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Equipe de France / Compte-rendu

Championnats d’Europe de Birmingham : Daguinos ouvre le compteur des Bleus

10 Août 2026 - Par F. Gaudin-Winer - E. Nappey

Mise à jour : 11 Août 2026 (17h28)

Photos : © P. Millereau - S. Kempinaire / KMSP

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Championnats d’Europe de Birmingham : Daguinos ouvre le compteur des Bleus

Etienne Daguinos est allé chercher une superbe médaille de bronze sur 5000 m en 13’16’’09, juste devant Jimmy Gressier. Sa première récompense internationale sur piste, après pourtant des dernières semaines difficiles. La troisième place de finaliste de cette première soirée est venue du 4x400 m mixte, septième.

Le Temps Fort

Daguinos, le bronze surprise

Il s’est pris la tête dans les mains, presque aussi incrédule que nous, une fois la ligne d’arrivée passée. La date du 10 août avait depuis longtemps été cochée par l’équipe de France. Avec, au programme de la première soirée des championnats d’Europe, une finale du 5000 m explosive, lors de laquelle le médaillé de bronze mondial sur la distance à Tokyo, Jimmy Gressier, était très attendu. Ce n’est pas faire injure à Etienne Daguinos que d’écrire qu’il l’était un peu moins. Mais le demi-fondeur de l’US Talence à la foulée à montrer dans toutes les écoles d’athlé, lui, y croyait dur comme fer. En conférence de presse, il avait prévenu qu’il repartirait déçu des Midlands de l’Ouest s’il ne ramenait pas une médaille.

Dans une course partie sur une allure intermédiaire, ni très vite, ni particulièrement lentement (2’45’’ au 1000 m, 5’26’’ au 2000 m), l’athlète de 26 ans entraîné par Emmanuelle Roux et Yannick Dupouy a su attendre son heure. Pendant que Jimmy Gressier et le Norvégien Jakob Ingebrigtsen trainaient en queue de peloton, il s’est un peu plus tôt replacé aux avant-postes. Il n’a jamais laissé filer le groupe de tête, même quand son compatriote a durci l’allure à l’entame du dernier kilomètre. Et à vingt mètres de l’arrivée, c’est lui qui a surgi pour doubler sur le fil le champion du monde du 10 000 m et prendre la troisième place en 13'16''09, pendant que la légende Ingebrigtsen allait chercher sa septième médaille d’or aux championnats d’Europe en plein air en 13’15’’29, devant l’Allemand Florian Bremm (13’15’’60), pour sa première course depuis les Mondiaux de Tokyo en septembre 2025 et six mois après une opération du tendon d'Achille.

Une médaille pour lui et ses proches

« Pendant le premier kilomètre, je n’avais pas de si bonnes sensations que ça, retraçait devant la presse Etienne Daguinos, le visage rayonnant. A un moment donné, je me suis dit qu’il fallait y aller et s’accrocher. Plus je me replaçais, plus je me disais : ça tient, ça tient. Dans le dernier kilomètre, ce n’étaient plus les jambes mais la tête qui bossait. Et dans les vingt derniers mètres, je pense que mes jambes ne montaient plus. Je suis trop fier ! Franchement, je n’en reviens pas. Aujourd’hui, je peux dire que c’est un nouveau chapitre qui démarre, avec cette première médaille internationale sur la piste. »

Le vice-champion d’Europe du 10 km en 2025 était heureux pour lui mais aussi pour ses proches. Avec une pensée toute particulière pour quelqu’un cher à son cœur : « Quand j’étais petit, je faisais du tennis et j’avais dit à ma mamie que je l’emmènerais un jour à Roland Garros. Je lui ai ensuite expliqué que ça serait finalement les Jeux olympiques. Ça n’est pas encore le cas, mais ça ne saurait tarder. Et là, je vais lui ramener une médaille de bronze ! » Il avait aussi une pensée pour sa coach, d’un tempérament plutôt réservé, qui « avait les larmes aux yeux » dans les tribunes. Et plus largement pour ses amis, qui l’ont beaucoup soutenu au cours des dernières semaines, après qu’il eut rencontré des problèmes personnels. « Honnêtement, je viens de passer les quatre semaines les plus dures de ma vie mentalement, confiait-il. Ça a été un long chemin en enfer. Mon entourage a été en or avec moi jour et nuit. On ne savait pas dans quelle forme nerveuse j’arrivais. J’ai énormément travaillé mentalement pour transformer toute cette tristesse et cette rage en force. Et je pense que ça s’est vu dans les deux cents derniers mètres. »

Jimmy Gressier, pour l’instant toujours maudit aux championnats d’Europe sur piste, aura à cœur de rebondir dès samedi, à l’occasion de la finale du 10 000 m. « Je vais la ramener cette médaille, je me le promets à moi-même, soufflait le Nordiste, quatrième en 13'16''36. Je suis tombé, mais je me relève déjà et je passe à autre chose. Je sais qu'il y a de beaux jours qui arrivent. C'est ça, le bonheur de l’athlé. Il y a toujours un lendemain qui nous sourit. »

Le Chiffre

3/3

Les steepleuses françaises ont signé un carton plein ce lundi soir lors des séries de leur épreuve. En maitrise du début à la fin, hormis une petite frayeur pour Clara Entresangle, elles ont pris rendez-vous pour la finale mercredi. Première en piste, Flavie Renouard a montré la voie en filant le train des Allemandes Meyer et Krause, pour rallier la ligne sans encombre en 9’32’’77. « J’étais très lucide pendant la course, et ça s’est vraiment bien déroulé. C’était plutôt confortable d’être devant, en maitrise », se satisfaisait la Normande.

Dans la deuxième course, Alice Finot et Clara Entresangle n’ont jamais quitté les avant-postes, dans le sillage de l’Anglaise Thorner, qui a pris les affaires en main. La championne d’Europe sortante a fait fi de « sensations jamais agréables, de devoir surveiller chaque obstacle et chaque rivière », pour se placer dans le bon paquet, en 9‘32’’58. La plus jeune de la bande a commis une erreur sans conséquence sur l’avant-dernière rivière, abordée avec un peu trop d’élan, mais a géré ce contre-temps avec la maturité d’une trentenaire confirmée. « C’est la première fois que je tombe sur une rivière, il fallait bien que ça arrive un jour. Je suis contente de ne pas avoir perdu trop de temps et d’avoir pu finir la course avec un petit coup d’adrénaline », posait-elle, tout en sérénité, quelques minutes après son arrivée, en 9’32’’89.

Le Coup Dur

Loga et Guillaume loin du compte

Un premier jet dans la cage, puis deux lancers bien en-deçà de la ligne blanche des 65 mètres (63,77 m et 63,80 m) et encore plus de la ligne jaune indiquant les 71,50 m à atteindre pour passer directement en finale : Rose Loga est passée à côté de ses qualifications au marteau, en début de soirée. Un scénario bien différent de celui de Rome il y a deux ans, lorsqu’elle était montée sur la troisième marche du podium européen à la surprise quasi générale. A chaud, la lanceuse de 24 ans était « encore dans l’incompréhension. Bizarrement, je me sentais bien, tentait-elle d’analyser. Sur le terrain, l’énergie de la compétition est directement venue. Je donnais tout sur chaque jet, mais ça ne suivait pas. C’est aussi ça qui est frustrant. » Son coach, Baptiste Lacourt, pointait, lui, une certaine déconnexion avec le marteau. Peut-être un début d’explication.

Même frustration pour Ilionis Guillaume en qualifications du triple saut. Avec des raisons mieux identifiées, puisque la native d’Haïti en bronze elle aussi à Rome, entraînée seulement depuis quelques mois par Antony Yaïch à l’INSEP, est encore en phase de rodage sur le plan technique. En difficulté ce lundi soir au niveau de sa course d’élan, elle n’a pu faire mieux que 13,67 m, un résultat synonyme de dix-neuvième place et donc d’élimination. « C’est un flop énorme, regrettait-elle. Je ne cours pas du tout, je m’arrête sur la planche. C’est ce qui fait que je passe complètement à côté. »

Et Aussi

Les relayeurs auront une revanche à prendre

Le 4x400 m mixte ne tolère pas le moindre grain de sable dans la mécanique, et les Bleus en ont fait l’amer constat ce lundi soir à Birmingham. Avec une équipe inexpérimentée au niveau international (Samuel Vessat, Benedetta Kouakou, Benoît Moudio Priso, Isabelle Black), ils ont couru après le train pendant la quasi-totalité de l’épreuve et ont bouclé leur effort collectif en 3’15’’85, à distance respectable de la Norvège, sacrée en 3’09’’62 et portée par une Henriette Jaeger de gala. Perturbés par le forfait d’Amandine Brossier, touchée à l’échauffement, les Tricolores évoquaient des sentiments mêlant « déception, énervement et volonté de faire beaucoup mieux ce week-end », tout en reconnaissant qu’il leur en avait « manqué un petit peu à chacun ». Vessat et Black prendront part aux tours de pistes individuels, avant de retrouver leurs camarades pour les relais féminin et masculin en fin de semaine.