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Championnats d'Europe de Birmingham : Le programme de jeudi

12 Août 2026 - Par Mathéo Gillet

Mise à jour : 13 Août 2026 (15h50)

Photos : © Philippe Millereau / KMSP

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Championnats d'Europe de Birmingham : Le programme de jeudi

Trois perchistes, trois steepleuses, et plusieurs belles cartes à abattre jeudi soir à l’Alexander Stadium. Alice Finot remettra sa couronne en jeu, Marie-Julie Bonnin mènera un trio inédit à la perche, tandis que Lolassonn Djouhan, Corentin Le Clézio et Gémima Joseph rêveront eux aussi de podium. Plus tôt, les demi-finales du 800 m féminin et la deuxième journée du décathlon donneront déjà le ton.

11h33 - Décathlon hommes

Antoine Ferranti (Athletic Club Des Pays D’Agde) : 110 m haies (série 1) - 11h33, Disque (groupe B) - 13h30, Perche (groupe B) - 14h45, Javelot - 19h35, 1500 m - 22h10
Makenson Gletty (Nice Côte D’azur Athlétisme) : 110 m haies (série 3) - 11h49, Disque (groupe B) - 13h30, Perche (groupe B) - 14h45, Javelot - 19h35, 1500 m - 22h10

Les cinq premiers travaux sont accomplis, et Makenson Gletty peut regarder le podium droit dans les yeux. Quatrième avec 4323 points, le Niçois n’est qu’à 59 unités du Norvégien Sander Skotheim, troisième, et à 160 du leader allemand Leo Neugebauer (4483 pts). Solide mercredi, avec notamment 10’’80 sur 100 m, 15,65 m au poids, 2,02 m en hauteur et 48’’13 sur 400 m, « Mak » attaque désormais une deuxième journée qui peut faire de sacrés dégâts : 110 m haies, disque, perche, javelot et 1500 m.

Pour Antoine Ferranti, la chasse est différente mais loin d’être terminée. Quinzième avec 4110 points, il ne compte que 84 unités de retard sur la huitième place, synonyme de finaliste. Son 2,05 m en hauteur et son 48’’22 sur 400 m ont entretenu l’espoir mercredi soir.

11h55 - Hauteur femmes (qualifications)

Solène Gicquel (Stade Rennais Athletisme) - groupe A

À force, Solène Gicquel connaît plutôt bien le mode d’emploi des qualifications européennes. À Munich en 2022 puis à Rome deux ans plus tard, la Bretonne avait réussi à se glisser en finale. Pour sa troisième participation consécutive, la première barre symbolique se trouve à 1,91 m : celles qui la franchiront seront qualifiées directement pour la grande explication, le top 12 passant le cut, quoi qu’il arrive.

Cela tombe bien, la fille de l’actuel recordman de France en salle (2,35 m), Jean-Charles Gicquel, vient d’égaler son record avec 1,92 m lors des championnats de France à Albi. Dans son groupe, une certaine Ukrainienne Yaroslava Mahuchikh, recordwoman du monde (2,10 m), montée à 2,03 m cette saison.

12h30 - 3000 m steeple hommes (séries)

Nicolas-Marie Daru (CA Montreuil 93) - série 1 - 12h30
Pierre Boudy (Free Run Athle 37) - série 1 - 12h30
Alexis Miellet (Dijon Uc) - série 2 - 12h43
Baptiste Fourmont (Decines Meyzieu Athletisme) - série 2 - 12h43

On a retrouvé Alexis Miellet et sa fameuse « giclette » à Albi. Le champion d’Europe en titre a décroché la victoire au niveau national après une préparation perturbée par plusieurs pépins physiques. Même loin des meilleurs au bilan, le jeune papa reste un sacré client dès qu’un championnat se joue au placement et au finish. Il sera dans la deuxième série, entouré de Baptiste Fourmont, crédité de 8’13’’80 cette saison, avec notamment l’Allemand Karl Bebendorf (8’05’’55) et l’Espagnol Daniel Arce (8’11’’42) sur leur route.

Dans la première, Nicolas-Marie Daru possède la meilleure référence chronométrique du quatuor avec son record à 8’10’’69, tandis que Pierre Boudy, 22 ans et deuxième des France Elite, découvre l’équipe de France A avec ses 8’18’’65. Le nouveau recordman d’Europe, l’Allemand Frederik Ruppert (7’57’’80), donnera du relief à la course. Pas de calcul nécessaire : les huit premiers de chacune des deux séries fileront directement en finale.

13h10 - 800 m femmes (demi-finales)

Rénelle Lamote (Montpellier Athletic Mediterranée Métropole) - demi-finale 1 - 13h10
Anais Bourgoin (Entente Franconville Val d’Oise) - demi-finale 1 - 13h10
Clara Liberman (Haute Bretagne Athlétisme) - demi-finale 2 - 13h19

Cette fois, on entre dans le dur : les trois premières de chaque demi-finale passent directement, plus les deux meilleurs chronos. Les copines Anaïs Bourgoin et Rénelle Lamote se retrouveront dans la même course, avec la Suissesse Audrey Werro (1’53’’80), la Britannique Jemma Reekie (1’58’’41 cette saison) ou encore la Lituanienne Gabija Galvydyte (1’58’’28). L’élève d’Adrien Taouji, recordwoman de France en 1’55’’65, sait déjà ce qui l’attend : « C’est là qu’on verra qui est capable d’aller chercher dans ses derniers retranchements. » La protégée de Bruno Gajer, elle, a annoncé la couleur après avoir frôlé la sortie en séries : « Il va falloir que je me bouge les fesses. »

Et neuf minutes plus tard, Clara Liberman aura une concurrence à donner quelques maux de tête : la championne olympique britannique Keely Hodgkinson (1’54’’33), la Néerlandaise Femke Bol (1’55’’60) et l’Italienne Eloisa Coiro (1’57’’56). Mais la Bretonne vient justement de porter son record à 1’58’’23, avec la sensation d’en avoir encore sous le pied. « Je sais qu’il y a moins de 1’58’’ à aller chercher. » Il faudra sortir le grand jeu.

13h45 - 400 m femmes (demi-finales)

Isabelle Black (Montpellier Athletic Mediterranee Metropole) - demi-finale 1 - 13h45

Il y aura un petit parfum de retour aux sources pour Isabelle Black, née à Guildford, s’entraînant en Angleterre, et fille de légende britannique Roger Black et de l’internationale tricolore Elsa Devassoigne. Mais pas vraiment le temps de penser à tout ça : pour sa première aventure individuelle chez les Bleues, la championne de France se retrouve déjà à une course d’une finale européenne.

Au couloir 7, elle sera bien au chaud entre deux références : la Néerlandaise Lieke Klaver (49’’58) à son intérieur et la Britannique Yemi Mary John (49’’85) à l’extérieur. L’Espagnole Blanca Hervás (50’’46) complète une demi-finale dense, où seules les deux premières passeront directement, plus les deux meilleurs chronos.

Mais avec son 50’’47 d’Albi, qui en fait la troisième meilleure performeuse française de l’histoire, la chouchoute de Marie-José Pérec a changé de dimension cet été. « L’objectif est de passer en finale en individuel. Je suis en forme, donc je pense que je suis capable d’enchaîner les courses », annonçait-elle lors des points presse.

14h48 - Javelot hommes (qualifications)

Félise Vahai Sosaia (Club Athletique Jules Garnier) - groupe B - 15h10

Onze centimètres. Voilà la marge entre le record de Felise Vahai Sosaia, 82,11 m, et les 82 m demandés pour expédier directement son javelot en finale. Le Néo-Calédonien revient sous le maillot bleu trois ans après sa dernière sélection, et avec un bras droit qui n’a jamais lancé aussi loin. Ses 82,11 m réalisés à Montgeron en juin lui ont permis d’améliorer son record personnel de sept centimètres, avant qu’il confirme à Albi avec 81,27 m et un deuxième titre de champion de France consécutif. C’est surtout pour lui l’occasion de changer l’histoire de ses précédents grands championnats : 74,70 m aux Europe de Munich puis 74,80 m aux Mondiaux de Budapest, deux parcours stoppés dès les qualifications. Dans son groupe B, le Tchèque Jakub Vadlejch (85,24 m cette saison) possède la meilleure performance d’engagement.

20h50 - Perche femmes (finale)

Marie-Julie Bonnin (Stade Bordelais Athlétisme)
Bérénice Petit (Ec Orleans Cercle Jules Ferry)
Margot Chevrier (Stade Bordelais Athlétisme)

À 20h50, un quart du concours portera le maillot bleu. Jamais la France n’avait placé trois perchistes dans une finale européenne. Et Marie-Julie Bonnin, Margot Chevrier et Bérénice Petit ne sont clairement pas venues outre-Manche pour regarder les autres sauter. Sur le papier, Bonnin possède les arguments les plus solides. Et pour cause, la recordwoman de France (4,76 m) et championne du monde en salle en 2025 a retrouvé de la hauteur pile au bon moment : 4,60 m pour gagner les France, puis 4,72 m à Jockgrim (Allemagne) quelques jours avant Birmingham. Mardi, elle a fait au plus simple : 4,40 m, 4,50 m, deux sauts et au revoir. Parfait pour ménager un quadriceps encore surveillé. « C’est la première fois que je réalise des qualifications aussi propres. J’ai limité le nombre de sauts, donc je vais pouvoir récupérer. » Et comme la Slovène Tina Šutej (4,80 m cet hiver) est passée à la trappe en qualifs, le tableau s’est un peu éclairci. Restent tout de même la Finlandaise Wilma Heltelä (4,81 m) et la Suissesse Angelica Moser (4,80 m).

Derrière, les deux autres Bleues ont, elles aussi, de quoi se mêler à la fête. Bérénice Petit, montée à 4,60 m cette année, découvre les grands championnats seniors avec une décontraction qui lui va plutôt bien : « La première étape est franchie, maintenant, il faut aller chercher la suite. » Quant à Margot Chevrier, difficile de ne pas regarder un peu derrière soi avant de la voir s’élancer. Deux ans et demi après sa terrible blessure à Glasgow (Ecosse) la voilà de nouveau en Grande-Bretagne, cette fois en finale. Mardi, elle a même tenu à franchir 4,50 m alors que sa barre effacée à 4,40 m aurait suffi. Elle aimerait désormais dépasser les 4,55 m qui avaient précédé sa chute écossaise et, comme elle le dit elle-même, « boucler la boucle ».

21h29 - 3000 m steeple femmes (finale)

Flavie Renouard (Caen Athletic Club)
Alice Finot (CA Montreuil 93)
Clara Entresangle (As Cavaillon)

Alice Finot remet sa couronne européenne en jeu, deux ans après Rome. Entre-temps, il a fallu revenir de loin. Après les abysses de 2025 et plusieurs mois à chercher les bonnes sensations, la championne d’Europe dit avoir enfin retrouvé toutes ses armes. Et elle ne débarque pas seule dans la bataille : Flavie Renouard et Clara Entresangle seront à ses côtés.

Il faudra quand même composer avec trois filles qui ont pris un peu d’avance au chrono cette saison : la Britannique Elise Thorner (9’05’’45), qui aura tout l’Alexander Stadium derrière elle, et les Allemandes Gesa Krause (9’07’’50) et Lea Meyer (9’09’’13). Si ça part très fort, les Françaises devront serrer les dents. En revanche, si tout ce beau monde commence à se regarder, alors la course peut vite changer de visage. Et ça, Finot l’a prévu : « J’ai travaillé deux scénarios, sur une allure rapide ou sur un gros finish. » Avec son record à 8’58’’67, elle sait toujours très bien comment se débrouiller quand les cartes sont rebattues.

Et puis ses deux lieutenantes ne sont pas là pour meubler. Clara Entresangle, meilleure Française de l’été en 9’17’’88, a déjà prouvé en séries qu’une petite baignade dans la rivière ne suffisait pas à la sortir de sa course. À 21 ans, elle s’apprête à découvrir sa première finale européenne seniors avec pas mal d’aplomb. Flavie Renouard, elle, a retrouvé les crocs après son forfait aux France et assume désormais clairement ses envies : « J’ai l’objectif d’une médaille. Je vais essayer de suivre les filles de devant le plus longtemps possible. »

21h45 - Disque hommes (finale)

Lolassonn Djouhan (Martigues Sport Athle)

Le cri poussé par Lolassonn Djouhan après son troisième jet mardi ressemblait presque à celui d’un médaillé. Il venait pourtant « seulement » de gagner sa place en finale. Mais vu le chemin emprunté pour y arriver, on lui pardonnera volontiers d’avoir un peu rugi.

Son concours avait tourné au petit scénario catastrophe. Un premier lancer d’abord signalé invalide par le jury, un deuxième mordu, et soudain une seule tentative pour sauver ses championnats. Le recordman de France n’a pas tremblé : 63,10 m au troisième essai, septième performance des qualifications et un énorme poids retiré des épaules. « Je me suis retrouvé au pied du mur. J’ai essayé de sortir mon épingle du jeu. Maintenant, il faudra lancer fort en étant plus relâché pour aller chercher ces 67-68 m que j’ai été capable de faire toute la saison. »

C’est bien dans ces eaux-là qu’il faudra naviguer jeudi soir. Avec ses 67,52 m cette saison et son record de France à 70,25 m, le colosse tricolore possède de quoi sérieusement bousculer la hiérarchie. Devant, les monstres sacrés sont bien là : le Lituanien Mykolas Alekna (72,65 m cette année), le Slovène Kristjan Ceh (72,61 m) et le Suédois Daniel Ståhl (69,85 m) donnent au plateau des allures de finale mondiale. Pour le Martégal de 35 ans, il y aura aussi un spectateur un peu particulier dans les tribunes : son fils pourra le voir lancer pour la première fois.

22h28 - 800 m hommes (Finale)

Corentin Le Clézio (EA Cercy Pontoise Athlétisme)

Corentin Le Clézio est peut-être celui qu’on attendait le moins. Pourtant, c’est bien lui qui défendra les couleurs françaises en finale du 800 m. A force d’avoir bâti sa réputation sur des dernières lignes droites venues d’un autre monde, le Val d’Oisien a simplement changé un détail mercredi : partir d’une peu moins loin. Et soudain, tout s’est ouvert. « Comme quoi, quand on règle un petit détail, ça marche ! Le 800 m est une discipline où tout se joue à rien, et aujourd’hui, ça m’a souri », lâchait-il après sa course hier matin. Troisième de sa demi-finale en 1’43”80, il a pulvérisé son record et cassé pour la première fois cette barrière des 1’44 qui lui résistait tant. A 26 ans, le voici pour la première fois en finale internationale autour des gros bras européens. Les Britanniques Max Burgin (1’42”98 cette saison) et Ben Pattisson (1’43”34), l’Irlandais Mark English (1’42”97) ou encore son compagnon d’entrainement l’Espagnol Mohammed Attaoui (1’43”82).

22h50 - 200 m femmes (finale)

Gémima Joseph (Amazonie Athletic Academy)

Objectif coché pour Gémima Joseph. La Guyanaise disputera sa première finale européenne individuelle chez les seniors, après avoir pris la deuxième place de sa demi-finale en 22’’68, derrière la Britannique Dina Asher-Smith (22’’49), la Guyanaise disputera sa première finale européenne individuelle chez les seniors. Bien sortie de son virage, elle a gardé de la vitesse jusqu’au bout sans avoir besoin de vider complètement le réservoir. « L’objectif était de passer en finale. Maintenant, tout sera possible, les compteurs seront remis à zéro. Je vais tout donner ! »

Au couloir 4, la Française, dont le record est de 22’’57, devra bousculer une solide concurrence : les Britanniques Amy Hunt (22’’30 cette saison), Dina Asher-Smith (22’’28) et Success Eduan (22’’43), l’Irlandaise Rhasidat Adeleke (22’’43) ou encore l’Espagnole Jaël Bestué (22’’57).

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