Equipe de France / Présentation
15 Août 2026 - Par Mathéo Gillet
Mise à jour : 16 Août 2026 (15h10)
Photos : © Stéphane Kempinaire / KMSP
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Dernière journée de compétition pour la délégation tricolore, avec de plusieurs occasions de finir en beauté, du marathon dès 9h10 à une soirée où Hilary Kpatcha à la longueur, Agathe Guillemot sur 1500 m et le 4x400 m féminin seront en piste.
Félix Bour (Athle 55)
Valentin Gondouin (Pays Saint-Lois Athletisme)
Hassan Chahdi (Al Voiron)
Emmanuel Roudolff-Levisse (Athle 92)
Une boucle de cinq kilomètres tracée au cœur de Birmingham et à emprunter huit fois, sous les encouragements d’un public attendu nombreux : voici l’alléchant programme qui attend les marathoniens. Le quatuor tricolore en lice a de l’expérience à revendre puisque, à l’exception du jeunot Valentin Gondouin (27 ans), les Bleus ont tous plus de 30 ans. Et un sacré passé athlétique, qui pourrait leur être bien utile lors d’une course où, en l’absence de lièvre, l’aspect tactique jouera un rôle primordial. Ils auront deux enjeux en tête : individuel avec la course aux médailles, mais aussi collectif avec la coupe d’Europe et un podium à aller chercher à plusieurs. Emmanuel Roudolff-Lévisse est attendu aux avant-postes, fort de ses 2h05’58’’ lors du marathon de Paris en avril. Il sera donc accompagné par Gondouin, ainsi que par Félix Bour et Hassan Chahdi. Face à eux, une équipe d’Allemagne très costaude sur le papier, avec le vice-champion du monde en titre (à trois centièmes de l’or) Armanal Petros, le champion d’Europe 2022 Richard Ringer et l’engagé le plus rapide de l’année, Samuel Fitwi (2h04’45’’). Le parcours, rythmé par les virages, relances et du dénivelé (500 m d+), pourrait d’ailleurs servir les Bleus. « C’est un terrain de cross sur deux heures d’effort et sur du bitume. Je prends ça comme une opportunité », souriait Roudolff-Lévisse. Un avis partagé par Bour, « naturellement crossman », tandis que Gondouin assure ne « rien [s’]interdire ».
Mathieu Collet (Entente Athletique Grenoble 38)
Baptiste Thiery (Jeunesse Sportive Franciscaine)
Qui derrière les deux géants ? Malin celui qui saura avoir le bon pronostic. Même si Armand Duplantis revient de blessure malgré ses 6,31 m cette saison, et que le Grec Emmanouil Karalis et ses 6,17 m est moins souverain cet été, les deux semblent tout de même évoluer dans une autre galaxie. Derrière, Baptiste Thiery peut se mêler à la bagarre. Crédité de 5,93 m cet été, l’Insépien a survécu à des qualifications mouvementées, avec une barre d’entrée à 5,45 m passée au troisième essai, avant de dompter 5,60 m. « Le podium est ouvert, donc il va falloir se bouger les fesses. » Le Norvégien Sondre Guttormsen, déjà monté à 6,06 m, sera notamment un gros client.
Pour Mathieu Collet, la soirée aura déjà une saveur particulière : première sélection A, et désormais première finale internationale seniors. Le Grenoblois, qui possède un record à 5,82 m, a arraché son billet à 5,60 m au troisième essai, quelques minutes après l’élimination de son frère Thibaut. « Je ne me fixe aucune limite. Je me sens très bien et je sais que je peux sauter haut. »
Alizée Minard (Amiens UC)
Jamais une Française n’est montée sur un podium européen au javelot. Alizée Minard a le bras pour changer l’histoire. Quatrième Tricolore à atteindre une finale continentale, l’Amiénoise a expédié son engin à 58,26 m dès son premier essai des qualifications, huitième performance des deux groupes. Son record de 61,69 m, établi à Albi cet été, peut lui permettre de regarder franchement vers le haut.
Le concours est dense sans être verrouillé. La Norvégienne Sigrid Borge (65,00 m cette saison), la Serbe Adriana Vilagoš (63,83 m) et la Croate Sara Kolak (62,61 m) possèdent les meilleures références du plateau, mais les jets en qualifications ont déjà montré que les cartes pouvaient vite être rebattues. Minard a prévenu : « Il y a de quoi aller chercher haut si je lance à mon niveau. »
Hilary Kpatcha (Nice Cote D'azur Athletisme)
Yanis David (Ca Montreuil 93)
« L’attaque des Titans » Hilary Kpatcha a trouvé elle-même la meilleure façon de présenter la finale. Les qualifications ont pris des allures de concours XXL, aidées par un vent souvent généreux : 7,10 m (+3,3) pour l’Allemande Malaika Mihambo, 7,00 m (+1,7) pour la Portugaise Agate de Sousa, 6,94 m (+2,2) pour l’Italienne Larissa Iapichino ou encore 6,90 m (+2,5) pour la Britannique Jazmin Sawyers. De son côté, la Niçoise (6,98 m cette année) n’a eu besoin que d’un saut, à 6,88 m (+2,2), pour rejoindre la fête en conservant un maximum de jus.
Et l’histoire fait bien les choses : dix ans après les Mondiaux U20 de Bydgoszcz, où Yanis David avait décroché l’or et Kpatcha le bronze, les deux Françaises se retrouvent dans une grande finale. David y est entré par la petite porte avec 6,61 m, ce qui en fait la dernière qualifiée. Le tout malgré une petite lésion musculaire qui l’a fait douter jusqu’à l’échauffement. « Je savais que j’allais avoir mal quoi qu’il arrive, donc je me suis dit :autant sauter. » Elle tentera tout de même de faire mieux que sa huitième place de Munich 2022.
Nicolas-Marie Daru (CA Montreuil 93)
Pierre Boudy (Free Run Athle 37)
Nicolas-Marie Daru n’a plus envie de se contenter des honneurs : cette fois, il aimerait monter sur la boîte. Sixième à Rome puis septième aux Mondiaux de Tokyo, le Montreuillois s’est installé parmi les meilleurs Européens sans encore toucher au podium. Deuxième de sa série en 8’34’’60, il possède un record à 8’10’’69 et sait que les Allemands Frederik Ruppert (7’57’’80) et Karl Bebendorf (8’05’’55) devraient mettre le feu aux poudres. « S’ils décident d’imprimer un gros rythme, on peut partir sur une course très rapide. Sinon, ça remettra énormément de monde dans le jeu. »
À ses côtés, Pierre Boudy disputera sans complexe sa première grande finale seniors. Quatrième de sa série en 8’35’’82, le jeune Français possède un record à 8’18’’65 et n’a « plus rien à perdre ». Baptiste Fourmont, qui s’était pourtant brillamment qualifié, a malheureusement dû renoncer en raison d’une lésion de l’aponévrose plantaire survenue lors du premier tour.
Adèle Gay (Amiens UC)
Agathe Guillemot (Cab Pont l’Abbé)
Augustine Haquet (Ua Versailles)
Agathe Guillemot veut montrer les crocs et gâcher la fête britannique. Bronzée à Rome en 2024 puis championne d’Europe en salle à Apeldoorn, la Bretonne n’a plus qu’une couleur en tête : l’or en plein air. Son record de France en 3’56’’24 la place juste derrière la Britannique Georgia Hunter Bell (3’55’’63 cette saison), annoncée comme la patronne devant son public. Guillemot, elle, n’a jamais caché ses ambitions : « J’ai envie d’être sur le toit de l’Europe avant d’être sur le toit du monde. » En séries, elle a réglé l’affaire sans traîner, troisième en 4’08’’17, avant de filer récupérer.
Et elle sera bien accompagnée. Adèle Gay, recordwoman de France U23 en 4’01’’21, a arraché sa qualification après une course heurtée et veut désormais « juste kiffer ». Augustine Haquet, pour ses grands débuts à ce niveau, s’est elle aussi invitée en finale en 4’08’’98 et se prend déjà à rêver d’un top 8.
Equipe de France
Une dernière cartouche, à quatre. Pour l’ultime rendez-vous tricolore de ces championnats, les relayeuses veulent transformer leur qualification maîtrisée en coup d’éclat. Isabelle Black, Orianne Chéry, Marina Lasserre et Louise Maraval ont pris la troisième place de leur série en 3’26’’44, derrière la Grande-Bretagne (3’22’’25) et l’Espagne (3’26’’41). Avec un jour entier pour récupérer et la possibilité de remodeler le quatuor, les Bleues reviendront avec un mot d’ordre déjà annoncé : « la dalle ». Elles ne partiront néanmoins pas favorites face aux Britanniques, aux Néerlandaises ou aux Espagnoles.