitime et à sa place. En championnats, je n’ai pas peur. Je sais que je suis là parce que je le mérite et que je peux faire de grandes choses.

Le passage à la catégorie U23 n’est pas toujours évident, au carrefour de la vingtaine. Vous avez su très bien le gérer…

Même si ma progression chronométrique a peut-être été un peu moins intense l’an dernier (de 52’’53 à 52’’35, ndlr), j’ai pu vivre les Jeux olympiques de Paris avec le relais (elle a participé aux séries, ndlr). Ça m’a beaucoup aidée à prendre confiance en moi. Avoir pu participer aux J.O. à 19 ans m’a permis de me rendre compte que j’ai encore la vie devant moi. Si tout se passe bien, je pourrai à nouveau goûter à ces émotions qui sont dupliquées.

Vous êtes désormais la deuxième meilleure performeuse française U23 de tous les temps, un dixième derrière Marie-José Pérec…

Je trouve ça incroyable. Si je peux continuer à marcher dans ses pas, jusqu’où je peux aller ? Je n’imagine pas forcément réaliser la même carrière qu’elle. Mais je suis derrière quelqu’un qui a réalisé de grands exploits. Moi aussi, je rêve de ça…

Quelles sont vos ambitions pour la suite de la saison ?

Ma prochaine sortie aura lieu aux championnats de France Elite. J’ai atteint mon objectif personnel, mais j’en veux encore plus. Je vais les aborder avec confiance et sérénité, et on verra ce que ça donne. J’ai juste envie de profiter de ce qui m’est arrivé.