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Championnat de France des clubs : Le Stade Bordelais prend le pouvoir

17 Mai 2026 - Par Florian Gaudin-Winer

Mise à jour : 18 Mai 2026 (10h44)

Photos : © Baptiste Daniel / CaptureMySport

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Championnat de France des clubs : Le Stade Bordelais prend le pouvoir

Ils l’ont fait ! Les Girondins ont mis fin à trente ans d’hégémonie du CA Montreuil 93 et de l’Entente Franconville Cesame Val d’Oise, en devenant champions de France pour la première fois de leur histoire. En terre montreuilloise et sous des trombes d’eau à partir du milieu d’après-midi, ils l’ont emporté avec 69 685 points, devant le club hôte et l'EA Cergy Pontoise.

« A Bordeaux, on est un peu la banlieue de Paris. » La boutade est signée Caroline Pujol, présidente du Stade Bordelais Athlétisme. Mais après trente années de domination sans partage du CA Montreuil 93 et de l’Entente Franconville Cesame Val d’Oise, le trophée de champion de France des clubs quitte bien l’Ile-de-France pour l’Aquitaine. L’aboutissement d’une stratégie au long cours du club, mêlant travail de formation, esprit d’équipe et recrutements judicieux. Et d’une journée conjuguée au presque parfait puisque, malgré un zéro à la perche masculine en fin de parcours, il s’est imposé avec 69 685 points et une avance plutôt confortable sur le CA Montreuil 93 (68 064 pts), de retour sur le podium après sa quatrième place l’an dernier, et l’EA Cergy Pontoise, médaillée pour la quatrième année consécutive (66 831 pts).

Les Bordelais ont pris les commandes du classement général dès la troisième épreuve du jour, le 3000 m marche féminin, pour ne plus les lâcher. Grâce au doublé d’Ana Delahaie et Liv Masson, respectivement chronométrées en 12’34’’40 (record personnel) et 13’10’’08. L’Ukrainien Mykhaylo Kokhan avait d’entrée frappé fort avec un jet à 77,07 m au marteau, une performance de classe mondiale synonyme de 2e place derrière un épatant Yann Chaussinand, auteur d’un 4e essai mesuré à 79,91 m et de deux autres tentatives toutes proches des 79 m (78,98 m au 2e et 78,83 m au 3e) malgré le froid, l’heure matinal (début du concours à 9h30) et de la pluie en début de concours. Le Belge Eliott Crestan sur 800 m (1’46’’47, deux dixièmes devant Paul Anselmini de l’EFCVO) et Ryan Zézé sur 200 m (20’’90 face à un vent de 0.9) ont aussi fait le plein de points, alors que les perchistes Albane Dordain et Marie-Julie Bonnin ne sont pas passés loin du doublé à la perche, en franchissant toutes les deux quatre mètres (1e et 3e, la Hollandaise de l’EFCVO Marjin Kieft s’intercalant entre elles).

Des leaders combatifs

Loin d’être au top de leur forme, les internationaux Ryan Zézé et Marie-Julie Bonnin avaient tenu à faire le déplacement à Montreuil. Retardé de plusieurs semaines dans sa préparation par une tendinite chronique au tendon d’Achille et un début de pubalgie au dos, le sprinter avait déjà prévu de reprendre les soins une fois la compétition terminée. Quant à la recordwoman de France de la perche, « pas très réveillée », en collants et sur un élan de dix foulées, elle savourait le résultat collectif même si, à titre personnel, elle visait bien sûr beaucoup plus haut : « J’ai vu le club passer de la N1 à l’Elite, puis aller chercher un podium (et maintenant le titre, ndlr). C’est juste énorme ! Je suis contente de vivre ça avec eux. Ce n’est peut-être pas ma perf’ qui a fait la différence, mais au moins, j’ai été là. »

En dehors de la perche hommes, les Aquitains ont connu un dimanche de rêve. « Tout s’est bien enchaîné, il n’y a pas eu de grosse blessure de dernière minute, constatait Laurent Moreschi, le directeur sportif, quelques minutes avant la remise du trophée. Je pense que sans faire injure aux autres clubs, on était vraiment au-dessus du lot aujourd’hui. » La démonstration du jour vient récompenser un travail de longue haleine des dirigeants et de l’équipe technique du Stade Bordelais, au sommet de l’athlé français pour la première fois de son histoire. « On n’a pas grillé d’étapes, on a rajouté des piles au fur et à mesure pour, au final, arriver à la bonne pyramide », résumait Moreschi. « C'est beaucoup de bonheur, prolongeait Caroline Pujol. Quand on est arrivés en Elite 1 et qu’on a terminé quatrièmes d’entrée, on s'est mis à rêver du podium. Et en terminant second l’an dernier, on s'est dit qu’il fallait tenter de mettre les clubs parisiens derrière pour gagner. C'est une fierté pour tous les jeunes du club, pour tout le travail réalisé par les coaches. Et ce n’est pas un aboutissement, plutôt un commencement. On se dit maintenant que ça serait très bien de commencer une petite dynastie. »

Montreuil et Cergy au rendez-vous

Ils devront, pour cela, venir à bout de leur dauphin du jour, le CA Montreuil 93. Au pied de la boite l’an dernier, les Séquano-Dionysiens ont retrouvé le sourire et leurs bonnes habitudes à domicile. Portés notamment par un Nicolas-Marie Daru saignant, vainqueur du 3000 m steeple en 8’25’’03, ils ont décroché l’argent avec 68 064 pts. Ils ont, par ailleurs, pu compter sur le retour de Nawal Meniker, encore en phase de réglages pour ce qui était sa première compétition après une rupture du tendon d’Achille en février 2025. Malgré une appréhension logique, elle a franchi 1,65 m dans un concours dominé par la junior de l’Entente Savoie Athlé Charlotte Sorin avec 1,82 m, record personnel. La troisième place revient avec 66 831 unités à l’EA Cergy Pontoise, soit une quatrième médaille d’affilée (trois fois 3e, une fois 2e). Une belle marque de constance pour ce club sans grandes stars mais à la densité exemplaire, comme en témoignent ses victoires lors des deux 4x400 m (3’13’’03 pour les hommes et 3’43’’04 pour les femmes).

Des épreuves disputées dans une ambiance de feu malgré la pluie battante venue s’inviter en fin de compétition, après une première averse impressionnante à 15h30 ayant nécessité l’arrêt des épreuves pendant une bonne demi-heure. Ces relais, disputés devant une foule d’athlètes survoltés le long de la dernière ligne droite, ont fait office de juges de paix. Puisque, derrière Cergy, l’Entente Savoie Athlé et l’Entente Franconville Cesame Val d’Oise n’échouent qu’à 22 et 30 points du podium collectif. Ce n’est sans doute que partie remise pour les Savoyards de Flavien Szot (1er du 3000 m en 3’39’’99), qui, pour leur arrivée dans la catégorie reine, ont tenu tête aux mastodontes hexagonaux. Au vu de leur attirail de supporters, avec tambours maous, canons à poudre colorée et même mini feu d’artifice, ils sont visiblement déjà prêts à fêter des médailles. L’EFCVO aura, elle, une revanche à prendre l’an prochain. Les 19’08’’13 d’Aurélien Quinion sur 5000 m marche (devant Matteo Duc de l’ESA en 19’12’’50, record personnel) ou encore les 2’02’’33 en solitaire d’Anaïs Bourgoin sur 800 m n’auront pas suffi, leur zéro à la perche leur ayant coûté cher.

Le Clermont Auvergne Athlétisme de la spécialiste du 800 m Charlotte Dumas, autrice d’une jolie pige sur 400 m haies (2e en 58’’26 derrière la Hollandaise de l’EFCVO Anne Van de Wiel en 57’’77), sauvegarde son ticket en Elite 1. Pour son retour dans cette division, il se classe 6e avec 65 173 unités. Le Haute Bretagne Athlétisme de Clara Liberman (4’15’’97 sur 1500 m en étant en tête du départ à l’arrivée), 7e avec 64 645 points, et le Stade Sottevillais 76 de Romain Lecoeur (13’’62 avec -1.3 sur 110 m haies), 8e avec 61 307 points, descendent, eux, en Elite 2.