Equipe de France / Compte-rendu
15 Août 2026 - Par Florian Gaudin-Winer
Mise à jour : 16 Août 2026 (16h46)
Photos : © P. Millereau - S. Kempinaire / KMSP
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Hilary Kpatcha à la longueur et Agathe Guillemot sur 1500 m n’ont pas trainé sur la piste de l’Alexander Stadium, ce samedi en milieu de journée, en obtenant leur qualification en finale sans trembler. C’est aussi passé pour Yanis David sur le sautoir et Adèle Gay ainsi qu’Augustine Haquet sur l’anneau.
Un petit saut et puis s’en va. Hilary Kpatcha n’avait visiblement pas envie de s’attarder sur le sautoir de l’Alexander Stadium balayé par un vent rafraichissant (à peine 20 degrés au thermomètre ce samedi en milieu de journée). Deuxième athlète en lice dans le concours B, la sauteuse du Nice Côte d’Azur entraînée par Kafetien Gomis et Renaud Longuèvre décollait dès son premier essai à 6,88 m avec l’appui d’un vent favorable (+2,2), au-delà des 6,80 m demandés pour passer directement en finale. « Le plan a été respecté, appréciait-elle. Je voulais sauter avec de la maîtrise, comme je l’avais annoncé, et c’est exactement ce que j’ai réussi à faire. Il y a eu un déclic aux championnats de France Elite et ce concours confirme que je contrôle beaucoup mieux ce que je fais techniquement. »
Contrat rempli également pour Yanis David, qui a cependant beaucoup plus tremblé puisque, avec un premier bond à 6,61 m (+1,1), la Guadeloupéenne du CA Montreuil 93 a sauvegardé de justesse sa place dans le top 12, synonyme de qualification en finale. Une performance qui force le respect au vu du contexte, puisqu’elle souffre depuis quelques jours d’une petite lésion musculaire. « Ces dernières 48 heures, j’ai passé énormément de temps avec les kinés, confiait-elle. Juste avant la chambre d’appel, mon coach m’a dit que même à 80 %, j’étais capable de sortir de bons sauts, et je suis partie avec cet état d’esprit. »
La finale s’annonce de haute volée puisque, avec ses 6,88 m, Hilary Kpatcha n’a pris que la cinquième place des qualifications. Toutes les favorites sont passées et deux athlètes se sont envolées à sept mètres ou plus : la Portugaise Agate de Sousa (7,00 m, +1,7) et l’Allemande Malaika Mihambo, qui s’est fait très peur en ne devant son salut qu’à un troisième essai mesuré à 7,10 m (+3,3). « Le niveau est énorme, c’est un peu l’attaque des Titans », résumait Hilary Kpatcha avec envie.
Elles seront trois Françaises en finale du 1500 m ce dimanche, comme les spécialistes du 110 m haies, les perchistes femmes et les steepleuses, plus tôt dans la semaine. Agathe Guillemot, Adèle Gay et Augustine Haquet ont passé le cap des séries avec la manière. La médaillée de bronze de Rome a été particulièrement expéditive sur la piste comme devant les médias. Troisième de sa série en 4’08’’17 après avoir parfaitement contrôlé dans la dernière ligne droite, elle n’a ensuite lâché que quelques mots d’un débit accéléré : « Trois Françaises sur douze, job is done (le travail est fait, ndlr), pas de record sur la piste mais un record en zone mixte. »
Dans la même course, Augustine Haquet est allée chercher la sixième et dernière place qualificative en 4’08’’98. Un petit exploit de la part de la Versaillaise, qui fait ses débuts chez les Bleus à l’occasion de ces championnats d’Europe. Toujours dans la première partie du peloton, elle n’a pas hésité à faire l’extérieur pour déployer son ample foulée. « J’ai la chance d’être grande, donc j’arrive bien à me faire ma place, faisait-elle remarquer. Ça n’était pas optimal mais je préférais garder mon positionnement. Je me suis vraiment surprise au niveau des sensations dès le début. Quand ça a accéléré, je sentais que je pouvais bien répondre. »
Dans la première série, Adèle Gay a également beaucoup navigué au couloir 2, avant de serrer les dents dans la dernière ligne droite, aux sens propre comme figuré, pour cueillir la cinquième place en 4’10’’56. « Mine de rien, ça n’était pas une course facile, relevait la recordwoman de France U23. Ça se bousculait beaucoup, j’ai pris des coups de pointes et j’ai failli tomber. En finale, je veux juste kiffer. »
Si le vent favorable a aidé beaucoup de sauteuses en longueur à s’envoler, il a aussi perturbé les marques de plusieurs d’entre elles. Rogilia Bissemo en a malheureusement été une bonne illustration, avec une vingt-troisième place à 6,33 m (+2,4) loin de ses standards de 2026. La sociétaire de l’EFS Reims, souvent en délicatesse avec ses marques, a beaucoup peiné à trouver les bons réglages. « C’est un secteur sur lequel je dois encore progresser. Forcément, je suis compétitive et, même pour une première à ce niveau, j’avais l’ambition d’aller au moins en finale. Ce n’est donc pas le résultat que j’espérais, mais cette expérience va me servir pour la suite », se projetait-elle.