Equipe de France / Présentation
10 Août 2026 - Par Mathéo Gillet
Mise à jour : 12 Août 2026 (01h28)
Photos : © Stéphane Kempinaire / KMSP
Partager
Quatorze Français seront en lice ce mardi à l’Alexander Stadium, pour une deuxième journée déjà riche en enjeux. De l’entrée en scène des trois Bleues du 800 m aux demi-finales très attendues du 400 m masculin, en passant par Yann Chaussinand en finale du marteau, ne ratez rien du programme tricolore à Birmingham.
Lolassonn Djouhan (Martigues Sport Athle) - groupe A
Un colosse au pied d'argile. La saison de Lolassonn Djouhan avait démarré tambour battant, avec 67,52 m dès le printemps, avant qu’une succession de pépins physiques ne viennent sérieusement gripper la machine. Douleurs aux deux genoux, puis à la hanche : le recordman de France (70,25 m) a longtemps cherché l’origine du problème, finalement identifiée comme une double hernie discale. Une infiltration effectuée au lendemain des championnats de France à Albi lui a permis de retrouver des marques plus habituelles à l’entraînement. « Le temps perdu n’est pas rattrapable, mais j’ai fait quelques belles séances ces derniers jours. Ça me donne l’espoir d’être capable d’aller loin ici », expliquait le Martégal devant la presse. Il devra atteindre 66,00 m ou terminer parmi les douze meilleurs des deux groupes pour rallier la finale.
Louise Maraval (Entente Sevre) - demi-finale 1 - 10h45
Pas le temps de tremper un orteil : Louise Maraval plongera directement dans le grand bain. Exemptée des séries, la vice-championne d’Europe entrera dans le vif du sujet au couloir 7, avec seulement deux places directement qualificatives pour la finale, auxquelles s’ajouteront deux billets au chrono. À ses côtés, la Britannique Emily Newnham, descendue à 53’’92 cette saison, l’Italienne Ayomide Folorunso (54’’41) et l’Espagnole Sara Gallego (54’’36) lui offriront immédiatement un sérieux test. Finaliste olympique à Paris, où elle avait porté son record à 53’’71, et créditée de 54’’05 cet été, la Vendéenne ne cache pas son objectif : « Remonter sur le podium, même si le niveau s’est vraiment densifié par rapport à 2024. Je n’ai rien à perdre. » Avec un détail qui compte déjà : « Les demi-finales seront hyper importantes car elles vont déterminer les couloirs attribués en finale. »
Rénelle Lamote (Montpellier Athletic Mediterranée Métropole) - série 1 - 13h05
Clara Liberman (Haute Bretagne Athlétisme) - série 3 - 13h21
Anaïs Bourgoin (Entente Franconville Val D’Oise) - série 4 - 13h29
Trois Françaises, et autant de raisons d’éviter les calculs mathématiques toujours un peu pénibles : une place dans les trois premières garantit directement l’accès aux demi-finales, les quatre derniers billets étant distribués au chrono. Rénelle Lamote ouvrira le bal au couloir 8, avec l’Italienne Eloisa Coiro (1’58’’42) juste à son intérieur. Le grondement de l’Alexander Stadium devrait surtout monter d’un cran lorsque la caméra s’attardera sur la Britannique Keely Hodgkinson, championne olympique et créditée de 1’54’’33 cet été. Clara Liberman héritera , elle, d’une troisième série particulièrement relevée. La Bretonne, descendue à 1’58’’34 cette saison, retrouvera la Suissesse Audrey Werro, meilleure performeuse européenne de l’année en 1’53’’80.
Anaïs Bourgoin fermera la marche dans une course où elle avancera avec la meilleure référence. La recordwoman de France (1’55’’65) retrouvera surtout la compétition après l’alerte à l’ischio gauche qui l’avait poussée à renoncer aux France Elite d’Albi. « C’est complètement derrière moi. Je n’ai rien senti en stage en Italie, j’ai pu faire de la vitesse sans problème. » Médaillée de bronze à Rome il y a deux ans, elle ne cherche pas à masquer ses ambitions : « J’ai du mal à imaginer faire moins bien. Mais on est dans une discipline de malade.»
Margot Chevrier (Stade Bordelais Athlétisme) - groupe A
Marie-Julie Bonnin (Stade Bordelais Athlétisme) - groupe B
Bérénice Petit (Ec Orleans Cercle Jules Ferry) - groupe B
Pour Margot Chevrier, l’entrée dans l’Alexander Stadium aura forcément une saveur particulière. Deux ans et demi après sa terrible blessure à la cheville aux Mondiaux en salle de Glasgow, la Bordelaise retrouve enfin l’odeur d’une sélection internationale, sa dixième. « D’un côté, j’ai l’impression de ne jamais être partie de l’équipe de France. De l’autre, je ressens toute l’excitation des premières sélections. » Revenue à 4,55 m cette saison, pour un record à 4,71 m, elle retrouvera dans le groupe A la Suissesse Angelica Moser et la Slovène Tina Šutej, toutes deux créditées de 4,80 m.
Dans l’autre groupe, Marie-Julie Bonnin arrive lancée. Après plusieurs mois à apprivoiser les changements techniques liés à son nouveau tandem avec Damien Inocencio, la championne du monde en salle, montée à 4,76 m cet hiver, s’est rassurée avec 4,72 m il y a une semaine à Jockgrim. « Le travail qu’on a fait a mûri. J’arrive maintenant à déclencher de plus loin. Après mes deux dernières compétitions, j’ai de plus grosses ambitions. » À ses côtés, Bérénice Petit vivra l’expérience inverse de Chevrier : à 27 ans, la championne de France en salle découvrira son premier grand championnat seniors, avec un record porté à 4,60 m cette saison. La qualification directe est fixée à 4,55 m, une hauteur déjà franchie par les trois Bleues.
Yann Chaussinand (Clermont Auvergne Athlétisme)
Et si Yann Chaussinand décrochait enfin sa première médaille internationale ? Le lanceur français sera en tout cas bien présent, en finale, sur la grande scène britannique pour jouer son meilleur numéro. En qualifications, alors qu’un vent frais balayait l’Alexander Stadium, il s’est donné un petit coup de chaud : 74,61 m, un essai mordu, puis 77,45 m à sa troisième et dernière tentative pour assurer sa place. « Je n’en ai peut-être pas fait assez au début parce que je ne voulais pas dépenser trop d’énergie. Ensuite, j’ai poussé un peu plus et ça a fonctionné », racontait-il à sa sortie de l’aire. Son jet constituait malgré tout la troisième marque des qualifications, derrière le Tchèque Volodymyr Myslyvcuk (79,61 m) et le Hongrois Bence Halász (79,58 m), juste devant l’Ukrainien Mykhaylo Kokhan (77,40 m) et le Polonais Pawel Fajdek (77,35 m). Demain soir, finis les calculs : il faudra lâcher pleinement ce marteau qu’il chérit tant. La chaleur annoncée ne devrait pas lui déplaire, lui qui a signé ses 82,44 m, record de France, sous le soleil de Los Angeles. Cinquième des Europe à Rome puis huitième des Jeux de Paris, le Clermontois n’a encore jamais goûté à une médaille dans un grand championnat seniors. « Le cercle me convient bien et je m’attends à de gros jets. Je pense qu’il faudra 82 m pour gagner et plus de 80 m pour monter sur le podium. »
Laeticia Bapté (US Robert) - demi-finale 1 - 20h55
Sacha Alessandrini (Nice Côte d’Azur Athlétisme) - demi-finale 2 - 21h02
Le titre du 100 m haies est français depuis Rome, et il y a encore une chance qu’il le reste. En l’absence de Cyréna Samba-Mayela, Laeticia Bapté et Sacha Alessandrini tenteront de reprendre le flambeau, avec une règle simple : les deux premières de chaque demi-finale passent directement, plus les deux meilleurs chronos. Bapté ouvrira les hostilités au couloir 6, avec la Polonaise Pia Skrzyszowska (12’’44 cette saison) dans son champ de vision. Revenue à son meilleur niveau avec un record à 12’’60, la Martiniquaise veut surtout retrouver la liberté qui lui avait manqué à Albi. « Je vais lâcher les chevaux et on verra après. Je cours mieux quand je suis là pour m’amuser. »
Sept minutes plus tard, Alessandrini entrera à son tour en piste. La Niçoise, descendue à 12’’53 cette année, sera au couloir 4 d’une demi-finale ouverte, à la portée de celle qui a enfin transformé les promesses entrevues chez les jeunes en chronos de très haut niveau. La Hongroise Luca Kozák (12’’59) et l’Allemande Franziska Schuster (12’’69) feront partie de ses principales rivales. « Le podium est forcément un objectif. Il faudra aller à fond dès les demies. » Et il ne faudra pas traîner pour redescendre en température : la finale est programmée à 22h30, à peine une heure et demie plus tard.
Yann Spillmann (Entente Franconville Val D’Oise) - demi-finale - demi-finale 1 - 21h00
Samuel Vessat (Saint Denis Emotion) - demi-finale 2 -21h08
Muhammad Abdallah Kounta (Val d’Europe Montévrain Athlétisme) - demi-finale 3 - 21h16
Nous y voici. Couvert d’éloges depuis l’incroyable finale des championnats de France à Albi, le 400 m tricolore va passer son premier véritable test grandeur nature. Pour la première fois, trois Bleus possédant un record sous les 45 secondes se présenteront en demi-finales d’un même grand championnat. Et cette fois, le couperet sera immédiat : les deux premiers de chaque course décrocheront leur billet, accompagnés seulement des deux meilleurs chronos sur l’ensemble des demies. Seul Français en lice en séries - le top 12 au ranking étant exempté de premier tour - Yann Spillmann retrouvera cette fois le favori britannique Matthew Hudson-Smith (44’’09 cette saison), le Néerlandais Jonas Phijffers (44’’72) et le Belge Daniel Segers (44’’81).
Puis viendra l’une des grandes curiosités de la soirée. Trois semaines après avoir abasourdi Albi en 44’’24, Samuel Vessat portera pour la première fois en individuel le maillot bleu. Le recordman de France aura notamment l’Allemand Jean Paul Bredau (44”72), l’Italien Edoardo Scotti et le Hongrois Patrik Simon Enyingi à ses côtés. « Franchement, je me sens juste honoré de pouvoir porter le maillot de l’équipe de France sur 400 m. C’est incroyable ! Il y aura forcément beaucoup d’émotions, c’est quand même un accomplissement », confiait-il avant son départ pour Birmingham. L’ancien basketteur ne compte pourtant pas venir uniquement profiter du décor : « J’aime pouvoir affronter les meilleurs, c’est ce qui m’anime. »
Muhammad Abdallah Kounta fermera le bal dans une troisième demi-finale qui ne fera aucun cadeau, avec Charles Dobson (44’’69), Attila Molnár (44’’47) et Jonathan Sacoor (45’’03). Tourner autour du pot n’est pas une expression qu’on collerait à celui qui a couru en 44”45. « Je vise le podium. Moi, j’aime bien la pression, ça ne me dérange pas du tout. »
Une newsletter quotidienne vous permettra de recevoir par mail, chaque matin, les dernières nouvelles des Bleus. Pour vous y inscrire, cliquez ici
Inscription Newsletter Equipe de France