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Equipe de France / Présentation
13 Décembre 2025 - Par Florian Gaudin-Winer
Mise à jour : 13 Décembre 2025 (22h55)
Photos : © Stéphane Kempinaire / KMSP
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Les athlètes français ont découvert, samedi matin, le tracé atypique et vallonné qui les attend demain à Lagoa, en Algarve au sud du Portugal. Etroit et sinueux, avec de nombreux virages compliqués à négocier, il devrait faire des dégâts.
C’est un parcours à vous faire perdre tous vos repères. En France, où le cross est un sujet très sérieux, on aime les parcours boueux dans des sous-bois et on tolère les hippodromes. Mais un parc urbain, comme celui de cette édition 2025 des championnats d’Europe, niché sur les hauteurs de Lagoa à quelques encablures de l’Atlantique, aurait de quoi faire tourner de l’œil bien des puristes. Et pas seulement à cause de la violence de l’effort que requiert la discipline. Avec son revêtement hésitant entre graviers et sable, à l’exception d’une portion herbeuse de quelques hectomètres, il ne nécessitera pas des pointes de plus de six millimètres. Surtout avec le retour du soleil et de la lumière blanche sur l’Algarve pour le week-end, après un vendredi bien arrosé.
Mais, il faut le reconnaitre, les organisateurs se sont donné du mal pour proposer un tracé « atypique », pour reprendre l’adjectif favori des Bleus à l’issue de la reconnaissance du parcours, effectuée samedi matin. A l’image de ce départ, situé dans une zone faisant habituellement office de parking, avec une butte à gravir au bout de seulement une cinquantaine de mètres d’effort, puis un brusque rétrécissement. Idem pour l’arrivée, où il faudra bien négocier un virage en épingle, avant de venir à bout d’une courte montée en devers jusqu’à la ligne. Entre les deux, des boucles qui n’offrent quasi aucune accalmie avec sans cesse des côtes, des descentes, et une multitude de virages tortueux. « Ce qui est assez étrange, c’est qu’il n’y a aucun moment de calme pour poser sa foulée, fait remarquer la recordwoman de France du 1500 m Agathe Guillemot, qui visera le top 15 pour sa première participation au rendez-vous continental en individuel. Ce seront vingt-cinq minutes tambour battant. Il faudra réussir à trouver de la sérénité dans ce vacarme. »
Autre caractéristique majeure du parcours : son étroitesse, qui rendra les dépassements difficiles. « C’est très challengeant, il faudra bien trouver ses appuis et sa place, et être concentré du début à la fin pour ne pas se faire éjecter dans les virages », souligne Fabien Palcau. Sous peine de vite rétrograder au sein d’un peloton qui devrait souvent évoluer en file indienne. « La moindre erreur pourra se payer trois fois plus cher que d’habitude, car du monde qui peut passer », prolonge le fondeur de l’Entente Savoie Athlé. Avantage pour les Bleus, le cross de sélection disputé à Allonnes, où peu d’athlètes pouvaient courir de front, leur a donné un avant-goût de ce type de configuration, même si la météo et le sol seront, ce dimanche, aux antipodes des trombes d’eau et de la boue sarthoise.
Sur ce tracé resserré aux allures de tourniquet, où les spectateurs peineront à trouver un emplacement favorable pour suivre leurs favoris, il faudra adopter la bonne stratégie. En partant fort pour être bien placé, et ainsi éviter des dépassements périlleux, quitte à griller de l’énergie ? Les coaches en devisaient déjà samedi matin, pendant que Marie Loheac Bouchard décrivait, avec un sourire plein d’envie, « un vrai parcours de cross, qui va être usant ». Une parole de Bretonne, patrie de la course dans les labours, synonyme de validation. En attendant la confirmation le jour J.